Quebec: 170 hébergements pour handicapés pourraient fermer d’ici 2015

C’est la crise, et de ce fait, les règles doivent être durcies pour justifier la fin du financement de certains institutions, c’est une règle appliquée à tous les pays à l’heure actuelle! Mais là, ce sont des handicapés, dont certains qui le sont lourdement, qui pourraient se retrouver « à la rue »!

737790-pas-moins-170-maisons-accueillentPas moins de 170 maisons qui accueillent des personnes handicapées pourraient fermer d’ici 2015 en raison des nouvelles règles de rétribution gouvernementales. Photo David Boily, archives La Presse

En un an, 11 maisons accueillant des personnes lourdement handicapées ont fermé leurs portes au Québec, car les nouvelles règles de rétribution auxquelles elles sont soumises depuis 2013 les pénalisent lourdement. Si le gouvernement ne rajuste pas le tir, pas moins de 170 autres établissements, accueillant plus de 600 patients, risquent à leur tour de mettre la clé sous la porte d’ici 2015, a appris La Presse. Une situation qui met en péril un réseau qui accueille une clientèle des plus vulnérables.

«Il n’y a pas encore eu de fermetures massives de ressources. Mais dès le 30 décembre 2015, on risque de frôler la catastrophe», reconnaît Claude Belley, directeur général de la Fédération québécoise des centres de réadaptation en déficience intellectuelle et en troubles envahissants du développement (FQCRDITED).

En 2013, après avoir obtenu le droit de se regrouper, les ressources non institutionnelles (RNI) hébergeant des personnes handicapées ont signé une entente avec le gouvernement. Leur rétribution a été modifiée. «Environ 90% des ressources gagnent plus d’argent ou autant qu’avant. Mais il reste 10% qui subissent de lourdes pertes financières», explique M. Belley.

Ces ressources accueillent surtout des personnes très lourdement handicapées ou ayant de graves troubles de comportement. «Pour elles, les pertes financières sont si importantes qu’elles envisagent de fermer», note M. Belley.

Le problème réside dans le changement de tarification de plusieurs services. Par exemple, le gouvernement ne verse plus que 30$ par jour pour les patients nécessitant une surveillance étroite, même la nuit. «Mais payer quelqu’un au salaire minimum pour surveiller la nuit coûte au moins 102$. Ça représente des pertes de plusieurs milliers de dollars par année. Ça ne fonctionne pas», reconnaît M. Belley.

Forcée de fermer

Anna Munari a géré une ressource intermédiaire à Deux-Montagnes pendant 10 ans. Elle accueillait trois ou quatre personnes lourdement handicapées. Mais devant le stress que cause la nouvelle rémunération, elle a fermé ses portes le 13 juin. «Ça me coinçait à la gorge, raconte la dame en ne pouvant réprimer un sanglot. En peu de temps, une même résidante est passée de 101$ par jour à 66$. Je n’arrivais plus. C’est difficile. Je m’ennuie. On ne peut pas tourner la page sur 10 ans comme ça.»

M. Belley affirme que jusqu’en 2015, toutes les ressources intermédiaires ont l’assurance de recevoir le même niveau de rémunération qu’avant l’entente. «Il y a une période tampon où on garantit la même rémunération qu’avant», dit-il. Il reconnaît toutefois que dans les premiers mois suivant le changement de réglementation, certains CRDI étaient confus et ont modifié la rémunération de certaines ressources. C’est ce qui pourrait expliquer en partie que 11 ressources aient déjà fermé leurs portes.

Source et fin de l’article sur Lapresse.ca

 

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