Les militants anti-TTIP récoltent trois millions de signatures

Il faut se battre, ne surtout jamais accepter, en parler autour de soi même si beaucoup ne comprennent pas grand chose à cette histoire, et espérer que cette pétition ne rejoigne pas les autres, c’est à dire au fond d’une corbeille! Le souci, c’est que la commission européenne a jugé que cela ne relevait pas de « son champs de compétence »…

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Les opposants à l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les Etats-Unis ont rassemblé plus de trois millions de signatures pour demander l’arrêt pur et simple des négociations à la Commission européenne, qui leur a adressé mercredi une fin de non-recevoir.

Le collectif « Stop TTIP« , du nom de l’accord en cours de négociations, a remis mercredi à Bruxelles une initiative citoyenne européenne, afin de faire pression sur les responsables européens.

« Ce ne sont pas moins de 3 millions d’Européennes et Européens qui exigent l’arrêt immédiat des négociations du Tafta (autre nom de l’accord avec les Etats-Unis, ndlr) et l’ajournement de la signature du Ceta (le traité UE-Canada)« , a indiqué Johan Tyszler, l’un des animateurs du Collectif « Stop Tafta » en France.

Depuis 2012, tout citoyen peut participer à l’élaboration des politiques européennes en invitant la Commission européenne à présenter une proposition législative. Pour cela, elle doit rassembler au minimum un million de signatures provenant d’au moins sept des 28 Etats membres.

L’initiative du collectif a rassemblé 3,2 millions de signatures mais la Commission européenne a jugé que ça ne relevait pas de son « champ de compétences« .

Article en intégralité sur Rtbf.be

Et indispensable pour compléter ce sujet, l’interview de Susan George, Présidente d’honneur d’Attac et membre du collectif Stop-TTIP:

Trois millions de signatures ont été récoltées par une pétition réclamant l’arrêt des négociations du Traité Transatlantique, qui sera remise demain à Bruxelles. Susan George, Présidente d’honneur d’Attac et membre du collectif Stop-TTIP répond à RT

De plus les compagnies veulent imposer l’harmonisation des normes entre les deux blocs, et je crois que le scandale Volkswagen montre bien que ce n’est pas du tout une bonne idée. C’est la même problématique en ce qui concerne les produits sanitaires, pharmaceutiques ou chimiques etc. Dans l’ensemble, nous avons en Europe des normes plus strictes qu’aux États-Unis. A titre d’exemple, l’Union Européenne a rejeté 1 200 produits chimiques alors que dans le même laps de temps, les Etats-Unis n’en n’ont interdit que 5. Nos philosophies de régulations sont très différentes, les américains n’appliquent jamais le principe de précaution.

Troisièmement, il y a le problème du tribunal d’arbitrage, indépendant des gouvernements et qui pourra sanctionner les Etats qui adopteront des législations qui pourraient entraver les profits des profits des industriels comme l’interdiction des OGM ou encore de l’exploitation du gaz de schiste. Ceci est une attaque directe contre la démocratie.

Lire aussi : Le TTIP, accord controversé et secret, devient encore plus secret

RT France : En 2014 votre collectif avait déjà essayé de faire passer une Initiative Citoyenne Européenne pour dénoncer ce traité, comment a-t-elle été reçue ?

Susan George : Nous avions effectivement fait une demande en bonne et due forme rédigée par des avocats allemands qui nous avaient assuré qu’il n’y avait aucun problème juridique. Mais la Commission Européenne nous en a refusé l’enregistrement pour des motifs relativement abscons. Nous avons donc décidé de nous auto-organiser et de faire cette pétition nous-même, tout en suivant les critères légaux de l’Initiative Citoyenne. C’est à dire réunir en un an, ce qui se termine ce soir à minuit, 1 million de signatures provenant d’au moins 7 pays de l’Union Européenne qui ont atteint leur quota officiel.

Ces deux derniers jours, le Portugal nous a rejoint, et nous avons dépassé les trois millions de signataires pour la pétition, dont 500 organisations, que nous remettrons demain matin. Les seuls pays qui n’ont pas atteint leurs quotas sont les trois pays Baltes, ainsi que Malte et Chypre. Mais tous les autres, t compris la Pologne, la Bulgarie et la Hongrie ont réunis suffisamment de signature. C’est la première fois que l’on voit une telle unité entre l’Est et l’Ouest. C’est vraiment significatif.

RT France : Votre initiative se déroulant en dehors du cadre légal européen, pensez-vous pouvoir obtenir un résultat malgré le nombre important de signatures récoltées ?

Susan George : J’espère que la Commission, si elle a le moindre regard pour la démocratie (ce qui est de moins en moins certain) organisera ce qu’elle aurait déjà du faire, c’est à dire un débat parlementaire ainsi que des auditions, avec que la voix des citoyens soit entendue sur ce sujet. Nous avons dépassé le nécessaire légal de signatures de trois fois, ce qui représente la plus grande Initiative Citoyenne Européenne jamais réalisée. Nous ne nous arrêterons pas en si bon chemin et poursuivrons nos activités contre la ratification de ce traité avec ce collectif.

Car, comme vous le savez, le Partenariat Trans-Pacifique a été voté hier. Si le TTIP venait à être voté, cela mettrait les États-Unis au milieu d’un véritable empire, regroupant les trois-quart du commerce et les deux-tiers du PNB mondial. Ce pays serait alors dans une position géopolitique absolue, et cela signifierait la mort de la démocratie. Je refuse de l’accepter.

Source: Russia Today

 

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