Conservation des aliments: Construction d’un séchoir alimentaire solaire

Ceux qui souhaitent faire des réserves sur le long terme doivent s’intéresser au stockage de ces aliments, mais surtout aux méthodes de conservation. Une de ces méthodes, simple et pour un cout relativement bas, est le séchoir solaire, vu qu’un déshydrater commercial peut s’avérer onéreux pour une capacité de stockage relativement limité.

S’il est facile de trouver des plans sur internet comme par exemple ici sur Ekopedia ou sur Yonnelautre.fr entre autres possibilités, encore faut-il aller chercher l’information. C’est la méthode dite des douze artisans que nous vous proposons ici, disponible en intégralité sur le site Onpeutlefaire.com.

Notre séchoir alimentaire solaire a subi une révision complète après 10 ans d’utilisation. La raison de cette révision n’est pas du à un disfonctionnement, mais vient en fait de l’armature en bois qui était très usée à certains endroits. Heureusement, beaucoup de travail a été économisé en utilisant des pièces plus résistantes, ce qui a impliqué l’utilisation de morceaux de bois couverts de couche de polyuréthane. Pendant que nous étions occupés à donner une nouvelle jeunesse à notre séchoir, nous avons reçu un appel téléphonique d’un ami activiste en Afrique équatoriale : « Ils veulent faire des séchoirs alimentaires solaires ici. Avez-vous une conception appropriée ? » a-t-il demandé. Nous avons immédiatement élaboré une conception adaptée, et voici ce que nous avons monté :

sechoir1

Le montage ci-dessus a été prévu pour la chaleur solaire de notre région (Europe du Nord). Nous avons pris en considération un angle de 58º, que nous avons déterminé en étudiant la position moyenne du soleil au printemps, en été et début automne. Le séchoir alimentaire solaire est fait de telle manière que les rayons du soleil ne puissent pas atteindre directement son contenu – les légumes -, afin qu’ils ne perdent pas leurs qualités, ce qui est particulièrement important avec les champignons.

Dans notre séchoir solaire, il y a aussi bien un courant d’air chaud de convection, qu’une chaleur radiante, cette dernière résultant des plaques noires (peintes) en métal (nous utilisons une ancienne plaque offset en aluminium (taille A1)), positionnée derrière le verre, et qui sert aussi de support pour les claies. La plaque est placée de sorte qu’il reste une ouverture en haut de la boîte (d’environ 10 centimètres), permettant à l’air chaud de rentrer dans la boîte.
À l’intérieur de la boîte, sur la paroi du fond (opposée à la vitre) se trouve une cloison avec une ouverture (de 10 cm environ) qui s’ouvre sous le support de séchage inférieur. Par l’intermédiaire de cette ouverture, l’air (humide et frais) est aspiré hors de la boîte, grâce à la conduite de cheminée située en haut de la boîte. Nous utilisons une conduite de cheminée courte d’approximativement 1 mètre de longueur, qui fonctionne très bien dans la pratique. Le tube de Plexiglass est isolé du tube noir interne.
La boîte est faite en « concret-plex » (multiplex en plastique), et elle est montée sur une table mobile. À l’intérieur, il y a cinq supports de séchage, couverts d’un filet de protection. Le plus grand support situé en bas fait 100 x 110 centimètres. Le plus petit support, sur le dessus, est beaucoup plus petit : 55 x 110 centimètres.


sechoirequat

sechoir_equat

Notre séchoir alimentaire équatorial est rectangulaire et a cinq supports de séchage de taille égale d’approximativement 100 x 100 centimètres. Il a un toît à deux pentes qui lui permette de récupérer efficacement les rayons du soleil tout au long de la journée, notament en fin d’après-midi lorsque le soleil décline fortement. Le conduit de cheminée est placé sur le coté, sous un angle du toît. Nous recommandons un angle de 45º à 50º. Le reste de la construction et de l’utilisation est identique au modèle présenté plus haut, en dehors du fait que ce séchoir n’a pas besoin d’être pivotant.

