Privatisation: l’état à flingué en douce l’actionnariat salarié

Dès que cela parle de privatisation, on peut aisément suspecter le marché transatlantique, et cette fois, c’est la possibilité aux employés de devenir actionnaires qui est remis en cause, en douce, en plein mois d’aout… Avec ce « marché trans-fumisteriste », la la privatisation de tout ce qui est public est une base, cela a été testé avec succès en Grèce et au Portugal, et c’est en cours actuellement en France, petit à petit, les privatisations se multiplient…

Au cœur de l’été, François Hollande et Arnaud Montebourg ont signé une ordonnance supprimant l’obligation faite à l’Etat de réserver aux salariés 10 % des actions des sociétés que ce dernier souhaite vendre. Les employés d’Orange viennent d’en faire l’amère expérience, remplacés par de grands fonds d’investissement.

Edouard Balladur aura sans doute du mal à y croire, mais le gouvernement vient de faire de lui un dangereux gauchiste ! Comment ? Tout simplement en abrogeant une de ses heureuses initiatives lorsqu’il était au ministère de l’Economie : l’obligation faite à l’Etat de réserver aux salariés 10 % des actions des sociétés que ce dernier souhaite vendre. Il s’agissait d’une des minces concessions de ce libéral de Balladur à sa légère fibre gaulliste et à son rêve d’un actionnariat salarié.

C’est ce que les administrateurs salariés d’Orange viennent récemment de découvrir, à l’occasion de la cession de 1,3 % de l’ex-France Telecom, pour laquelle rien a été prévue pour les employés. Et ce en toute légalité. François Hollande a en effet signé une ordonnance mettant fin à cette obligation. Un petit texte visé en plein mois d’août dans le cadre du fameux « choc de simplification ». C’est donc dans la torpeur de l’été, le 20 aout 2014 précisément, qu’un gouvernement de gauche a mis à mal une barrière au « tout marché ». Tu parles d’un « choc » !

« La gauche donne tout au marché », s’énerve d’ailleurs Sébastien Crozier, administrateur salarié d’Orange. Et de fait les 50 millions d’euros vendues par la Banque publique d’investissement, qui porte une partie des participations de l’Etat, se sont retrouvées dans les mains de grands fonds. L’Etat ne dispose donc plus aujourd’hui que de 25 % d’Orange, les salariés-actionnaires sont quant à eux dans une situation peu avantageuse et, in fine, l’entreprise se retrouve un peu plus à la merci d’une OPA.

Source et article complet: Emmanuel Levy pour Marianne

2 commentaires

  • Maverick Maverick

    L’actionnariat salarié … J’ai toujours trouvé ça schizophrénique. En tant qu’actionnaire, vous allez vous virez vous-même pour avoir des dividendes et faire monter les cours ? En 2000, je bossais pour un groupe qui voulait créer des activités Internet en complément de ses métiers historiques; à l’époque c’était le gros boom de la « Net-Economie », et notre groupe et son actionnaire de référence la CGIP a voulu entrer en bourse. Evidemment, les salariés ont été invités à participer, ils avaient tous les yeux brillants à l’idée de jouer à l’IPO … Fallait voir les tronches, quand il y a eu le Krach. A tel point que la direction a tout annulé. :-)

  • FEAS

    Un adepte solitaire de la position simple fait la leçon. Il y a pourtant 10 millions d’actionnaires salariés en Europe. Fada toi-même, hé cretino !