Israël veut calmer le jeu sans s’excuser

Suite à l’expulsion de l’ambassadeur israélien de Turquie, les tensions ne sont pas prêtes de se calmer, la Turquie voulant des excuses quand à la mort de 9 turcs lors d’un raid israélien sur un navire humanitaire. Quand à savoir ou l’escalade va s’arrêter…

http://identitejuive.com/wp-content/uploads/2010/10/turquie-israel1.jpgSource de l’image: identitejuive.com

Israël espère calmer la crise diplomatique aiguë avec la Turquie, un ancien allié stratégique, mais pas au prix d’excuses pour l’abordage sanglant d’un ferry turc par un commando de marine israélien le 31 mai 2010.

«Nous n’avons pas besoin de nous excuser pour avoir agi afin de défendre nos concitoyens, nos enfants et nos villes», a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu à l’ouverture du conseil des ministres hebdomadaire.

«Nous n’avons pas besoin de nous excuser pour nos soldats qui se sont défendus face à des attaques violentes de la part d’activistes de l’IHH (ONG humanitaire turque de tendance islamiste). Nous n’avons pas à nous excuser quand nous agissons pour stopper la contrebande d’armes destinées au Hamas, une organisation terroriste qui a déjà tiré 10.000 missiles, roquettes et obus de mortier contre nos citoyens», a plaidé M. Netanyahu. Mais ce dernier a exprimé également l’espoir de «trouver le moyen de surmonter nos divergences avec la Turquie», assurant qu’Israël «n’a jamais voulu, et continue à ne pas vouloir aujourd’hui, une dégradation de ses relations» avec Ankara. «Israël n’a aucun intérêt à une escalade avec la Turquie, bien au contraire», a affirmé de son côté à la radio publique Gilad Erdan, ministre de l’Environnement, un proche de M. Netanyahu. La Turquie a décidé d’expulser l’ambassadeur d’Israël à Ankara et de geler les relations militaires, jadis florissantes, en guise de sanctions face au refus d’Israël de présenter des excuses après le raid contre une flottille d’aide humanitaire à destination de Gaza qui avait coûté la vie à neuf Turcs.

Ankara a pris ces mesures à la suite de la publication jeudi d’un rapport d’enquête commandité par l’ONU estimant que l’armée israélienne avait eu recours à une force «excessive et déraisonnable» mais reconnaissant la légalité du blocus naval mis en place par Israël autour de Gaza. Israël, qui a adopté avec quelques «réserves» ce rapport, contrairement à la Turquie qui l’a dénoncé, a refusé de s’excuser et de lever le blocus maritime comme l’exigeait Ankara.

L’ambassadeur d’Israël en Turquie, Gaby Levy, est déjà rentré. Son homologue turc en Israël avait été rappelé l’an dernier. «Les Turcs sont à l’origine de la dégradation des relations. Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan voulait pouvoir dire à tous les pays de la région qu’il a réussi à faire céder Israël malgré un rapport de l’ONU qui nous est favorable», a affirmé le ministre chargé des Affaires stratégiques Moshé Yaalon. Un haut responsable israélien, qui a requis l’anonymat, a estimé que «la Turquie avait choisi la fuite en avant et une stratégie dangereuse qui pour le moment s’est soldée par un isolement croissant». «Personne n’a mandaté la Turquie pour assurer la liberté de circulation en Méditerranée et nous espérons que l’OTAN saura le faire comprendre à Ankara», a déclaré ce responsable à l’AFP.

Il faisait allusion au chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu, qui a prévenu que son pays «prendra toutes les précautions qu’il estime nécessaires pour la sécurité de la navigation maritime dans l’est de la Méditerranée». Le ministre n’en a pas dit davantage, mais de source proche du gouvernement d’Ankara, on précise que la marine turque a reçu l’ordre d’être «plus active et vigilante» en Méditerranée orientale. Le responsable israélien a également dénoncé la «stratégie néo-ottomane» suivie par M. Erdogan qui vise à réimposer une hégémonie turque sur une partie de la région.
«Il est vraiment dommage que la Turquie ne comprenne pas qu’Israël est un pays ami et sûr», a-t-il également déploré.

La Ligue arabe soutient Ankara et critique le rapport de l’ONU

La Ligue arabe a critiqué dimanche le rapport de l’ONU sur le raid meurtrier de la marine israélienne contre une flottille internationale qui tentait de briser le blocus de Gaza le 31 mai 2010, et apporté son soutien à la position d’Ankara qui veut saisir la CIJ.
«Je suis étonné qu’un tel rapport ait été publié par l’ONU», a déclaré le secrétaire général de l’organisation panarabe, Nabil al-Arabi, lors d’une conférence de presse. La commission d’enquête «n’a pas examiné si le blocus de Gaza était légitime ou pas, mais a axé son travail sur le droit maritime international», a-t-il relevé.
M. Arabi a ajouté qu’il s’était entretenu avec le chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu, et a «appelé tous les pays arabes à soutenir la démarche turque» visant à saisir la Cour internationale de Justice (CIJ) de La Haye.
Le rapport d’enquête commandité par l’ONU, rendu public jeudi, considère que l’armée israélienne a eu recours à une force «excessive et déraisonnable» lors du raid qui a coûté la vie à neuf passagers turcs, mais juge légal le blocus naval imposé par Israël contre la bande de Gaza.
Après la publication du rapport, la Turquie a décidé d’expulser l’ambassadeur d’Israël à Ankara et de geler les relations militaires, pour protester contre le refus d’Israël de présenter des excuses.

Source: lematin.ma

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