Source: Onpeutlefaire.com

 

20 commentaires

  • Natacha Natacha

    Oui !
    Gratuit après fabrication et concentré d’énergie garanti. :)

  • ConscienceU12 ConscienceU12

    Dis donc c’est pour du séchage semi-industrielle là ! http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_wacko.gif …doit y’avoir plus simple et tout aussi efficace non ? http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_scratch.gif

    • dereco

      A l’ombre dans le vent fort les jours de vent, ou sous un film de serre avec armature et avec cheminée simpliste (isolée), aliments à l’ombre, pour avoir ce vent chaud fort par convection.

  • dereco

    En Turquie, depuis des millénaires, ils sèchent leur figues bio attachées et pendues sur des ficelles au soleil, et c’est un délice à manger, sans soufre (soufre utilisé si pas bio ).

    Tout ce qui donne de l’air chaud au soleil 40°C circulant sur l’objet à sécher, genre serre simple avec film plastique, avec film noir, et une vague cheminée, marche !!
    Linge sur corde au soleil, etc..

  • nux nux

    juste une petite question (sur le schéma du haut )

    l’aire extérieure est aspiré en bas par les trous (entre la vitre et la plaque noir) >>> ok

    par contre elle redescend puis remonte par la cheminée ?

    sa m’intrique , j’ai peur que l’aire chaud ( plus légère ) sorte directement par la cheminé … et que les légumes /fruits placé plu bas ne sois pas séché

    j’ attend vos retours … http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_bye.gif

    • Grand marabout Grand marabout

      http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_bye.gif
      quand la porte est fermé ,la chaleur suit la fleche,(fig 1 et 2 en coupe))
      elle ne peut pas sortir,sauf par en bas,car pas d’issue
      (derrière,pour le tube,il y a une partie creuse)

      • dereco

        Bonne question !!
        Il vaudrait mieux mettre le haut du capteur solaire à air noir, plus bas que toutes les étagères à sécher, au lieu de faire redescendre l’air, de force par des guides, car il cherche à monter et donc on risque de bloquer la circulation thermique convective spontanée et avec un flux d’air faible le séchage sera bien plus long.
        Même l’amorçage de la convection naturelle risque d’être très difficile (son seuil est bien plus élevé).
        Figure 1-5 page 22
        http://theses.insa-lyon.fr/publication/2008ISAL0086/these.pdf

      • Grand marabout Grand marabout

        ça me paraissait contradictoire,cette circulation..
        merci pour le pdf!

      • dereco

        Il y en a plein d’autres de pdf et réalisations variées avec études sur le web en cherchant pour – séchoir convection thermique air –

        Le plus important est une forte température et un grand débit d’air sur des produits finement divisés bien séparés.

    • engel

      Le tracé de l’air est tout à fait fonctionnel et très judicieux.

      -1°temps: L’air s’échauffe dans la serre vitrée avant et donc il monte.
      -2°temps: L’air se refroidi en absorbant l’humidité des fruits et donc, il redescend naturellement.
      -3°temps; L’air se réchauffe dans la cheminée à effet de serre et ainsi elle assure l’extraction de l’air humide qui se réchauffe et remonte.

      Simple et efficace.

      ..Bravo à ses concepteurs.

      • dereco

        Malheureusement, l’amorçage est bien plus difficile, et donc en redescendant l’air plus froid ne remonte pas dans une cheminée froide au départ, si on ne le chauffe pas une fois en bas avec un capteur solaire et donc pas conseillé si on ne se trouve pas par très forte chaleur dehors à l’équateur.
        La descente ralentit le débit et le séchage est ralenti par débit bien plus faible.
        Il faut plus d’énergie pour chauffer l’air humide bien refroidi qu’avant son passage sur les aliments humides pour le faire remonter vers le haut et donc un capteur solaire en sortie du bas devrait avoir autant de surface et de puissance solaire pour chauffer l’air qui sort vers la cheminée.
        Un trajet direct toujours vers le haut est plus sûr avec un débit d’air très fort qui ne se refroidit pas trop sur les aliments humides, pour avoir une évaporation rapide, comme le linge sur une corde dans le vent chaud qui se sèche bien plus vite qu’avec peu de vent.

