Crash du vol Ouagadougou-Alger : Des experts soulèvent de lourdes interrogations

Puisque les questions se multiplient inlassablement, et que les réponses ne viennent pas, ou à vitesse modérée dans certains de nos médias, autant s’adresser à ceux de pays extérieurs à la France. Et les questions mettent bien en avant certaines singularités de l’affaire…

DEBRIS-1

Des experts en aéronautique font part de nombreuses autres anomalies qui expliquent en partie le crash.

En attendant les résultats de l’enquête sur le crash du vol AH 5017 au Mali, un commandant de bord d’Air Algérie, expert de la navigation aérienne ayant participé à plusieurs enquêtes sur les crashs en Algérie, soulève de lourdes interrogations sur les conditions d’affrètement d’un appareil de plus de 14 ans et apporte un éclairage sur ce qui a pu se passer 50 minutes après le décollage de l’avion. Il commence par s’interroger sur les raisons qui ont poussé la compagnie à affréter un avion de 18 ans d’âge, alors que la réglementation interdit les plus de 14 ans.

«L’appareil fait partie d’anciennes générations dotées d’équipements très limités. La compagnie possède des appareils de dernière génération qui assurent une sécurité totale, même en pleine tempête, parce que les radars permettent de scanner les cellules nuageuses et de mieux voir les tranches d’altitude. Le pilote peut anticiper sur la barrière sans aucun problème. Ce qui n’est pas le cas pour le DC9», explique notre interlocuteur. Pour lui, les contrôles techniques subis quelques jours avant en France «ne veulent rien dire» parce que «souvent, ils sont effectués par Veritas lors d’une escale de quelques heures seulement. Ils vérifient parfois les soutes, parfois les équipements, etc.

A mon avis, pour bien contrôler un appareil, il faut l’immobiliser et tester toutes ses parties jugées importantes pour sa navigabilité en mettant les moteurs en marche. Une fuite hydraulique, par exemple, ne peut être détectée que si le moteur tourne. Nous savons déjà qu’un moteur de l’appareil a été changé à Madrid il y a quelque temps».

Le commandant de bord précise que dans toutes les compagnies, les équipages sont formés selon les trajets qu’ils assurent, classés en trois catégories (A, B, C). «Pour le C par exemple, où les conditions climatologiques sont difficiles, le personnel navigant doit faire des stages de familiarisation. Or, l’équipage du vol AH 5017 n’a jamais fait Ouagadougou. Il devait aller sur Nouakchott et, à la dernière minute, il a été affecté à Ouagadougou. Nous savons tous qu’il ne s’agit pas d’un équipage permanent mais occasionnel, auquel la compagnie SwiftAir fait appel en cas de besoin. Logiquement, ses performances doivent être listées dans un CV joint au dossier d’affrètement remis à Air Algérie», explique le commandant de bord. Pour lui, l’accident est le résultat de trois facteurs : le climat, l’appareil non performant et l’équipage sous-formé.

Stage de perfectionnement

Le jeune Debaïli, le pilote d’Air Algérie qui était à bord du DC9, qui a péri lors du crash, ne voulait pas voyager à bord de l’appareil. Il a fini par embarquer parce qu’il ne voulait pas attendre encore deux semaines pour rejoindre Alger. Une fois à bord, il était excédé par l’état de l’avion. Il a envoyé un message à un de ses amis, lui disant : «Ce n’est pas un avion. C’est une mer…»
Lorsque l’appareil a pris son envol, il n’était pas loin d’un autre avion d’Air Algérie qui faisait Niamey et dont le pilote a suivi les dernières paroles du commandant du DC9. Il a d’abord demandé à la tour de contrôle malienne l’autorisation de diminuer son altitude, puis de remonter. Trois minutes après, silence radio et disparition des écrans radar.

