Comment la guerre en Ukraine annonce-t-elle la fin du réflexe patriotique et la révolte de la chair à canon.

À y regarder de plus près, il n’y a (presque) jamais eu de «bonne» guerre. Même sous l’Ancien Régime où les êtres et les idées n’étaient, certes, pas aussi pourris qu’aujourd’hui, les peuples se laissaient parfois manipuler. Ainsi, quand le Cardinal Richelieu pour lutter contre les Habsbourg, n’hésitât pas à trahir l’Église et à faire des alliances avec les protestants Suédois, voire avec les turcs musulmans (Empire Ottoman), personne n’aurait alors songé à trouver des excuses à l’ennemi et à refuser le combat. Les méchants, c’était les Habsbourg, et tant pis s’ils étaient catholiques ! Il en a, bien évidemment, été de même lors des deux dernières guerres mondiales.

C’est que jusqu’alors, le futur combattant pouvait toujours se raccrocher à un dénominateur commun avec ses frères d’armes ou avec la nation qu’il devait défendre. Lorsque les opinions religieuses ou politiques divergeaient, il demeurait néanmoins l’appartenance au groupe ou à l’ethnie. Il restait toujours un lien, une odeur du terroir commun à partir duquel le réflexe patriotique pouvait s’enclencher, un lien à partir duquel l’union sacrée renaissait toujours de ses cendres quand la nation était en péril.

Or aujourd’hui cette union sacrée ne fonctionne plus. Pensons, pour ne citer qu’un exemple, aux désertions massives des Ukrainiens ! Pensons aussi aux sondages qui, quand ils ne sont pas truqués, montre clairement que personne n’envisage sérieusement non seulement d’aller se faire tuer pour porter secours à d’autres nations, mais qui plus est, n’envisage même pas de se battre pour défendre son propre pays.

Est-ce surprenant ? Sommes-nous tous devenus des traîtres et des lâches ? Non, bien sûr que non. Cela est le résultat logique et naturel de décennies de mélange forcé des ethnies et des religions, chose qui, comme nous le savons, est le fruit de deux siècles de dominance maçonnique en occident.

Cependant, ce que les francs-maçons, semble-t-il, n’avaient pas prévu, c’est que le succès de leur entreprise de nivellement universel des idées et des êtres à l’intérieur des nations, pourrait un jour se retourner contre eux. Le succès de l’indifférenciation « pour tous » qu’ils ont imposée au monde (ce qu’ils ont réussi à faire au niveau des pays mais pas au niveau de l’individu), étouffe dans l’œuf chez le citoyen tout désir de se transformer docilement en chair à canon. Aller se faire tuer sur le champ de bataille pour sauver sa nation? Mais pourquoi ? Pour quelle cause ? Et de quelle nation s’agit-il ?

La réalité, en effet, est qu’il n’y a plus de nation. Dorénavant, ce qui les remplace, ce sont des espaces circonscrits, remplis de mosaïques de cultures fragmentées et individualisées que je définirais comme « fourre-tout culturel ». Ainsi, si nous prenons au hasard un échantillon de dix personnes marchant dans les rues d’une ville occidentale, nous allons non seulement trouver un athée, un catho, un protestant, un musulman, un bouddhiste, un hétéro, une hétéro, un homosexuel, une homosexuelle, un socialo (bref, pas deux qui soient pareilles), mais pour couronner le tout, nous nous apercevrons aussi que ces personnes sont issues de groupes ethniques différents. Eh oui, la disparition des nations entraine ipso facto la disparition du désir de mourir pour elles. Il fallait quand un peu s’y attendre, non?

Cependant, si pour toute personne saine d’esprit, donner sa vie dans le cadre d’une guerre engageant deux pays n’a désormais plus aucun sens, en revanche, l’être humain sera toujours capable de se sacrifier pour la vérité. Il y aura toujours des saints et des héros. Ainsi, les (vrais) prochains conflits ne verront pas des nations s’affronter entre elles, mais se cristalliseront dans d’atroces guerres civiles.

