Etats-Unis: léger séisme de magnitude 3,9 et de fortes probabilités pour que celui-ci ne soit pas naturel

La Californie est connue pour sa sismicité une faille majeure représente une grande menace dans cette région du monde, la faille de San Andreas. Et il y a peu, la ville de Los Angeles fut secouée par des secousses d’une magnitude de 3.9 sur l’échelle de Richter. Le souci, c’est que la probabilité quand à l’origine de ce séisme, les probabilités que celui-ci ne soit pas naturel sont relativement grandes.

california-big-one-earthquake-damage-141016-665x385Image d’illustration

La terre a légèrement tremblé à une magnitude de 3,9 et à une profondeur de 9,9 km dimanche matin tout près de Los Angeles (Californie) sans que des dégâts ou blessés ne soient à déplorer. Le séisme s’est produit vers 4h07 heure locale (11h07 heure de Paris), d’après l’Institut américain de géophysique (USGS).

Un séisme léger mais ressenti dans toute la mégapole

L’épicentre est situé à 12 km au sud-ouest de Los Angeles, non loin de la faille Newport-Inglewood, juste au nord des villes d’Inglewood et Culver City. Qualifié de «léger» par l’USGS, le séisme a cependant été ressenti sur une large zone autour de la mégapole, située dans une région à forte activité sismique de l’Ouest américain.

Source et article complet sur 20minutes

Certes, la région est connue pour sa forte activité sismique, mais cela n’explique pas tout, car depuis quelques temps, les séismes sont en forte augmentation sur le territoire américain, et ce ne sont pas les mouvements tectoniques qui sont accusés, mais l’exploitation du gaz de schiste. Exemple cité pour l’Oklahoma dans l’article qui suit: « avant 2008, l’Oklahoma connaissait en moyenne deux tremblements de terre de terre par an de plus de 3 sur l’échelle de Richter. De nos jours, le rythme est passé à un ou deux par jour« .

Une série de nouvelles études conclut que la hausse récente du nombre de tremblements de terre aux Etats-Unis, notamment dans l’Oklahoma, serait directement liée à l’exploitation du gaz de schiste.

On savait depuis longtemps que les forages de puits de pétrole, ou la fracturation hydraulique, pouvait provoquer des petits séismes. Mais le phénomène prend une ampleur inattendue, expliquent des travaux publiés dans la revue Science.

Le U.S. Geological Survey vient de publier une nouvelle étude portant sur 17 régions dans huit Etats du centre et de l’Ouest des États-Unis, désignés comme étant vulnérables aux tremblements de terre. Traditionnellement, les séismes sont associés à la côte ouest des Etats-Unis, notamment la Californie ou l’Alaska. Mais ces dernières années, la production de gaz de schiste a pris un essor inédit, dans le centre du pays notamment. Cette hausse soutenue de la production est allée de pair avec une hausse exponentielle du nombre de séismes de plus de 3,0 sur l’échelle de Richter, souligne l’étude, publiée dans la revue Science.

À titre d’exemple, avant 2008, l’Oklahoma connaissait en moyenne deux tremblements de terre de terre par an de plus de 3 sur l’échelle de Richter. De nos jours, le rythme est passé à un ou deux par jour.

Les scientifiques pointent du doigt la technique du « fracking » – la fracturation hydraulique. Un procédé qui consiste à injecter un fluide sous très haute pression dans la roche pour la fissurer et micro-fissurer. En libérant le gaz ou le pétrole, le fluide déséquilibre les roches. Par ailleurs, le processus nécessite une quantité massive de liquide, qui est réinjecté par les producteurs dans le sol pour s’en débarrasser. Ce qui facilite probablement les séismes, expliquent les géologues.

La situation ne s’améliore pas, constate Roger Musson du British Geological Survey. L’Etat de l’Oklahoma a d’ailleurs admis récemment le lien « très probable » entre la hausse récente des tremblements de terre et le « fracking ». L’inquiétude étant que les secousses, aujourd’hui relativement faibles, n’empirent, passant à 4 ou 5 sur l’échelle de Richter. Déjà en 2011, un séisme de 5,6 a frappé l’Oklahoma. Certains experts avertissent qu’une secousse encore plus importante pourrait survenir.

Source: La voix de l’Amérique

000136338_12Terminé les paysages bucoliques et la poésie, avec le gaz de schiste, c’est devenu cette horreur! Ce paysage tacheté est celui du Garfield County dans le Colorado aux Etats-Unis. Le désert s’est hérissé de puits de gaz de schiste tous les 200 mètres. Chacun des points blanc sur la carte est un puits d’extraction de gaz de schiste. Pour chacun d’eux, deux cents allers retours de camions sont nécessaires au transport des matériaux de chantier, de l’eau, puis du gaz. Source: Usinenouvelle.com

Si l’EIA a baissé ses prévisions de gaz de schiste récupérable de 96% en Californie, elle considère que 600 millions de barils sont tout de même récupérables, bien en dessous des 13,7 milliards espérés. Un article (version abonnés) du journal le Monde nous apprend d’ailleurs ceci sur la Californie: « Un cinquième de la production d’énergie fossile californienne vient de la fracturation hydraulique. Depuis dix ans, chaque mois, l’Etat enregistre l’ouverture de 300 nouveaux puits« . Vous faites le lien entre l’augmentation colossale des séismes en Oklahoma et les probabilités pour que le dernier survenu en Californie ne soit pas naturel?

Quand aux californiens, ils ne veulent tout simplement plus de ce type d’exploitation dans leur état.

Mais voyons un peu au delà de la conséquence sismique, la l’exploitation est un gaz de schiste est un vaste sujet qu’il serait regrettable de négliger.