        Tout cela peut se chiffrer scientifiquement, voir les très nombreux pdf et nombres de Rayleigh du seuil avant et après les aliments.

        Sur le web, on trouve pas mal d’idées peu optimales, voire à éviter après forte réflexion scientifique, ou impossibles comme les mouvements perpétuels à éviter pour gagner du temps et des pertes d’argent.

      • engel

        Dixit: » l’air plus froid ne remonte pas dans une cheminée froide au départ ».

        Tout à fait, sauf que…

        1°)Le tirage d’une cheminée est proportionnel à la différence de température entre le haut et le bas.
        En clair plus l’air aspiré sera froid et plus la cheminée sera chaude, meilleur sera le tirage.
        Donc que l’air se soit refroidi en bas est un avantage.

        -2°) De plus, la cheminée n’a aucune raison d’être froide au départ.
        J’avais pourtant pris soin de stipuler que cette cheminée était à effet de serre. Elle est donc aussi chaude que le panneau frontale solaire…à effet de serre.

      • dereco

        La cheminée sera froide au départ sans capteur solaire de bonne surface, car l’air froid du bas n’a rien pour le chauffer plus en bas (il manque un capteur solaire pour le chauffer en bas ) et la cheminée va se refroidir avec un début d’air froid dedans et est incapable de le chauffer, car il faut un capteur solaire de grande surface pour chauffer l’air froid plein d’humidité dans la cheminée, elle pas assez chauffée !!

        Il faut chiffrer les puissances et viscosités, seuils, etc.. ou faire l’expérience dans les deux cas pour voir la belle différence de débit réelle.

  • C’est un joli bricolage pour bon bricoleur ayant de la place. Sinon je fais sécher sur une grille double genre barbecue. Cependant, il est bien dit dans l’article que tout ne supporte pas le plein soleil, et je rajoute : ni le métal.
    Mais je n’en suis qu’à mes débuts !http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_mail.gif

  • nux nux

    merci a tous pour vos avis , malheureusement je reste perplexe quand a un  » yo-yo  » de l’aire chaud

    mais pourquoi pas , faudrait tester http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_bye.gif

  • tymop

    Bonjour,
    Je cherche à faire un séchoir solaire pour y faire sécher quelques fruits du jardin…
    Je suis tombé sur votre design (le premier de cet article) qui m’intéresse.
    Je me pose quand même une question sur son design et vous allez certainement pouvoir m’éclairer : http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_scratch.gif
    Je me demande pourquoi est ce que vous récupérez l’air (humide) en bas du séchoir et le faites remonter pour l’évacuer. Pourquoi ne pas faire une évacuation en bas du séchoir ou l’air s’écoulerait naturellement ?

    Seconde question : Je n’ai pas un gros besoin de séchage; et donc votre model est certainement un peu grand pour moi. Puis je modifier les dimensions à mon gré ou bien est ce qu’il faut respecter les proportions Hauteur/Largeur/Profondeur ?

    Je vous remercie par avance de vos retours.

    • dereco

      Bonne question !
      Regardez les très nombreux pdf scientifiques que j’ai indiqué donnés par une recherche sur le web en cherchant pour – séchoir convection thermique air –

      Le plus important est une forte température et un grand débit d’air (bonne évaporation et vapeur d’eau partant vite ) sur des fruits finement divisés bien séparés (temps de diffusion de l’eau du centre du fruit vers l’extérieur qui croit comme le carré de la distance à parcourir dans le fruit, donc sur fruit bien plat bien plus rapide qu’en boule ). Le reste des détails est peu important si cela est respecté, ce qui permet de faire très simple, comme pour sécher du linge.

