La fascisme à visage humain (où quand le journal Libé fait de la propagande de grande ampleur)

Relayer l’actualité, c’est aussi le faire avec la propagande officielle qu’il faut savoir débusquer sans tomber dans les pièges tendus. Aujourd’hui, nous vous proposons un morceau de choix et que je vais démonter sans aucune difficulté, car c’est justement ce que la presse officielle ose publier, c’est ce ce qui est servi dans notre pays aux moutons lambdas, du moins, à ceux qui lisent ce genre de journal…

Dans le domaine de la diatribe vomitive de haute voltige, en voici une assez exceptionnelle dont nous a gratifié le quotidien Libération. L’ennemi du journal Libération: le FN, rien de bien nouveau, mais la teneur de l’article (si on peut qualifier cela d’article) reste néanmoins extrêmement biaisée et malhonnête. Entre autres points polémiques, cette formule qui indique soit une grande envie de manipuler le lecteur, soit une ignorance la plus totale de leur sujet: « un parti comme le FN qui plonge ses racines dans ce que la France a de plus haïssables (la collaboration avec les nazis, l’OAS et l’Algérie française)« .

Libé

On ressort les vieux dossiers pour rappeler au journal qui ne fait pas sont travail que:

Mais il ne faut pas jouer le jeu du FN qui est un parti « populiste, souverainiste, anti-musulman, anti-immigré, anti-libéral, anti-capitaliste, anti-américain (les États-Unis étant l’incarnation du « grand Satan » pour tous ceux qui haïssent la liberté) » et dénoncer ceux qui représentent le mieux le fascisme, on ne va pas non plus saboter le fond de commerce! Non, mieux vaut charger la mule en expliquant que le Front National met en danger les libertés civiles, politiques et économiques, cela fait un peu plus peur… Un comble alors que le gouvernement socialiste est en train de mettre en place une loi sur le renseignement pire que la Stasi.

Autre angle d’attaque: la liberté de la presse, car s’il y a un problème de ce côté-là, c’est la faute au FN: « La liberté de la presse et plus généralement de pensée sera sans aucun doute remise en cause afin d’assurer au parti le contrôle du pays : pas d’argent public pour ceux qui déplaisent, contrôle de l’audiovisuel public (Nicolas Sarkozy a montré l’exemple), intimidations (la liste des journalistes tabassés par le FN commence à être longue)...« . Moi qui pensait que les journalistes de Libé allaient se montrer un peu plus solidaires et avoir une pensée pour les congénères virés:

  • Pierre Salviac viré de RTL pour avoir tweeté que Valérie Trierweiler « b… utile » (L’Express)
  • Affaire Charlie Hebdo: Un journaliste de Sudpresse viré après avoir signalé son désaccord (7sur7.be)
  • Lifting politique au quotidien La Provence : des journalistes virés (Rue89)
  • Eric Zemmour viré de Itélé (Le Point)
  • France Inter: Didier Adès et Dominique Dambert virés (Le Figaro)
  • Europe 1: des journalistes virés à tour de bras (Libération)
  • Le dessinateur Siné viré de Charlie Hebdo (l’Express)
  • Claude Sérillon, viré de France suite à des questions « trop dures » (Agoravox.tv)
  • Alain Genestar, viré de Paris-Macth pour des photos « agaçantes » (Actualitte.com)
  • Richard Labévière viré de RFI (Bakchich Info)
  • Philippe Tesson viré du journal Le Point (20 minutes)
  • Etc… La liste est longue…

Mais je vous avoue que j’apprécie principalement cette formule d’une mauvaise foi relativement phénoménale: « Le mot « populisme » donne une façade aimable à des partis qui détestent les valeurs européennes d’égalité, de liberté, de fraternité léguées par la Révolution française« . Mettre dans la même phrase les mots Europe, égalité, liberté et fraternité, c’est très culotté, je n’aurais jamais osé de peur de me faire insulter. D’ailleurs, le TAFTA est bien une preuve du contraire.

Le tout, en citant l’ensemble des partis d’extrême-droite d’Europe sans parler une seule fois de l’extrême-droite israélienne bien plus dangereuse, ni même parler de l’Ukraine avec Svoboda. De la mauvaise foi de très haut niveau, là, il va être difficile de faire mieux… Mais là encore, il ne faut pas gêner ceux qui se sont emparé du pays

Quand à l’illustration de l’article, des « victimes » du FN, les femens pacifistes, avec à la clé: « atteinte à la liberté de la presse, viol de domicile, coups et blessures, arrestation arbitraire« . Petit rappel sur les Femen:

Le journal Libé a fait fort, très fort, mis le plus triste n’est pas qu’ils osent publier de tels torchons, le plus triste, c’est qu’il y a surement des lecteurs pour avaler tout cela sans comprendre à quel point l’arnaque est colossale.