Que le gaz de schiste soit une bulle qui finira par éclater est une chose, mais celui-ci fait de véritables ravages environnementaux, est une catastrophe pour la santé, et pourrait être l’un des déclencheurs du « big one » avec la faille de San Andréas…

Pour en revenir à la bulle du gaz de schiste, elle va éclater de la manière la plus tragique possible, et comme le précisait Jacques Sapir, il va y avoir du sang!

Rob Fulks, un dirigeant de Weatherford, déclarait dans une interview en marge de la conférence du IHS CERAWeek à Houston (Texas) cette semaine que «seules pourraient rester environ une vingtaine de sociétés opératrices de fracturation hydraulique». La demande de services de fracturation hydraulique -technique permettant l’exploitation des hydrocarbures dits « de schiste » qui a généré le boom des pétrole et gaz de schiste au États-Unis est en perte de vitesse au fur et à mesure que les clients abandonnent des puits non achevés à cause de la chute des prix des hydrocarbures.

Début 2014, on comptait 61 fournisseurs de services de fracturation aux États-Unis, le plus grand marché du monde dans ce domaine. Les fusions acquisitions chez les plus gros opérateurs ont commencé avec Halliburton Co. et l’annonce faite en novembre 2014 du rachat de Baker Hughes Inc. 34,6 milliards de dollars, ainsi que le rachat de l’activité pompage sous pression de Nabors Industries Ltd par C & J Energy Services Ltd.

Toujours selon M. Fulks, Weatherford, cinquième opérateur du fracking aux États-Unis, a été contraint de réduire « considérablement » les coûts face à la baisse de la demande. De plus la compagnie a été en mesure de renégocier à la baisse les prix d’acquisition du sable utilisé comme agent de soutènement des fissures effectuées par la fracturation hydraulique et nécessaires à la libération des hydrocarbures prisonniers dans les roches compactes.

Globalement, les compagnies pétrolières ont réduit de plus de 100 milliards de dollars les dépenses au niveau mondial après la chute des prix.PacWest, société de consultants spécialiste des marchés liés à l’exploitation pétrolière, anticipe une chute de 35% du prix de la fracturation hydraulique cette année.

Source et article en intégralité sur: Stopgazdeschiste.org

Et malgré tout, cela n’arrête pourtant pas les financiers américains qui n’ont qu’un souhait, explorer au maximum dans le reste de la planète, quitte à menacer ouvertement pour y arriver, ce qui fut le cas pour l’Algérie. L’Algérie a récemment pris une décision très dangereuse, celle d’autoriser l’exploitation du gaz de schiste sur son territoire, avec les conséquences évidentes que cela incombe. Bien sur, en y réfléchissant un peu, on peut penser que le pays n’a pas eu d’autres choix, et que celui-ci a été ouvertement menacé s’il montrait un éventuel refus face à cette technique d’exploitation sur son sol. Un exemple en particulier laisse penser que l’Algérie n’a pas eu d’autres choix: Avril 2013: un grand quotidien marocain a expliqué que le gouvernement de Mariano Rajoy a autorisé diligemment les USA à déployer sur le territoire espagnol, une force d’intervention rapide, en prévision d’un chaos généralisé prévu en Algérie. Et en Septembre 2013: l’Algérie veut mobiliser 300 mds USD sur 50 ans pour produire 60 mds m3/an de gaz de schiste.

Quand à la France, elle est également mal barrée de ce côté-là….

f8596853b1b239be8f2ba2a0b6099bc7Je ne pourrait terminer qu’avec cette revue de presse spécialisée dans le gaz de schiste que j’ai découverte ce matin, à suivre et à faire tourner auprès de tous ceux qui s’intéressent au sujet:

Les gaz de schiste ça tue, ça pollue, et ça perd de l’argent !

  • La révolution des huiles et du gaz non conventionnels a eu un effet minime sur l’économie des Etats-Unis (on prévoit 0,84% de croissance pour l’ensemble de la période entre 2012 et 2035 soit 0,04% une relance astronomique du modèle économique que qu’aucun imagine encore pouvoir faire perdurer). En Europe, les effets potentiels seraient plus maigres encore, selon l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI)(4).

Et pourtant «ils» en veulent toujours !

  • Le Conseil national de l’industrie (CNI) a exhorté le gouvernement français à assurer « un coût de l’énergie compétitif » pour ce secteur en France et a également plaidé pour le gaz de schiste, lors de la remise le 13 mars de son rapport annuel (7).
  • Markus Beyrer, le secrétaire général de l’organisation patronale européenne, BusinessEurope, a demandé aux chefs d’État européens de prendre du recul sur la question de l’exploration et de l’extraction des gisements de gaz de schiste en Europe. Ce gaz pourrait, selon lui, assurer l’indépendance énergétique du continent (8) …contrairement à l’avis des experts de l’Union Européenne pour lesquels « le meilleur des scénarios pour le développement du gaz de schiste en Europe est celui dans lequel il pallie le déclin de la production de gaz conventionnel, maintenant une dépendance vis-à-vis des importations de l’ordre de 60% » (9)».

La faute à Poutine…

  • Il a ajouté que les licences d’exportation de gaz naturel liquéfié en provenance des USA – autrement dit du gaz de schiste – seraient encore plus faciles à obtenir si le TTIP (Grand Marché Transatlantique en Français) était en vigueur.
  • En France il est bon de rappeler que nous n’importons que 16% de notre gaz de Russie, l’essentiel venant de Norvège (42%) puis des Pays Bas (16%), de l’Algérie (9%) et divers autres pays.

Revue de presse en intégralité sur l’excellent blog Stopgazdeschiste.org

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