Mouvement de défiance vis-à-vis des banques françaises

L’entreprise Siemens a retiré 500 millions d’euros des banques françaises, un phénomène isolé? Non car la situation s’aggrave ce qui n’augure vraiment rien de bon! D’autres entreprises suivent le mouvement et, pour bien enfoncer le clou, les banques chinoises s’y mettent aussi. Nous vous avions parlé d’un crash économique éventuel pour octobre-novembre? Préparez-vous car pour l’instant, l’actu vient confirmer le scénario catastrophe.

Plusieurs entreprises cherchent des solutions de remplacement aux banques françaises pour placer leurs réserves d’argent.

Mouvement de défiance vis-à-vis des banques françaisesAucun mouvement d’ampleur de retrait de fonds de la part de clients n’est observé. © François Guillot, Olivier Laban-Mattei,Stéphane de Sakutin, Loic Venance / AFP

« Il faut casser la spirale des peurs. » La déclaration est du P-DG de la Société générale, Frédéric Oudéa, ce matin dans une interview au Figaro. La crise de la dette en zone euro attise les craintes sur l’équilibre des banques françaises.

Cela pousserait certains gros clients professionnels à vouloir retirer leur argent. Le nouveau propriétaire américain du site Meetic, Match.com a fait cette demande à sa filiale française, selon le fondateur du portail de rencontre, Marc Simoncini. Match.com aurait demandé par e-mail ce week-end que Meetic place son argent dans une banque américaine.

Pour l’heure, « il n’y a eu aucun transfert de fonds effectué d’une banque vers une autre », a toutefois assuré à l’AFP, mardi, le directeur général de Meetic, Philippe Chainieux. « Match.com a effectivement demandé ce week-end notre positionnement de trésorerie dans les différentes banques que nous utilisons et leurs conditions de rémunération pour comparer avec les conditions de rémunération aux États-Unis ». Seulement, « (cet examen) n’a aucun lien avec la solvabilité ou pas des banques européennes. Il ne traduit pas non plus une quelconque panique », assure-t-il.

Bank of China prend ses précautions

La Société générale a de son côté été obligée de faire face à une information du Financial Times selon laquelle le groupe allemand Siemens a retiré un demi-milliard d’euros pour les placer auprès de la Banque centrale européenne (BCE). Une source proche du dossier a néanmoins expliqué au Point.fr que cela n’avait pas de rapport avec d’éventuels doutes sur la solidité de l’établissement. Siemens, qui a créé sa propre banque, a la possibilité de placer directement son argent auprès de la Banque centrale européenne (BCE) dont le taux de rémunération peut être plus attractif que celui servi par les banques commerciales.

Plus grave pour les banques françaises, une concurrente chinoise, Bank of China, un des principaux acteurs du marché interbancaire du pays, aurait interrompu certaines opérations avec elles. Cela concerne les swaps et les opérations à terme sur les changes avec la Société générale, le Crédit agricole et la BNP, selon le quotidien économique chinois, Shiji Jingji Baodao, qui cite plusieurs courtiers. Le swap est une opération entre deux parties qui porte sur des flux financiers (monnaies, taux d’intérêt, etc.) et qui est utilisée comme moyen de protection contre les aléas de la conjoncture.

Bank of China aurait par ailleurs exclu de ses opérations de swap la banque suisse UBS, frappée par un scandale de fraude sur des opérations pour un montant de 2,3 milliards de dollars. La mesure rappelle celle prise en 2008, au plus fort de la crise financière, par plusieurs banques chinoises de suspendre leurs opérations de change avec des banques étrangères, se souvient un opérateur du marché monétaire à Shanghai, cité par l’agence Dow Jones.

Source: lepoint.fr