En ce début de XXIe siècle, le politiquement correct a rejeté le fascisme et le nazisme dans les limbes du passé. À l’heure de l’internet tout puissant, ils sont même devenus un simple « point », le « point Godwin » qui clôt tout débat : dire d’un parti populiste, souverainiste, anti-musulman, anti-immigré, anti-libéral, anti-capitaliste, anti-américain (les États-Unis étant l’incarnation du « grand Satan » pour tous ceux qui haïssent la liberté), qu’il est fasciste ou simplement évoquer les années 30 pour s’inquiéter de la percée de ces partis favorisée par l’impotence des forces démocratiques et républicaines, c’est s’assurer la risée du « net » et, au-delà, des bien-pensants. Le fascisme, c’est le XXe siècle, ce sont des circonstances historiques différentes, il n’a plus sa place dans l’Europe apaisée et démocratique d’aujourd’hui !

On peut certes qualifier le NPD en Allemagne, Aube Dorée en Grèce ou le Jobbik en Hongrie de « néo-nazis », mais c’est seulement parce qu’eux-mêmes revendiquent l’encombrant héritage nazi. Tous les autres partis sont forcément démocrates : ils ont le droit de « poser les bonnes questions », comme le disait Laurent Fabius à Jean-Marie Le Pen en 1984 puisqu’ils jouent le jeu électoral et que le respect du peuple implique que ces partis participent au débat démocratique. À la limite, on peut encore parler d’extrême droite, mais l’expression « droite radicale », par opposition à la « gauche radicale », est en passe de l’emporter dans la guerre des mots. Rares sont ceux qui osent encore dire tout haut que ces partis représentent un danger mortel pour la démocratie, alors même qu’on a sous les yeux l’exemple du Fidesz de Viktor Orban en Hongrie, une version allégée du FN, qui déconstruit pan par pan l’État de droit sous le regard impuissant de ses partenaires européens. Hé bien, n’écoutant que mon courage, je vais braver le point Godwin !

On oublie un peu vite que les partis fascistes d’avant-guerre ne sont pas arrivés au pouvoir en Italie et en Allemagne (l’Espagne est un cas à part, puisque Franco est le produit d’une sanglante guerre civile) en promettant la suppression des libertés civiles, la déportation de leurs opposants ou des « races inférieures », le génocide et une guerre mondiale ! Ils se sont imposés sur des thèmes souvent empruntés à la gauche à la fois sociaux, étatistes et souverainistes (ce qui englobe le sujet identitaire). Le fascisme italien se voulait avant tout social et populaire, tout comme le nazisme qui signifie, ne l’oublions pas, « national-socialisme ». À l’époque, les contemporains des fascismes allemand et italien se sont totalement trompés sur la véritable nature de ces partis. Neville Chamberlain, le Premier ministre britannique, n’affirmait-t-il pas, au lendemain des accords de Munich qui signaient la capitulation des démocraties occidentales, que « Herr Hitler est un gentleman » et que c’était « un homme à qui on pouvait se fier quand il avait donné sa parole » ?

Le refus de qualifier de fascistes des mouvements qui en présentent pourtant les traits caractéristiques (par exemple le culte du chef, la famille Le Pen en offrant un bon exemple, le pouvoir absolu donné à l’État, la volonté de « purger » la communauté nationale de ses éléments étrangers ou politiquement adverses [ramenés au statut d’ennemis de la nation]) date des années 80. Il trouve son origine dans la diabolisation extrême du nazisme, et par contrecoup du fascisme, qui est l’incarnation du mal absolu, un mal incompréhensible par sa singularité et donc insusceptible de se répéter. Or, résumer le fascisme à sa dimension impériale, raciste et antisémite, c’est cela qui interdit aujourd’hui de penser la percée de leurs équivalents modernes. Dans un entretien au Soir, l’historien allemand Thomas Weber, auteur de « La première guerre de Hitler », estime très justement qu’en « réduisant Hitler à cette incarnation du mal absolu, ultra-antisémite et raciste, nous omettons de voir où est le vrai danger. Si nous prenons “l’autre” Hitler, celui qui est farouchement antilibéral et anticapitaliste, alors c’est peut-être encore plus inquiétant pour l’Europe, car ces idées pullulent de nouveau, sous la forme des mouvements de contestation populistes, comme Pegida en Allemagne, le FN en France, le Vlaams Belang en Belgique, le FPÖ en Autriche ou le Fidesz en Hongrie. Les dirigeants de ces partis affichent un pragmatisme comparable, teinté d’antilibéralisme. Nous devrions reconnaitre ces similitudes: lors de son ascension initiale, Hitler ne s’est pas imposé avec un discours raciste et xénophobe, mais antiaméricain, anticapitaliste et antilibéral. Ces nouveaux leaders sont plus dangereux, car ils sont plus modérés et usent d’un langage moins antagonisant, à l’instar de Marine Le Pen en France ».

