Pénurie de médicaments : Les solutions de Xavier Bertrand..

Le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, a annoncé un « plan d’actions » pour obliger tous les acteurs de la chaîne du médicament, notamment les laboratoires pharmaceutiques, à respecter leurs responsabilités de « service public ». Ces derniers sont accusés de procéder à un système de quotas et de parts de marché à travers le monde entraînant une pénurie de certains traitements.

L'Afssaps dénonce plusieurs dizaines de médicaments absents fréquemment dans les pharmacies sur 13.000 SIPA

Après la pénurie de traitements anti-rétroviraux dénoncée par les pharmaciens en mars et celle des génériques, moins coûteux, la France connaissait début août une nouvelle pénurie de médicaments, concernant les produits anesthésiques. À ce moment là, le ministre de la santé, Xavier Bertrand, déjà sollicité en début d’année par les pharmaciens, avait dénoncé le système de quotas récemment mis en place par les laboratoires pharmaceutiques à travers le monde, se disant prêt à légiférer si laboratoires et grossistes ne respectaient pas leurs obligations.

Aujourd’hui, l’Afssaps dénonce, en effet, plusieurs dizaines de médicaments absents de manière récurrente dans les officines françaises, sur environ 13.000. En août, l’ex-président de la Chambre syndicale de la répartition pharmaceutique déclarait n’avoir « jamais vu autant de ruptures de stocks en quarante ans de métier » alors que des chiffres comme entre 160 et 370 médicaments manquants sur 5.300 médicaments commercialisés en France étaient avancés.

Explications. Les pays en voie de développement seraient actuellement les plus durement touchés par ce système de parts de marché mis en place au bénéfice des laboratoires et des distributeurs de médicaments. Certains observateurs du secteur affirmeraient même de manière anonyme que les laboratoires préfèrent réserver une répartition de leurs produits plus importantes à des pays où les médicaments sont vendus plus chers. Le laboratoire fabricant déciderait donc de la quantité de médicaments qu’il accorde mensuellement à chaque grossiste en fonction des parts de marché dans chaque pays.

Un « plan d’actions sans délai »

Ce jeudi, le ministre de la Santé a donc reçu les parties prenantes de la production et de la distribution des médicaments, à savoir les laboratoires industriels, les grossistes distributeurs, les syndicats de pharmaciens, ainsi que le Conseil national de l’ordre des pharmaciens et les autorités sanitaires. Il a annoncé qu’un « plan d’actions soit mis en oeuvre, sans délai, sous l’égide de la DGS (direction générale de la Santé) et de l’Afssaps ».

Ces autorités devront donc rappeler les « obligations de service public de chacun des acteurs » et mettre en place des « contrôles plus systématiques ». Elles devront aussi établir une liste de médicaments présentant un risque de pénurie « avec mise en place d’un suivi national des approvisionnements de ces produits ». Les laboratoires auront, de leur côté, à instaurer à leur frais  « un plan de gestion des pénuries ». Pour les officines, « un circuit d’information rapide facilitant le signalement par les professionnels de santé de toute rupture de stock ou difficultés d’approvisionnement » sera mis en place.

Une nouvelle réunion est prévue en octobre.

Auteur S.V

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