Quand la consommation nous perd, l’ironie nous gagne…..

Quand l’humour est là pour décrypter les « entubages » généralisés sous couvert d’avancées et d’économies…..on ne peut refuser ce moment de détente lucide. Puisse t-il éclairer les consommateurs qui hésitent devant les propositions commerciales. N’hésitez plus! zappez!!  car c’est encore vous qui paierez, et avec le sourire siouplait!


Linographie de Benjamin Baret

C’est fou ce qu’on est cons! Les médias nous montrent notre esclavage. Et nous? Ben, on s’esclaffe! Que pourrait-on faire d’autre? S’indigner? Et puis après? Faisons preuve d’un peu d’auto-dérision, que diable! Rions de nos malheurs si on ne combat pas. C’est la moindre des politesses!

Si on m’avait dit un jour que je verrais une bande de jeunes se déshabiller devant une boutique afin d’obtenir deux morceaux de tissus, j’aurais ri! Et puis si en plus cette friperie s’appellerait desigual, donc inégaux littéralement, je serais MDR comme on dit. Non, je n’aurais pas cru une seconde à cette blague! Qui pourrait se prostituer pour des chiffons? Soyons sérieux, on n’est pas si cons! Et ben si.

Je m’empresse de prévenir les copains que leur blague s’est réalisée, mais un camion estampillé «free» me barre la route. D’innombrables badauds s’agglutinent autour. « Ah, c’est bien! Enfin, les gens réclament leur liberté », je me dis. Que nenni! C’est de la réclame pour un nouveau forfait beaucoup moins cher. 20 euros illimité tout compris, qu’ils disent. Quoi? Ça fait bientôt 8 ans que j’ai un forfait bloqué 1 heure par mois pour 18 euros, moi. Vous êtes en train de m’annoncer que je me fais entuber depuis tout ce temps, et en plus, je devrais vous applaudir? Laissez moi le temps de m’y faire! Et si j’accepte votre forfait, là, qui me dit que vous ne me roulerez pas encore dans la farine? La liesse populaire? Bon, ben d’accord, alors. Je résilie illico presto.
De retour au bercail, Je m’installe sagement devant la télé. Mais là, c’est le drame! Mon téléviseur ne capte plus que des chaînes italiennes! Ils diffusent une version de Titanic sans effets spéciaux sur toutes les fréquences! Ah, non, c’est l’heure des JT, et un paquebot s’est écrasé pour de vrai. Des témoins racontent ce qu’ils croyaient être leurs derniers instants. « Nous avons pris une photo de nous, pour que tout le monde sache que nous existions, au cas où l’on mourrait. ». Bilan: 5 morts confirmées et une trentaine de personnes disparues. Mais comment peut-on disparaître à 100m des côtes? Nouveau bilan: 11 morts, une vingtaine de disparus (29?). Donc on peut d’ores et déjà dire au moins 40 morts.

J’ai faim. Je n’ai plus assez d’argent pour faire le plein, afin de me rendre au supermarché le plus proche. Je me décide alors à importer mes vivres via internet. Je tape « manger ». Je tombe sur le site UFC que choisir. Et j’apprends que le chariot témoin de que choisir (on se le demande…) a augmenté de 6,8% en un an. L’inflation, quant à elle, n’est que de 2,5%. Mais où sont passés les 4 % de différences? Dans les poches des caissières? Laissez-moi rire! Aujourd’hui, on les inculpe de « récupération frauduleuse de bons d’achats tombés par terre »! Non, bon, ils sont où, alors? Ah, mais bien sûr, suis-je bête! Ils étaient dans les caisses hier! Pardonnez-moi, j’avais mal compris. Je ne savais pas que les failles spatio-temporelles existaient, scientifiquement parlant. De quoi? Elles existent tout de même, économiquement parlant? Elles s’appellent paradis fiscaux? Moi qui croyais qu’on disait trous noirs…

Vingt dieux! Ils ont réussi à m’indigner! Alors je tape « indigné » sur mon clavier. Le web me répond 5,710,000 fois. Je n’ai que l’embarras du choix! Je vadrouille sur la toile, des idées fusent contre le système bancaire. Je clique, de temps en temps, par curiosité. Et je deviens de plus en plus pourpre… Rouge de rage, pour être plus précis. Alors je fulmine, je crie, je hurle donc je pense, et puis j’ai encore faim.
Je commande une pizza à livrer. Le pizzaïolo répond à mon appel par un « domino’s pizza, je vous écoute. ». « Comme d’habitude, Francesco! » « Pâte normale ou super king size de la mort qui tue? » « Normale » « Votre demande a bien été enregistrée par nos services, nous nous excusons de ne pouvoir donner suite à votre appel » «Et merde! ».

J’ai encore faim, mais pour oublier, j’écris cet article pour changer le monde entier et universel et intersidéral.

P.S: J’avais trop faim! J’ai alors demandé à mon voisin que je ne connaissais pas de me prêter des pâtes. Ce type est trop bien!

Vous aurez bien sûr compris qu’il ne s’agit là que de foutaises abracadabrantes! Jamais je ne serais allé demander quoique ce soit à mon voisin! Il est beaucoup trop louche à mon goût…

Un article de Benjamin Baret. Son site

 

5 commentaires