Le président Hollande aux Emirats avec une cohorte de patrons du CAC 40 (mise à jour)

De toute façon, on est plus à cela près…

HollandeLe président François Hollande se rend mardi à Abou Dhabi et Dubaï, une visite diplomatique mais aussi une opération séduction pour vanter le savoir faire économique et industriel français avec une cohorte impressionnante de patrons du CAC 40 accompagnant le chef de l’Etat.

On n’a pas de honte à soutenir nos entreprises, maintenant la démarche du président n’est pas commerciale et on ne vient pas pour signer tel ou tel contrat, assure-t-on à l’Elysée.

Une façon de résumer la diplomatie économique promue par François Hollande depuis son arrivée au pouvoir il y a huit mois, en opposition implicite à son prédécesseur Nicolas Sarkozy décrit en son temps par ses détracteurs en VRP de la France à l’étranger.

Paris veut être dans une démarche globale pour renforcer ses relations économiques avec les Emirats arabes unis, son premier débouché commercial dans la région, explique la présidence française.

Plus de 500 entreprises hexagonales sont implantées dans les EAU, qui représentent le 4e excédent commercial de la France dans le monde (près de 2,5 milliards d’euros). Les Emirats sont pour leur part un important investisseur en France (près de 4 mds d’euros en 2011).

Dans son déplacement, le chef de l’Etat sera accompagné de quatre ministres Laurent Fabius (Affaires étrangères), Arnaud Montebourg (Redressement productif), Delphine Batho (Ecologie), Jean-Yves Le Drian (Défense) mais le gratin du CAC 40 sera aussi du voyage.

Total, Air Liquide, Areva, Schneider Electric, EDF, Veolia environnement, Suez environnement, Club méditerranée, Accor, Caisse des dépôts, Axa, Alstom, Thales, Arianespace, la SNCF et la RATP… les fleurons de l’économie françaises ont ainsi été conviés, selon une liste non définitive.

A Abou Dhabi, capitale des Emirats et première étape du voyage, M. Hollande fera une allocution lors d’un Sommet international sur les énergies renouvelables. Il visitera les stands de sociétés françaises spécialisées dans les domaine de l’énergie et de la gestion de l’eau. Le matin il est attendu aussi sur la base militaire française de 700 hommes installée à Abou Dhabi depuis 2009.

Au programme institutionnel, des entretiens avec le président de la fédération des EAU, Khalifa Ben Zayed Al-Nahyan, et le prince héritier d’Abou Dhabi, Mohammad Ben Zayed Al-Nahyan.

A Dubaï, il rencontrera l’émir cheikh Mohammad Ben Rached Al-Maktoum, avant une conférence de presse et une rencontre avec la communauté française, la plus importante de la région forte de 18.000 ressortissants.

Parmi les gros dossiers économiques qui devraient être abordés, figure la concession de Total qui expire en 2014 et suscite des convoitises. François Hollande abordera toutes les questions d’intérêt majeur pour notre pays et la concession de Total en fait partie, a indiqué l’Elysée.

La compagnie pétrolière possède 13% de ses réserves mondiales dans les Emirats. Elle est aussi partenaire de la construction de la plus grande centrale solaire à concentration, baptisée Shams (soleil), menée par une société d’Aobu Dhabi.

Le Rafale de Dassault est également un dossier sur la table même s’il n’y a pas de signature de contrat en vue pendant la visite du président. L’avion de combat français est en compétition avec l’Eurofighter des groupes britannique BAE Systems, italien Finmeccanica et européen EADS.

La France est à la recherche également de nouvelles perspectives dans le nucléaire aux Emirats, après l’échec cuisant du consortium Areva, EDF, GDF, Suez et Total, qui s’est fait souffler en 2009 par la compagnie coréenne Kepco, la construction de 4 réacteurs (un contrat de 20 milliards de dollars).

On ne va pas refaire l’histoire. Les Coréens ont signé le contrat, bravo! mais il y aura sans doute d’autres développements dans le futur, indique-t-on de source diplomatique française.

Sur les grands dossiers internationaux, notamment la Syrie et l’Iran, France et EAU devraient confirmer leur grande proximité. A quelques kilomètres des côtes iraniennes, le rappel de la position française, favorable à des sanctions pour empêcher l’Iran d’acquérir l’arme atomique, pourrait prendre plus de force. Généralement quand vous êtes plus près, vous êtes mieux entendus, résume un diplomate français.

