Eramet : l’Etat cimente sa présence en rachetant les 26% d’Areva via le FSI

Vous vous demandez encore pourquoi en France on nous refait constamment le coup du nuage de Tchernobyl, et plus précisément avec Fukushima? Car il ne faut surtout pas discréditer en France le nucléaire qui est avant tout une histoire de gros scandales sous pour l’état. Et dernièrement, l’état a fait un gros investissement en s’investissant encore plus dans AREVA!

Les bureaux d’Areva à la Défense

Areva a confirmé vendredi la vente de ses 26% dans Eramet au FSI pour près de 800 millions d’euros, une opération qui va redresser les comptes du groupe nucléaire, tout en cimentant la présence de l’Etat dans ce fleuron minier jouant un rôle central en Nouvelle-Calédonie.

Le groupe nucléaire public a indiqué dans un communiqué qu’il avait signé avec le Fonds stratégique d’investissement (FSI) un contrat portant sur la cession de sa participation dans Eramet, au prix de 776 millions d’euros.

Areva avait déjà indiqué au début du mois s’être entendu sur la vente à ce prix de ses actions d’Eramet au fonds d’investissement public, avec lequel il était entré en négociations exclusives fin décembre. Cet accord de principe restait toutefois à formaliser juridiquement, d’où le contrat de vente signé ce vendredi.

La conclusion définitive de la transaction reste encore soumise à l’accord de l’AMF et aux feux verts nécessaires en matière de concurrence.

Le montage financier n’a par ailleurs pas été précisé. Le directeur général de la Caisse des dépôts (qui détient 51% du FSI), Augustin de Romanet, avait indiqué le 2 mars que la transaction dans Eramet serait réglée pour partie en numéraire et pour partie en titres d’entreprises cotées.

Cette cession va aider Areva à remplir son plan de cessions lancé en décembre, et qui vise à récolter au moins 1,2 milliard d’euros d’ici 2013. « Sa réalisation contribuera ainsi au financement du programme d’investissements stratégiques et de sûreté du groupe », a souligné son président Luc Oursel, cité dans le communiqué.

Ce programme de cessions fait partie du plan de restructuration « Action 2016 » dévoilé en décembre par le groupe nucléaire, afin de restaurer ses comptes plombés par la catastrophe de Fukushima et de lourdes dépréciations dans les mines d’uranium.

Areva s’était dit le 2 mars être « en bonne voie » de remplir une grande part de cet objectif dès 2012, avec plus d’un milliard d’euros de cessions d’ores et déjà engagées (y compris les 26% dans Eramet).

Et ce jeudi, le producteur d’or canadien La Mancha, filiale à 63,3% d’Areva qui vaut en Bourse plus de 400 millions d’euros, a été officiellement mis en vente.

L’Etat, via le FSI, souhaite conserver dans son giron la participation clef d’Areva dans Eramet, alors que ce dernier, spécialisé dans l’extraction du minerai de nickel, profite à plein de l’explosion de la demande de matières premières sous l’impulsion de la croissance chinoise.

En outre, Eramet exploite d’immenses gisements en Nouvelle-Calédonie, qui sont au coeur des tensions entre les Kanaks et les Calédoniens d’origine européenne, et figurent au centre des débats sur l’avenir de cet archipel ultramarin.

Selon des informations de presse, la Société minière du Sud pacifique (SMSP), dirigée par les indépendantistes de la province Nord de la Nouvelle-Calédonie, avait proposé à Areva de racheter ses parts. Mais le président de la République Nicolas Sarkozy avait assuré cet été, au cours d’une visite à Nouméa, que « la France gardera de façon certaine le contrôle du capital d’Eramet ».

Eramet, qui produit du nickel, du manganèse et des alliages, est détenu à 37% par la famille Duval, aux côtés d’Areva (26%), Carlo Tassara (13%, holding de l’homme d’affaires Romain Zaleski), et du territoire de Nouvelle-Calédonie (4%), le reste de son capital étant coté en Bourse.

Le groupe minier s’était par ailleurs entendu en 2010 sur le principe d’une entrée à son capital du Gabon, déjà actionnaire de sa filiale Comilog. Une opération qui pourrait suivre le rachat des parts d’Areva par le FSI.

Source: Boursorama

14 commentaires

  • Hilaire

    C’est un peu comme si l’état, après des dizaines de morts, rachetaient les laboratoires qui ont fabriqué le Médiator…

    Le week end dernier, des milliers de personnes se sont mobilisées dans la vallée du Rhône pour dire au gouvernement « Nous voulons sortir du nucléaire ! »… voici sa réponse !

  • pokefric pokefric

    L’être humain persiste dans la destruction à l »échelle planétaire malgré toutes les technologies non polluantes dissimulées au grand public.
    Pour se distinguer d’entre les autres,les riches de cette planète œuvrent pour le maintien de ce système .Comment accepteraient ils que le peuple puisse bénéficier de technologies quasi gratuites et non polluantes et non destructrices ?
    Il n’y aurait plus de fossé pour les mettre en valeur et pour se distinguer de la toute puissante domination celle permettant de s’enorgueillir à n’importe quel prix…….

  • fotoulavé fotoulavé

    Nous sommes manipulé par des sectes religieuses. Un petit nombre de personnes avident de pouvoir et de richesse en veulent toujours plus afin de satisfaire leur phantasmes innavouables de tordus . Leurs moyens sont tel qu’ils arrivent à retourner et corrompre ou éliminer les récalcitrants.