Les avions d’Air Algérie, par exemple, sont performants. Ils peuvent prendre une altitude supérieure à 2,70 et anticiper sur les cellules orageuses avant même de les atteindre grâce aux radars qui scannent tout ce qui entoure l’appareil. Ce n’est pas le cas pour le DC9 dont les performances sont très réduites. Son moteur était vieux et ses équipements incapables de distinguer les cellules orageuses.  Il faut savoir que le couloir Ouagadougou-Alger est situé dans une zone dite du front tropical, non loin de l’Equateur, avec des tunnels qui montent très haut. C’est la même situation dans laquelle s’était retrouvé le vol d’Air France reliant Rio à Paris qui s’est crashé il y a quelque temps.

L’expert se demande si le bureau Verital a bien vérifié la navigabilité de l’appareil et si les missions d’inspection ont été effectuées avant que l’appareil ne soit affrété par Air Algérie. Pour ce qui est de l’enquête, il trouve inédite la mainmise de la France sur l’accident, alors que la réglementation internationale a bien défini (annexe 13 de l’Organisation internationale de l’aviation civile) le processus de conduite d’une enquête en cas de crash.

«Ce texte stipule clairement que la commission d’enquête doit être conduite par le pays où s’est écrasé l’appareil. Elle est composée de ce dernier, mais également du pays d’immatriculation et de l’exploitant, donc l’espagnol SwiftAir et Air Algérie, ainsi que le constructeur. Mais, la réalité est autre. Jusqu’à maintenant, c’est la France qui gère l’accident. Il est possible que faute de moyens nécessaires pour engager rapidement les recherches de l’épave et des boîtes noires, les Maliens aient pu la solliciter. Mais c’est l’Algérie ou l’Espagne qui auraient dû être sollicitées en premier parce qu’ils ont la priorité sur l’événement et ont de surcroît les moyens et l’expertise pour faire la lumière sur le crash.»

Source et article complet sur Elwatan.com

 

24 commentaires

  • vince82

    peut etre que la france a des choses a cacher ?

  • voltigeur voltigeur

    Il faudra de longs mois pour décrypter les boites noires, parait il… Le temps d’oublier..http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_negative.gif

  • charly 26400

    C’est bien Air Algérie qui sait écrasé, et pourquoi se sont les experts Français qui s’occupent de tout..????

  • SERGIOM

    Bonjour Les ME

    encore des questions sur un crash d’avion.
    pourquoi de longs moi pour lire des boites noires???? leur principal objectif (les boites noires) c’est bien de brancher une prise et de lire les données.
    donc quelque chose qui doit prendre tout au plus une journée.
    c’est comme si on enregistrait une conversation téléphonique et qu’on dise il faudra 3 mois pour comprendre ce que disent les gens !!!! ils nous prennent vraiment pour des nourrisson ou quoi ??
    bref je suis preneur de plus de connaissance si vous en avez

    • nootrope12

      Il faut beaucoup de temps pour décrypter TOUS les bruits enregistrés sur la boite du cockpit, de la touche enfoncée à l’alarme noyée dans les autres bruits, plusieurs spécialistes vont se succéder pour ça et seront vérifiés par d’autres car chaque expertise est elle-même contrôlée.
      Quand à l’autre boîte noire elle enregistre des centaines, voir des milliers de données mais ces données ne sortent pas sous forme de tableau excel…
      Sachant que si il y a des données manquantes (les boites peuvent être endommagées partiellement), chaque seconde de « trou » peut demander des heures de travail à reconstituer.
      Et comme il s’agit d’un décryptage d’ordre légal, tout est normalement survérifié, filmé, enregistré, classifié, de quoi prendre aussi beaucoup de temps.

    • The-Bastos-46

      T plutôt un lapin de 3 jours ! lol et puis tu sais c des morts français.

  • nootrope12

    « alors que la réglementation interdit les plus de 14 ans. » FAUX, c’est même n’importe quoi… l’âge moyen des appareils est de 26 ans et il n’y a pas d’âge maximum en théorie vu que les pièces sont remplacées à neuf toute la vie de l’appareil.
    « Or, l’équipage du vol AH 5017 n’a jamais fait Ouagadougou »
    FAUX, il l’avait déjà fait 5 fois.
    « il trouve inédite la mainmise de la France sur l’accident »
    Pourquoi inédite ? C’est bien les pays-bas qui expertisent le MH17 sur place et qui reçoivent les corps pour les autopsies…
    Ma question : pourquoi publier des articles basés sur des mensonges grossiers ?