Pour contourner le véritable interdit moral qui empêche désormais toute assimilation du FN français ou du FPÖ autrichien au fascisme, les « intellectuels » ont inventé le mot de « populisme » jugé historiquement plus « neutre » et moins polémique. Quelle erreur ! Ce faisant on a légitimé un peu plus ces partis : dans populisme, il y a peuple et le FN, par exemple, en joue pour affirmer qu’il est le parti du peuple. Ce terme qui se veut méprisant valide en réalité son discours : d’un côté, il y aurait un parti populiste ou « anti-establishment » pour reprendre une expression de Le Pen père, à l’écoute du peuple, de l’autre « l’UMPS » représentant les élites. Le mot « populisme » donne une façade aimable à des partis qui détestent les valeurs européennes d’égalité, de liberté, de fraternité léguées par la Révolution française. S’interdire de nommer ce que l’on combat, c’est s’interdire tout simplement de le combattre : si les jeunes sont attirés par ces partis, c’est aussi parce qu’ils sont sans filiation encombrante, qu’ils paraissent neufs alors, ce qui leur permet de se revendiquer des traditions nationales les plus nobles, comme le fait sans vergogne le FN avec De Gaulle et Jaurès.

Aucun de ces partis « populistes », tous fascinés, ça n’est pas un hasard, par la Russie autoritaire de Poutine, ne dit, en effet, qu’il va confisquer le pouvoir ou limiter les libertés civiles et politiques, aucun de ces partis n’utilise (encore ?) systématiquement la violence physique comme leurs prédécesseurs du XXe siècle. Pourtant, c’est la conséquence logique de leur programme.

Reste de la tartine sur Libération

Mais ne crachons pas dans la soupe, le journal Libération reste indispensable! Nombre de poissonniers l’utilisent encore tous les jours pour emballer la marchandise! D’ailleurs, soit-dit en passant, est-ce pour cela que ce quotidien s’est senti obligé de rappeler aux français qu’il était un journal en 2014? Dès fois que certains l’aient oublié…

4 commentaires

  • whackangel

    Avec une petit coup de lèche en prime pour l’UE… c’est vrai que les « valeurs européennes d’égalité, de liberté et de fraternité » sont frappante. Je note d’ailleurs que l’auteur cite les termes dans ce sens, et non pas dans celui de la devise républicaine, cet ordre étant celui donné par la Franc-Maçonnerie à ses débuts… Coïncidence ?

  • Nanker

    En plus d’un soutien sans faille aux fachos ukrainiens qui ne rêvent que de détruire leur concitoyens russophones de l’Est… Le même torchon qui crie au retour de Vichy ici dès que Ménard veut savoir comment est composée la population de Béziers.

    Moi j’aimerais bien que la rédaction de « lIbé » quitte son douillet cocon bobo du IIIème arrondissement et aille à Bagnolet, ville bien plus cosmopolite et colorée.

    Les journalistes de ce quotidien découvriront alors les vertus de la diversité et du « vivre ensemble » qu’ils prônent à longeur d’article sans jamais les vivre réellement. http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_yahoo.gif

  • engel

    Extrait de:
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Lib%C3%A9ration_%28journal%29

    « Fin 2013, le quotidien prévoit une perte nette de 1,3 million d’euros, le chiffre d’affaires étant de 58 millions. Pressée par les actionnaires, la direction envisage de réviser les accords sociaux des employés. Édouard de ROTHSCHILD et les héritiers de l’éditeur italien Carlo CARRACIOLO annoncent vouloir se désengager.
    En 2014, Bruno LEDOUX annonce vouloir poursuivre l’activité en redéveloppant le journal autour d’un nouveau projet et d’un nouvel actionnariat…Arrivée de Patrick DRAHI ».

    Qui est Patrick DRAHI:
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Patrick_Drahi

    …Le changement dans la continuité!