    Nous le savons tous ici, mais je le rappellerais autan qu’il est necessaire afin d’éliminer cette vermine et empêcher par tous moyens que de telle être puissent se reproduire.

    • Maverick Maverick

      Perso, j’espère que la Réincarnation n’existe pas et qu’il n’y a plus rien « après ». Le Néant, c’est un petit prix à payer, si tous ces #&!* s y vont aussi.

      • delaude

        Toi, le scientifique comment imagines-tu que quelque chose pourrait retourner au néant ? Une énergie quelconque peut-elle devenir « rien » ? Crois-tu que la pensée est « secrétée par le cerveau » comme le prétendaient les rationalistes dans les années 60 ?
        Mais que tu cries à la justice, ça, c’est compréhensible :  Quelle serait à ce moment le retour de bâton pour ceux qui ont accumulé les mauvais choix ?
        Trop facile ! Je fais n’importe quoi, je suis mes instincts les plus bas, je torture, je vole, je mens, je ne vis que pour ma gueule en en profitant au max, et pouf ! plus rien. C’est pour le coup que c’est pas juste !
        Le contraire de la mort, c’est la naissance. Pas la vie. La vie, elle continue !
         
         
         

      • Maverick Maverick

        J’avoue que mon nihilisme de façade est une boutade rageuse ;) Encore que. C’est vrai que ça m’énerve d’imaginer qu’un certain nombre d’individus puissent être immortels ou se réincarner.
        Pour ce qui est de la moralité, je serais tenté de répondre qu’elle est à géométrie variable :) Nous faisons ce qui nous permet d’optimiser nos chances de survie. Force est de constater que Mesrine n’a pas fait de vieux os. Rockefeller, par contre … Et pourtant aucun des deux n’était ou n’est fréquentable :)

      • delaude

        Tu poses indirectement le problème de la dualité, du bien et du mal et de notre rapport en tant qu’humain à ces deux énergies en conflit.
        C’est bien évidemment d’une immense complexité sur la quelle se sont penchés moult philosophes et religions.
        Tu seras bien obligé d’admettre que dans notre univers les deux forces en présences sont nécessaires. Dans l’évolution naturelle, la mort est nécessaire à la vie qui ne pourrait pas s’exprimer si la vie était éternelle… Tout serait figé sans évolution possible.
        Cela interroge si nous considérons que nous faisons partie de ce processus naturel de création.
        Essaye de transposer cette loi à un niveau moral ou spirituel… Si on regarde les choses sous cet angle le mal prend toute sa signification.
        Il est le pivot du libre arbitre. Sans mal, pas de choix possible en faveur du bien, pas d’évolution de conscience possible. Pourquoi ne sommes nous pas éternellement parfaits ? Quelle est la place réelle des mauvais dans cette histoire ? Et si ils étaient « nécessaires » pour nous permettre de nous positionner, donc d’évoluer vers plus de conscience ?
        A quelle place se situe à ce moment là, le jugement, la condamnation, la responsabilité ?
        Toutes réflexions passionnantes dont j’explore les pistes .. J’espère bien avoir la réponse lorsque j’aurais franchi le miroir ! Alors, le néant, flute alors ! :smile:
         

      • Maverick Maverick

        Hmm … Et si l’éternité, c’était juste maintenant ? Le problème, c’est que si passer de l’autre côté apporte toutes les réponses, on risque de trouver le temps long … Surtout vers la fin :rotfl:

  • jacques

    Incroyable, maintenant que le nucléaire est en chute libre l’état Français avec notre argent rachète des parts d’areva, il faut militer et demander un référendum, si areva doit couler qu’il coule je pense que se serait un  grand soulagement pour la population Française. Si je comprend lorsqu’il y a de l’argent à faire c’est pour le privé et lorsque ça ne rapporte plus c’est pour le public.

    • Hilaire

      Oui c’est un peu ça Jacques…

      Par contre pour ce qui est de militer… des dizaines de milliers de personnes l’ont fait le week end dernier, est -ce que ça à changé quoi que ce soit ?

  • pokefric pokefric

    Et puis je suppose qu’il y a énormément d’alternatives dans le plus grand secret évidement.

  • Maverick Maverick

    C’est un histoire de contrôler la filière industrielle (nucléaire civil ET militaire), ça n’a rien à voir avec renflouer AREVA.
    Par contre, là où ça va nous coûter des sous, c’est :
    – Quand AREVA (propriété de l’état) vendra des centrales pourries et/ou très chères, notamment à EDF (autre propriété de l’état ?). Voir les vices de construction et les dépassements de budget et de planning de l’EPR : Je suis sûr que si on fait vraiment les comptes, la centrale finlandaise on l’a construite à fonds perdus . Et celle de Flamanville, voir les défauts de construction … En tout cas, ça va faire comme avec Dassault: des marchés publics qui génèrent des bénéfices pour les actionnaires (dont certains privés) avec NOS impôts, le tout avec la caution de l’état.
    – Quand il faudra démanteler ou rénover le parc actuel, c’est sur notre facture que ça va se voir, que le nucléaire c’est pas si bon marché, finalement. Et encore; si on n’a pas notre Tchernobyl, on pourra s’estimer heureux de s’en tirer à si bon compte.

    Et pour le petit monde du nucléaire, c’est encore le meilleur moyen d’éviter que n’éclate le scandale des déchets de l’extraction et de l’enrichissement d’uranium (AREVA, ex-COGEMA). Je crois que c’est ici que j’ai trouvé le lien vers cette vidéo ? On y parle de Limoges, entre autres ?