Source: Agence de presse via Romandie

Une mise à jour avec un autre article issu du journal en ligne Marianne cette fois:

Sous Sarkozy comme avec Hollande, le richissime émirat dispose des mêmes facilités pour racheter des pans entiers de notre économie. Que signifie l’appétit d’ogre de ce petit pays ? Pourquoi Paris lui ouvre-t-il ses portes ? Enquête.

François Hollande reçoit l'émir du Qatar, Sheikh Hamad bin Khalifa Al Thani, à l'Elysée, août 2012 - DATICHE NICOLAS/SIPA

François Hollande reçoit l’émir du Qatar, Sheikh Hamad bin Khalifa Al Thani, à l’Elysée, août 2012 – DATICHE NICOLAS/SIPA
La dépêche, stupéfiante, est tombée le 6 novembre dernier : l’ambassadeur du Qatar, Mohamed Jaham al-Kuwari, annonçait à l’Agence France-Presse que son pays avait l’intention d’investir 10 milliards d’euros dans des sociétés du CAC 40. Répondant au journaliste qui évoquait quelques rares déclarations de personnalités qui, comme Bernard-Henri Lévy, Jean-Luc Mélenchon ou Julien Dray, ont manifesté leur inquiétude sur l’influence du Qatar en France, l’ambassadeur a conclu l’interview par une formule aussi ironique qu’arrogante : «C’est quoi, le problème ?»

En effet, il n’y a, apparemment, aucun problème. Apprendre que le fonds souverain qatari va presque doubler le montant de ses participations dans le CAC 40 ne pose aucun problème au gouvernement ni à l’opposition. Organiser la Coupe du monde de football dans un pays où ce sport n’intéresse personne et va nécessiter la construction de stades munis de sols réfrigérants pour pouvoir supporter des températures à 45° C (bonjour Kyoto !), ça n’interpelle personne dans le monde du sport – pas même Michel Platini -, ni dans celui de l’écologie, surtout pas Yann Arthus-Bertrand. Coïncidence : son dernier film a été financé par des Qataris…

Savoir que des Qataris pourraient sélectionner des entrepreneurs de banlieue sur une base communautariste n’inquiète pas grand monde. Installer une annexe de Normale Sup à Doha, ville où l’on est payé 400 dollars ou 12 000 selon la couleur de sa peau, ne dérange personne, et surtout pas Monique Canto-Sperber, présidente du pôle interuniversitaire Paris Sciences et Lettres et Philosophe spécialiste de «l’éthique».

Qu’enfin la France impose à tous ses partenaires l’admission directe du Qatar au sein de la francophonie, sans passer par la case «observateur», comme l’exigeaient les usages jusqu’alors, cela n’ennuie pas grand monde non plus.

A Doha, on appelle ça le «français sonnant et trébuchant». Mais, à Paris, le silence est de rigueur. Depuis des années. On peut même dater l’origine de l’amitié franco-qatarie : le premier voyage de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, à Doha, en décembre 2005. Sarkozy s’est lié d’amitié avec le Premier ministre qatari, Hamad ben Jassem al-Thani, «HBJ» pour les intimes, au risque de mélanger les genres.

Lorsqu’il arrive à l’Elysée, Sarkozy prend l’habitude de recevoir tous les mois «HBJ». Au menu des discussions, les emplettes en France du fonds souverain Qatar Investment Authority (QIA). Selon un patron du CAC 40, «Guéant avait une liste de courses pour les Qataris. On avait l’impression que l’Elysée leur donnait à racheter la France».

C’est durant le quinquennat Sarkozy que le Qatar est entré dans le capital de plusieurs groupes du CAC 40. Le président a même donné de sa personne, en faisant pression sur le président du PSG, Sébastien Bazin, gérant du fonds Colony Capital, pour lui demander de vendre le PSG selon les conditions du Qatar. Bazin proposait aux Qataris 30 % du club de foot parisien pour 30 millions d’euros. Après l’intervention présidentielle, ils en ont récupéré 70 % pour 40 millions (ils en sont désormais propriétaires à 100 %).

