Allemagne : la pauvreté à un niveau record

Il est là le « modèle européen », l’Allemagne qui atteint de nouveaux records au niveau de la pauvreté! Bien sur, certains journalistes tentent de modérer les faits arguant qu’en France, ce n’est pas mieux, mais est-il réellement possible de comparer l’incomparable? Le constat est là, avec les contrats de travail pourris qui n’ont pour but que de faire baisser les statistiques du chômage, ce vers quoi la France se dirige, surtout si on prend en compte le fait que cette dernière est victimes de fortes pressions pour que le SMIC saute, et que les salaires soient baissés de 30% au bas mot! Alors un tel modèle…

Selon un rapport de l’Office Fédéral des Statistiques, un citoyen sur six est menacé par la pauvreté. Pour les chômeurs, parents élevant les enfants seuls et les enfants, la situation est difficile.

(KL) – «Premier de la classe», «champion du monde des exportations», «moteur de l’Europe» – l’Allemagne se plaît dans le rôle du pays qui, malgré la crise, fait tout comme il faut. Ce que l’on ne dit pas en Allemagne, c’est que ce «succès» est chèrement payé – par les plus faibles de la société, le nouveau «précariat», un sixième de la population allemande qui s’est fait décrocher et qui n’a pas de lobby pour se faire entendre.

En 2013, selon le rapport du «Statistisches Bundesamt» (Office Fédéral des Statistiques), pas moins de 13 millions d’Allemands sont menacés par la pauvreté. Est considéré comme «pauvre» toute personne qui ne dispose de pas plus de 60% du salaire moyen – pour une personne vivant seule, le seuil est de 979 € par mois (11.749 € par an), pour une famille de deux adultes et deux enfants, le seuil se situe à 2.056 € par mois (24.673 € par an). Cette situation concerne 16,1% de la population allemande et le clivage entre la population active et le nouveau «précariat» ne cesse de se creuser.

Bien entendu, comparé à d’autres pays européens, ce seuil peut paraître élevé – mais il faut tenir compte du coût de la vie en Allemagne. Avec 979 € par mois, on ne va pas loin sur l’autre rive du Rhin. Beaucoup de personnes peu qualifiées sont tombées dans le piège des petits boulots, pourtant vivement recommandés par le personnel dans les Agences pour l’Emploi, les célèbres «boulots à 400 €». Ce format, initialement inventé pour permettre aux chômeurs de rester en contact avec le marché de l’emploi, s’est avéré comme un moyen pour les entreprises d’embaucher de la main d’oeuvre au moindre coût, ne permettant que dans des cas excptionnels, l’accès à un poste à temps plein.

Est-ce que l’on peut parler d’un «succès» de la politique allemande ? Est-ce que les chiffres allemands sont vraiment si mirobolants que ça ? Est-ce que le «modèle allemand» est vraiment un exemple à suivre pour l’Europe ? Certainement pas. Considérant que plus de 69% des chômeurs en Allemagne sont sérieusement menacés de cette pauvreté de laquelle on ne revient plus, considérant que 35,2% des monoparentaux sont menacés de cette pauvreté, considérant que 15,7% des enfants en Allemagne sont également menacés, on ne peut plus parler de succès.

Au contraire – en vue du fort pourcentage d’enfants qui naissent déjà dans le contexte de la précarité, force est de constater que le modèle de la société allemande est un échèc. L’Allemagne est en train de non seulement stigmatiser un sixième de sa population, mais de barrer la route à une partie des générations futures qui demain, sont censées porter financièrement cette société.

La solution à cet état des choses ne peut se trouver qu’au niveau européen. Une harmonisation des systèmes sociaux devrait rapprocher l’Allemagne des autres pays européens et non pas les autres pays européens du modèle allemand. Laisser un sixième des enfants dans la pauvreté, tout en injectant des milliards dans les marchés financiers, c’est cynique, injuste et un système qui ne pourra durer.

Et du coup, le «premier de la classe» devrait modestement s’asseoir et passer une heure de colle en rédigeant un texte sur le respect des plus faibles éléments d’une société. La qualité d’une démocratie ne se mesure pas au succès des plus fortunés, mais dans la gestion des problèmes des plus faibles. Et dans ce domaine, l’Allemagne n’est pas «premier de la classe», mais se trouve en queue du classement.

Source: Médiapart

 

20 commentaires

  • Grognard

    Eu il ne faudra pas s’étonner le jour où l’on verra de nouveau défiler des chemises brunes.
    La RFA y va tout droit.

  • laspirateur

    Finalement les Allemends ne sont-ils pas les pires pour ce qui est de cacher l’état réel de leur pays? http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_yes.gif

  • stereo

    Comme l’Allemagne est LE modèle (si, si…), on sait de façon non équivoque ce qui nous attend et ce que sera notre avenir.

  • Thierry92 Thierry92

    Les moutons allemand sont pareils que les moutons fran_ais. Peut etre un peu plus hargneux et un peu plus mordants.
    Mais tant que les livrets d’épargne en actions rapportent peu importe le reste.

    • sancho panza

      Même pas plus mordants. Ils laissent détruire leur classe moyenne comme nous, vont bientôt avoir leur 25% de super-pauvres comme l’Espagne, la France et l’Italie, la Grèce et le Portugal.
      C’est le plan USA-UE, il se déroule parfaitement.
      Heureusement, les remplaçants mettront bientôt fin à nos souffrances en nous achevant.

    • samlours94

      Exactement ! Le mouton axé sur lui-même se fiche de qui crève à coté de lui du moment qu’il peut toujours se payer son petit luxe perso. Et ce, quelle que soit la nationalité du mouton en question !
      Que les politiques soient immondes, tout le monde le sait mais continuons d’éviter de nous regarder dans nos miroirs car ce que nous y verrions n’est pas mieux !!!

  • Bardamu

    En admettant que le modèle allemand soit une réussite, vouloir le copier relève de la connerie à l’état brut car nos 2 pays n’ont pas du tout le même tissu social-économique. En France, tout est beaucoup plus centralisé et recentré autour des grandes agglomérations. En gros en France, un rural qui n’est pas dans l’agro-alimentaire, ça s’appelle un chômeur très longue durée !

  • paprika

    Média part fait des fautes :

    « sont censées porter ». NON ! « sont censé payer », pas d’accord devant un infinitif.

    Les ME en font aussi, « un peu-beaucoup », mais ils ne sont pas payés.

    et il raconte des conneries :
    « mais il faut tenir compte du coût de la vie en Allemagne. Avec 979 € par mois, on ne va pas loin sur l’autre rive du Rhin ». La nourriture et les loyers dans la partie Est, la plus pauvre, sont bien moins chers qu’en France.

    • rouletabille rouletabille

      Pour diminuer le chômage (hahahah)ils obligent les sans emplois (sans emplois hahahahaah)à travailler pour 1 € l’heure,travailler est absurde quand c’est pas un service envers la société.
      http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_yes.gif

  • Thierry92 Thierry92

    De toute façon ce n’est plus Merkel qui dirige en Akkemagne.

  • Thierry92 Thierry92

    Tout va bien pour les ‘INVESTISSEURS’.
    Pour le peuple, qu’il crève.