Les plans sociaux au plus bas depuis trois ans, mais cela ne va pas durer…

Licenciements prévus et tout les plans de sauvegarde des emplois inefficaces? Encore des galères en perspectives pour les salariés… Le pôle emploi a de beaux jours devant lui………

Des salariés manifestent contre un plan social A. JOCARD / AFP

La crise de la dette amène les entreprises à envisager des licenciements plus massifs au cours des prochains mois…

52. C’est le nombre de plans sociaux comptabilisés en juillet. Du jamais vu depuis août 2008 où la Dares avait enregistré «seulement» 42 plans de sauvegarde de l’emploi (PSE). En fait, il n’y en a jamais eu aussi peu au mois de juillet depuis les dix dernières années. En apparence la décrue des plans sociaux semble se confirmer. Au premier semestre de l’année, leur nombre (512) était en baisse de 30% par rapport au six premiers mois de 2010. Ils ont touché ainsi moins de 25.000 personnes au cours de la première période contre plus de 35.000 dans la seconde.    

Nuancer le recul des plans sociaux

Pour mémoire, le plan social, rebaptisé PSE en 2002, vise à limiter le nombre de licenciements et à faciliter le reclassement du personnel qui ne pourrait pas y échapper. Il doit être réalisé par les entreprises de plus de 50 salariés qui envisagent le licenciement d’au moins 10 salariés dans un délai de 30 jours.

Pourtant, ce recul des PSE depuis le début de l’année mérite d’être nuancé à double titre. «Certains plans sociaux sont évités car les entreprises négocient une rupture conventionnelle avec leurs salariés ou elles leur proposent des départs volontaires», souligne Pierre Ferracci, directeur de Secafi, filiale du groupe Alpha spécialisée dans l’accompagnement des comités d’entreprise.

Les entreprises aux aguets

Ensuite, la tendance de fond semble s’inverser. Une recrudescence des PSE dans les prochains mois est à craindre. Cet été, la crise financière a changé la donne. «De nombreuses entreprises qui travaillaient déjà sur des hypothèses de PSE ont noirci leur scénario. Elles planchent désormais sur des plans B ou C beaucoup plus destructeurs en termes d’emplois. Elles prévoient le pire et craignent une situation à la japonaise avec une croissance atone pour les années à venir. Depuis le fin août le degré d’incertitude chez les dirigeants atteint des sommets. C’est du jamais-vu», analyse Pierre Ferracci.

Et même si d’ordinaire avant une échéance électorale importante, une baisse très nette des plans sociaux est enregistrée pour ne pas se mettre à dos le personnel politique, bien des entreprises ne pourront pas attendre la présidentielle pour mettre en œuvre leur PSE. C’est dire la gravité de la situation.

Moral des ménages en berne, croissance atone, le secteur de la consommation pourrait être frappé de plein fouet par une vague de plans sociaux. «L’automobile et le secteur bancaire ne seront pas épargnés non plus, si la pression exercée sur les banques pousse à un mouvement de concentration ou, pire, à des défaillances de l’une d’entre elles», conclut Pierre Ferracci.

Mathieu Bruckmüller

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Un commentaire

  • yz

    si la chine pense a delocalisé certaines entreprises ( le niveau de vie et les salaires qui augmentent) c est que c est mal parti pour les emplois chez eux alors je n ose meme pas imaginé pour nous en europe
    on est mal ca c est sur
    plus dur sera la chute