La croissance économique allemande est à l’arrêt, et personne ne remarque quoi que ce soit…

Si le fait est avéré, alors la situation est grave, mais rien de bien nouveau de toute manière puisque nous ne sommes pas censés aller vers « un monde meilleur » mais vers « les conséquences des actes présents et passés ». Et l’Allemagne, généralement présentée comme un des pilier de l’Europe voire LE pilier qui soutiendrait toute l’économie européenne (comprendre par là le pays le plus obéissant aux USA…), ne permettrait pas d’être aussi optimiste qu’on veut bien nous le faire croire…

« Une chose qui continue de me surprendre est la manière dont les marchés réagissent au ralentissement à venir de l’Allemagne », écrit Steen Jakobsen, économiste en chef de Saxo Bank, dans un email à notre rédaction. « Personne ne semble croire que l’économie allemande se ralentit, bien que le pays se soit heurté à 4 changements macro-économiques extrêmement négatifs au cours des 12 derniers mois. Le ralentissement est déjà un fait (voir le tableau de Bloomberg, ci-après) :

  1. Les réformes économiques en Chine vont rogner le volume des exportations allemandes.
  2. L’Allemagne a adopté la stratégie de l’énergie la plus chère d’Europe – le pays a échangé sa dépendance à l’énergie nucléaire contre une dépendance au gaz russe.
  3. La crise en Ukraine. Selon l’Association allemande des grossistes, du Commerce extérieur et des Services (BGA) quelque 6.200 entreprises allemandes font du commerce avec la Russie.
  4. La dévaluation à venir du yuan chinois va considérablement augmenter les importations en provenance de la Chine.

Si le passé est une indication de l’avenir, alors au cours des prochains trimestres, l’économie allemande va flirter avec une croissance zéro ».

Ce ralentissement défie déjà la logique, dit Jakobsen. «Le pays est trop dépendant de l’Asie pour accroître ses volumes d’exportation et trop dépendant de la Russie pour son énergie, deux facteurs qui pourraient entraîner une autre surprise très désagréable vers la fin 2014.

Avec 6200 entreprises allemandes actives en Russie et 300.000 emplois allemands qui dépendent des exportations vers la Russie, l’Allemagne est le 11ème marché pour les exportations russes et le 7ème pour les importations. L’Allemagne importe 70% de son énergie et plus de 25% de ce qui vient de Russie, un élément qui a affaibli de façon dramatique la position de Merkel dans les affaires internationales.

L’Europe et l’Allemagne sont en train de payer le prix pour le fait qu’elles sont déficientes sur le plan énergétique. Un sujet qui pourrait être mieux placé sur l’ordre du jour de la prochaine réunion de l’UE.

Au lieu de cela, c’est la fête de la fin de la crise. Le roi est mort, vive le roi … »

Audrey Duperron pour

http://www.express.be/business/fr/economy/la-croissance-economique-allemande-est-a-larret-et-personne-ne-remarque-quoi-que-ce-soit/205079.htm

NOTE : Voulant vérifier ce que disaient d’autres médias sur la croissance allemande 2014, j’ai pu constater que tous les articles récents proposés par nos grands médias français disent exactement le contraire : Le Monde, Le Figaro, Les Échos, et Le Parisien, dont je vous livre un extrait :

«  »L’Allemagne a de bonnes perspectives économiques dans les années à venir », a assuré le ministre de l’Economie et vice-chancelier, Sigmar Gabriel.Dans son nouveau rapport économique annuel, le gouvernement allemand indique tabler désormais sur une progression du Produit intérieur brut (PIB) de 1,8% en 2014, contre 1,7% annoncé l’automne dernier, et a livré pour la première fois une prévision de croissance pour 2015, de 2%. <btn_noimpr>

Un tel niveau de croissance marquerait une nette accélération après deux années faiblardes, avec +0,4% en 2013 et +0,7% en 2012.Les attentes de Berlin se situent désormais légèrement au-dessus de celles du Fonds monétaire international et de la Banque centrale allemande, qui tablent respectivement sur une croissance de la première économie européenne de 1,6% et 1,7%.Du côté des milieux économiques allemands, certains n’ont pas hésité à pousser plus loin l’optimisme. La puissante fédération de l’industrie (BDI), par exemple, a assuré que la croissance du pays pouvait atteindre 2% dès 2014, en assortissant bien sûr cette projection de réclamations au gouvernement d’Angela Merkel, rassemblant sociaux-démocrates et conservateurs.La croissance sera « soutenue par le marché intérieur », a souligné M. Gabriel, ce qui confirme un récent changement du paradigme qui voyait la croissance économique du pays reposer essentiellement sur ses exportations. »

Alors, qui informe ? qui baratine ? Lorsque l’on entend dans la bouche du pouvoir que « la crise est derrière nous… » on a peut-être déjà un début de réponse…. Il n’y a pas de raison que l’Allemagne fasse différemment…

Source: Les brindherbes

 

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