      La cheminée assure un débit d’air chaud qui en montant peut être grand si bien conçu.
      Si on a du vent dehors, mettre à l’ombre d’un soleil fort dehors sous une bâche ou parapluie, grand ouvert dans le vent chaud, comme pour le linge, vous sècherez très bien, (avec un temps de séchage nécessaire grandissant comme le carré de la dimension de chaque fruit ) (fruits à l’ombre posés sur une plaque métallique noire fortement chauffée sur ses bords par le soleil ) , en faisant très attention à rentrer dès que le soleil disparait, car alors la condensation remouille vite, surtout la nuit (comme cela se produit sur les buches de bois laissées dehors et qui donc sèchent bien plus lentement pour ces 2 raisons, condensation la nuit et grandes dimensions).
      L’air chaud un peu refroidi par l’humidité de séchage en bas, ne va pas sortir vite par une ouverture du bas, dans le montage, car il reste encore un peu plus chaud que l’air extérieur.
      Donc il faut un grande débit d’air avec un effet cheminée avec un air chaud dans la cheminée qui monte comme une mongolfière.
      Donc il ne faut pas lui demander de redescendre, et il faut que cet air soit bien chaud et dans une cheminée du plus grand diamètre possible (pour ne pas le freiner par viscosité), ce qui est voisin de presque grand ouvert sous une bâche et une plaque métallique (bonne conductrice de la chaleur) avec les fruits à plat dessus (à l’ombre, si nécessaire), très chauffée en périphérie par le soleil.

      Mais il est essentiel de rentrer les fruits la nuit, (comme pour le linge ) pour éviter de remouiller les fruits par la condensation de nuit, énorme en France.

      Les figues bio se sèchent facilement en Turquie l’été pendues nouées sur des ficelles, car l’air y est très sec, loin de la mer.

      • tymop

        OK, j’ai bien compris l’utilité de la cheminée maintenant (je n’avais pas tenu compte de la température extérieure dans mon raisonnement).

        En revanche, je suis un peu embêtée par 2 de vos remarques car:
        – Mon but premier est le séchage de figues (dont le rayon fait environ 3cm), que je ne vais donc pas couper en fines tranches (sauf si vraiment je n’ai aucun autre choix possible). Je pense aussi au séchage occasionnel de tomates, mais ça me semble compromis car très gros et plein d’eau.http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_cry.gif
        Pour les autres fruits, je pense que c’est moins critique car plus petits (cerises dénoyautées) ou coupés (pommes en tranches, prunes dénoyautées)

        – La deuxième remarque qui me chagrine, c’est qu’il faut que je rentre mes fruits tous les soirs et les sortir tous les matins. Enfermé dans le séchoir, l’humidité va rentrer? Faut il vraiment manipuler les fruits deux fois par jours ? Cela est assez contraignant.

        J’ai une question supplémentaire : Quel serait le temps approximatif nécesaire pour sécher des figues avec un séchoir de ce type positionné dans le sud de la france (quelques kilomètres en dessous de Toulouse)

      • dereco

        « (quelques kilomètres au sud de Toulouse) »
        indique proche des Pyrénées bien humides et donc crucial d’éviter la nuit, en rentrant sur des grandes clayettes sans bouger les fruits dessus,(moins contraignant), la condensation qui détruit le séchage, (facile à vérifier sur du linge à sécher, qui se remouille )et favorise les moisissures.
        Les turcs accrochent des figues sur des raphias pendues pour les sécher (60cm donc bien séparées pour sécher et manipulables) et les vendent ainsi en magasin bio !!( très bonnes bien sèches).
        Si l’air est très chaud (plus de 40°C, le temps dépend très fortement de cette température et de la vitesse du vent dessus, entre quelques heures et des jours, comme pour du linge épais ) et circule vite, le séchage peut être rapide, même un peu gros.