    • sceptique

      la question serait plutôt: pourquoi un grand journal algérien comme El Watan publie des informations douteuses dans ses colonnes.
      La réponse pourrait être ici:
      http://www.lecontrarien.com/vol-ah-5017-dair-algerie-un-haut-grade-du-hezbollah-et-ses-gardes-parmi-les-passagers-28-07-2014-scoop
      Et puis tu sais, la France c’est le super bouc émissaire en Algérie!:)

    • engel

      Élémentaire mon cher nootrope.
      Parce qu’avant que tu n’interviennes, nous et eux(volti et benji) ne savions pas!

      Merci.

      • engel

        Ceci dit,
        Il est vrai que cette article « fleur bon » la propagande pro air-Algérie.

        « C’est pas nous, c’est la faute au vilain sous-traitant ».

      • nootrope12

        « parce qu’avant que tu n’interviennes, nous et eux(volti et benji) ne savions pas! »
        Heu ces informations sont connues depuis la semaine dernière dans les médias grands publique, le coup des 14 ans depuis que la législation existe et celui de l’inédit depuis le crash précédent… ;)

      • Les médias en général nous propose une version, j’en ai proposé une autre circulant dans d’autres médias tous aussi officiel mais issu d’un pays différent…

      • nootrope12

        C’est tout à fait louable de donner d' »autres versions », mais quel intérêt de proposer celles qui sont ouvertement mal documentées voir orientées quand on est un blog qui se bat contre la manipulation et pour la recherche de l’informations la plus juste possible ?

      • engel

        T’es dur!
        Peux-tu envisager, que ce que tu connais et donc sais. D’autres ne le sachent pas et donc l’ignorent?

        Personnellement j’en savais fichtre rien de la durée des avions commerciaux, pas plus que l’expérience des pilotes!
        C’est grave docteur?

        Au fait,
        Les ME c’est des bénévoles.
        Et au contraire des professionnelles, il n’ont pas l’omniscience des média traditionnelles,… Bouahhhhh!!!!

  • gnafron

    pourtant un vol Ougadougou-Alger, c’est entièrement
    en Afrique Occidentale Française, non ???

  • GG

    lien très intéressant qui affirme qu’il y avait à bord de l’avion une trentaine de militaires français de la DGSE qui rentraient sur Paris. «  »Among the victims of the Spanish aircraft that was leased by Air Algerie, 33 soldiers of the French army who were in Mali and Africa, and among these there are three senior officers in the French Intelligence Service, Echorouk sources said » ». Besoin de vos lumières sur ce support et cette information.
    http://www.echoroukonline.com/ara/articles/211621.html
    Revue de Presse par Pierre Jovanovic ©

    • Ah ouais, ceci expliquerait cela.
      Trente-trois membres de la DGSE, en une seule fois, sur un vol « vaporisé » ? Hum… Tiens donc.

      M’est avis que ces gars là vont ressusciter prochainement, mais pas les autres passagers.

      Mouais…

      • engel

        Où, c’est un message occulte?
        Comme le fut en son temps l’attentat de Karachi. Qui fut le fait d’une puissance étrangère au gouvernement français.
        ..Un rappel à l’ordre, en quelque sorte.

        Serait-il possible qu’une guerre souterraine passe la vitesse supérieure?

      • engel

        Mais bon,
        Entre nos ennemis, les amis de nos ennemis et nos…amis!, la France ne sera bientôt plus qu’un mot historique dans les livres d’histoires

        ..Une légende pour idéalistes!

      • sceptique

        Si vous lisez bien le post de Jovanovic sur son site, il dit en fait: une trentaine de militaires français de retour de l’OPEX au Mali, dont 3 officiers supérieurs de la DGSE.

        Mais je suis d’accord avec toi, Engel, car entre-temps, j’avais oublié ceci:
        http://bernardlugan.blogspot.fr/2014/07/libye-vers-une-intervention-etrangere.html
        Où la France risque d’être de la partie. En l’occurrence, le hezbollah et l’armée française travaillent contre un même ennemi, des groupes armés liés aux Frères musulmans, au Qatar,…