L’OMS censure son propre rapport sur les cancers et les malformations de nouveau-nés en Irak [Project Censored]

Le recueil Censored 2015 vient tout juste d’être publié aux États-Unis. Ses 500 pages contiennent les 25 nouvelles  les plus importantes au niveau international, mais qui ont été censurées par la presse nord-américaine entre 2013 et 2014. Cette édition – la 38e – a été élaborée par les professeurs universitaires Mickey Huff et Andy Lee Roth, respectivement professeur de sciences sociales et d’histoire à l’université Diablo Valley, et professeur de sociologie à l’université d’État de Sonoma. Le choix des nouvelles les plus censurées de l’année est cependant effectué par un jury international, dont font partie quelques personnalités de renom, comme Noam Chomsky, Howard Zinn, et Oliver Stone.

(10e du classement) : l’OMS censure son propre rapport sur les cancers et les malformations de nouveau-nés en Irak.

En violation de son propre mandat, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) continue de censurer les preuves découvertes en Irak montrant que l’usage par les militaires américains d’uranium appauvri et d’autres armements n’a pas seulement tué de nombreux civils, mais que cela a causé une épidémie de malformations de nouveau-nés et d’autres graves problèmes de santé publique. En refusant de diffuser ce rapport, l’OMS protège de manière efficace l’armée et le gouvernement américains de toute poursuite, alors que ces derniers sont responsables de cette catastrophe sanitaire.

Un rapport de l’OMS et du Ministère irakien de la Santé sur les cancers et les malformations à la naissance devait être rendu public en novembre 2012, mais les officiels ont repoussé indéfiniment sa sortie. À ce jour, écrit Denis Halliday, le rapport de l’OMS est toujours « classifié ». D’après l’OMS, la diffusion de ce rapport a été remise à plus tard parce que l’analyse qui y était faite nécessitait d’être évaluée par « une équipe de scientifiques indépendants. »

L’article de Halliday compare les cas en Irak avec les problèmes sanitaires au Vietnam consécutifs à l’usage par les US de l’Agent Orange.

Pendant ce temps, la réalité quotidienne, comme l’affirme Mozhgan Savabieasfahani(*) est que « l’Irak est empoisonné ». Par exemple, citant une étude vérifiée par un comité de lecture et à laquelle elle a contribuée, Savabieasfahani écrit : « Trente millions d’Irakiens se réveillent chaque jour au milieu du cauchemar des cancers affectant les enfants, les adultes, et même les nouveau-nés. Les cas de cancers congénitaux, de cancers en grappe (cluster cancer) et de cancers multiples chez le même individu se font de plus en plus fréquents en Irak. » « Mais alors, pourquoi l’OMS refuse-t-elle de publier son étude ? ». « Une réponse possible, écrit-elle, est parue le 26 mai dans The Guardian. »

Dans cet article, John Pilger mentionnait les récents commentaires de Hans von Sponeck, l’ancien secrétaire général adjoint des Nations Unies : « Le gouvernement US a tout fait pour empêcher l’OMS d’enquêter dans les zones du sud de l’Irak où de l’uranium appauvri a été utilisé et a causé de graves problèmes sanitaires et des risques environnementaux certains. »

Savabieasfahani, écrit qu’étant donné que le rapport de l’OMS contient des informations « essentielles » pour informer le public au sujet des problèmes sanitaires en Irak, et pour « permettre aux chercheurs de collaborer, en posant les bonnes questions, et en motivant les recherches visant à remédier à cette urgence sanitaire. »

Source : IlFattoQuotidiano

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