Convention fiscale

Nasser al-Khelaif, président qatari du Paris Saint-Germain, en compagnie du joueur Zlatan Ibrahimovic - Jacques Brinon/AP/SIPA

Nasser al-Khelaif, président qatari du Paris Saint-Germain, en compagnie du joueur Zlatan Ibrahimovic – Jacques Brinon/AP/SIPA

Mais le sport n’est qu’une conséquence d’une orientation stratégique prise à l’Elysée. C’est sous l’ère Sarkozy que le Qatar s’est imposé – sans provoquer un quelconque débat, même au sein du gouvernement Fillon – comme un médiateur de la diplomatie française au Proche et au Moyen-Orient : intervention financière pour libérer les infirmières Bulgares en Libye (juillet 2007), aide au rapprochement entre Nicolas Sarkozy et Bachar al-Assad, puisque, avant d’aider les combattants, le Qatar était un allié solide du régime baasiste.

Et, bien sûr, plus récemment, le Qatar, seul pays arabe à le faire, a participé – financement de l’armement, formation des combattants libyens et même présence de 5 000 hommes des forces spéciales – à l’intervention militaire occidentale contre Kadhafi.

La puissance grandissante du Qatar en France semble stimulée par la faiblesse de nos responsables politiques, déboussolés par la crise mondiale et appâtés, parfois, par les largesses supposées de ce petit pays. Ami personnel de la famille de l’émir, Dominique de Villepin, aujourd’hui avocat d’affaires, a pour principal client le Qatar Luxury Group, fonds d’investissement personnel de la cheikha Mozah bint Nasser al-Missned. A droite, parmi les habitués de Doha, on trouve aussi Philippe Douste-Blazy, Rachida Dati ou Hervé Morin.

Dans les milieux diplomatiques français, cette politique du «tout-Qatar» agaçait certains, qui espéraient que François Hollande, réputé partisan d’un resserrement des liens avec l’Algérie, allait en quelque sorte «rééquilibrer» la politique française dans la région.

Certes, François Hollande s’est rendu en Algérie le 19 décembre. Mais il avait vu le Premier ministre de l’émirat, Hamad ben Jassem al-Thani, dans un palace parisien dès le début de 2012. Les deux hommes s’étaient d’ailleurs déjà rencontrés une première fois en 2006, François Hollande le recevant en tant que premier secrétaire du PS. Depuis son élection, il l’a revu à deux reprises, et a accueilli l’émir Hamad ben Khalifa al-Thani à l’Elysée, le 22 août 2012. Un traitement privilégié.

Article complet: marianne.net

19 commentaires

  • Maverick Maverick

    Président VRP … Plus ça change, plus c’est la même chose ;-)

  • rouletabille rouletabille

    F Hollande ,un représentant de commerce comme Président,il a commencer par vendre des Suppositoires et comme c’est devenus la première industrie Française il à délocaliser l’enculage qui est coté au CAC 40 vers les Pays Arabes.

  • Zangao

    Pour l’instant il traite le malien …….. gaffe à l’enculage dans le sable, ça gratte !

  • Moaa

    J’adore on nous fait tout un sketch sur l’iran et l’arme atomique alors que c’est une république (pas la meilleur ok mais une république) alors que les émirats sont une monarchie dictatoriale mais là que la Corée du sud leur construise 4 centrales nucléaires là rien…no problem…c’est aberrant!!!!

  • Tesla

    rien à voir juste pour signaler que depuis hier impossible d’accéder à wikistrike depuis une ip Française surement qui dérange avec son article sur le Mali !!!

    le comble c’est que ça marche avec des ip de pays soit disant non démocratique !!! Egypte par exemple , j’ai essayer 60 pays ça marche partout sauf pour la France !!! magnifique leçon de démocratie bananière …

  • Tesla

    pour moi toujours impossible avec ip Frenchy

  • romulus

    Delphine BATHO va t-elle « vendre » le savoir faire français ou prendre des notes?
    Là on est carrément dans l’écologie de comptoir….

  • nux nux

    hu? je comprend plus la !! arrêter moi si je me plante…

    on nous a parler (dans les médias de masse hein) des révolutions arabes dans pas mal de pays , puis en Syrie et a chaque fois dans ces pays la ,c’est l’otan qui a aider les islamistes a prendre le pouvoir , et cette fois ci ils veulent se battre contre eux ? c’est peu être (sûrement) pas des islamiste mis en place par nos amis du MON ça doit être pour sa

    • Bidule

      Ben oui, c’est ce que je dis aussi!!
      D’un côté, ils les combattent et de l’autre, ils les mettent au pouvoir…

      Quoi de plus normal??
      Y a un truc qui te choque?