Dans ce triste tableau, un point, cependant, reste positif. C’est que la fin de la croyance des grandes masses quant à la nécessité de se transformer en chair à canon pour sauver leurs pays, signe aussi la fin d’un levier essentiel d’abrutissement des populations (par détournement de l’attention) qu’avaient jusqu’alors les mafias financières et politiques qui depuis le coup d’état jacobin, dirigent le monde. Je rappelle, au passage, que la vraie raison du timing du déclenchement de la guerre en Ukraine, était de nous faire oublier de demander des comptes aux instigateurs de la dictature de l’hygiène et d’exiger qu’ils soient punis (Voir à ce sujet mon essai: l’instrumentalisation du corona »).

Oui, nous vivons l’époque de la révolte des chairs à canon. L’homme occidental, bien qu’abruti par l’océan de manipulation et de désinformation médiatique dans lequel il baigne en permanence, a néanmoins compris que mourir pour une nation qui n’existe plus équivaut, dorénavant, dans le meilleur des cas à mourir pour rien, et dans le pire, à mourir pour enrichir les marchands d’armes ou encore pour faire perdurer les mafias apatrides au pouvoir, qui transcendent les pays et les époques.

Cela, bien évidemment inquiète le système qui ne voudrait pas que nous devenions trop intelligents. C’est pourquoi, il commence à nous envoyer certains de ses serviles «toutous», comme récemment le Général Mandon, pour nous expliquer que: «ce n’est pas gentil les petits, de refuser de vous faire tuer pour Zelensky».

Jean-Pierre Aussant

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A propos Jean-Pierre Aussant

Auteur des essais "le complot inconscient" (génocide participatif du sexe masculin), "l'instrumentalisation du corona" (objectifs civilisationnels et anthropologiques à long terme) et de "vomis thérapeutiques". Jean-Pierre Aussant publie en outre dans diverses revues en France et en Allemagne.

2 Commentaires

  1. « Oui, nous vivons l’époque de la révolte des chairs à canon.  »

    Oh bah bien sur, le covid l’a largement démontré. La plupart des gens ne paniquent pas dès qu’ils ont peur de perdre le peu qu’ils ont, et ne vont pas du tout se faire triple vacciner, juste pour pouvoir partir en vacances, ou aller boire un café debout dans un bar…

    Ce défaut de prendre ses désirs pour la réalité semble de plus en plus répandu… Les français sont des crocodiles, une grande gueule, des petites pattes.

    Ah bien sur, ils vont râler, se plaindre, brailler, menacer, parler de révolution, de ressortir les guillotines, et puis, moyennant un peu de coercition musclée, ils feront comme les gilets jaunes…

  2. « aux désertions massives des Ukrainiens »
    Pour moi, la définition de la chair à canon est le fait de s’engager dans une guerre qui est perdue d’avance, et avec des dirigeants qui se foutent de leurs soldats, des commandants qui fuient devant l’adversaire, ce qui signifie que les soldats ne reçoivent pas de soutien, et qui plus est, qu’ils reçoivent du mépris. Je ne crois pas que, au départ, les Ukrainiens ne soient pas patriotiques. Mais devant ce mépris, cette guerre fratricide, ce manque de soutien et de moyens pendant que d’autres se goinfrent, le fait aussi de se faire ramasser dans la rue avec une brutalité sans nom, tout cela ne donne vraiment pas envie d’aller au front.

    Pour ce qui est de la France, je suis tout à fait d’accord: le mélange des populations, volontairement orchestré, ainsi que, là encore, le mépris de la classe dirigeante pour les Français, la volonté de faire s’écrouler notre monde (l’école, la famille, l’hôpital …) bref, la Nation, ne peut qu’éteindre la fibre patriotique. Pendant ce temps, on apprend aux gamins « Aux armes citoyens », un appel à la violence au lieu de faire un appel à la beauté du pays, à sa force, à son énergie, que sais-je …

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