Paiement sans contact: Votre téléphone va bientôt devenir votre carte bleue…

On arrête pas le progrès, toujours plus de technologie pour dépenser!. Et si on se fait voler son téléphone?

Démonstration à Nice du système de paiement sans contact, le 7 octobre 2010. BEBERT BRUNO/SIPA

Entre autres applications, la technologie «NFC» permettra de régler ses achats instantanément et à courte distance à l’aide de son téléphone portable…

A l’occasion du salon Cartes & IDentification, 20 Minutes a rencontré Thierry Koeberlé, directeur produit et marketing sur l’offre NFC proposée par Gemalto. Il apporte un éclairage sur un système de paiement et de transfert d’informations révolutionnaire, la technologie NFC (Near Field Communication –communication en champs proche), qui va bouleverser le quotidien des consommateurs d’ici fin 2013.

Qu’est-ce que la technologie NFC?

La technologie NFC a été inventée en 2005, pour permettre une communication en champs proche d’objets qui, à l’époque, étaient des cartes sans contact. Elle permet d’échanger des données entre cette carte et un terminal simplement en rapprochant les deux objets.

Où en est-on aujourd’hui?

On parle de moins en moins de cartes sans contact et de plus en plus de téléphones compatibles avec la technologie NFC. Depuis environ un an, ces téléphones arrivent: les fabricants ont massivement investi dans cette technologie. Les banques, ou les réseaux de transports en commun de type Navigo, savent qu’à partir de 2012 il y aura des téléphones mobiles dotés de cartes SIM qui permettent de payer en NFC.

Concrètement, comment pourra-t-on payer avec son téléphone portable?

Les paiements sans contacts sont déjà possibles avec une carte en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis, au Canada, en Asie… Dans ces pays, pour régler des petits achats -moins de 20 euros- on place la carte sur un terminal et la transaction se fait. Pour les paiements plus importants, il faut tout de même insérer la carte et taper son code. Avec les téléphones mobiles, ce sera la même chose mais l’utilisateur aura plus de contrôle. Pour un achat inférieur à 20 euros, il pourra payer en présentant son téléphone au terminal. Et pour les montants plus importants, ce sera le même geste, mais une application s’ouvrira automatiquement sur le téléphone pour que l’utilisateur saisisse son code confidentiel.

Que manque-t-il pour qu’en France, au quotidien, on puisse payer en NFC avec son téléphone portable?

Deux choses: des téléphones compatibles NFC et des terminaux dans les points de vente. Du côté des téléphones, à l’initiative des opérateurs, les fabricants (RIM, Samsung, etc.) ont commencé à sortir des mobiles compatibles NFC. L’année prochaine, un nombre important de ces appareils seront mis en vente. Les terminaux, eux, existent déjà en dehors de la France. Mais l’arrivée des téléphones va accélérer leur déploiement chez les commerçants français.

Selon vous, le NFC dans les usages quotidiens, c’est pour quand?

Ca dépendra des pays. A Singapour, c’est pour l’an prochain. Aux Etats-Unis dans deux ans, en France aussi, on peut l’imaginer pour fin 2013.

Quels autres usages que les paiements permet la technologie NFC?

Il y a des usages marketing, déjà. Par exemple, je me promène dans la rue, je vois un poster proposant une réduction pour un sandwich dans un fast-food. J’approche mon téléphone de la cible NFC du poster, je me rends dans ce fast-food, je présente mon téléphone au terminal et je profite de la réduction. A Nice, où cette technologie est expérimentée, des cibles NFC sont présentes aux arrêts de tram et permettent d’afficher sur le mobile le temps d’attente avant le prochain tramway. Aux Etats-Unis, on s’en sert aussi en lien avec les réseaux sociaux: si j’ai mangé dans un restaurant et que je souhaite le conseiller à mes amis sur Facebook, je peux le faire en approchant mon téléphone de la cible NFC présente dans le restaurant. On peut encore imaginer bien d’autres applications.

Propos recueillis par Nicolas Bégasse

6 commentaires