Saviez-vous que votre aspirateur robot peut vous espionner ?

L’époque de l’aspirateur traditionnel est presque révolue, ce sont de nouveaux appareils électroniques qui font le travail et qui remplacent les balais et les traîneaux. Les robots aspirateurs se font de plus en plus de place dans les foyers des français, ils sont intelligents, détectent les obstacles et font le nettoyage de manière autonome. 

Faire le ménage à votre place, cela semble beau et pratique. Les promesses des constructeurs semblent séduire les clients. Il suffit de programmer votre aspirateur robot et le laisser s’occuper de la tâche sans votre présence. Après avoir terminé, il retourne tout seul à son socle pour se brancher à sa station de charge. 

Seulement voilà, derrière ces beaux messages publicitaires se cache un business très juteux et ignoré par le grand public. Il s’agit du business des données personnelles des propriétaires des aspirateurs robots. 

Un aspirateur ne ramasse pas que de la poussière :

Concrètement, ces appareils sont dotés de capteurs intelligents qui leur permettent d’éviter tous les types d’obstacle et par le même, mémoriser le plan de la maison pour soit disant s’adapter à leur environnement et s’améliorer constamment. Sauf que votre plan de maison représente une excellente opportunité commerciale, il est un vendu aux annonceurs. 

Le dernier scandale est celui de la firme iRobot, la marque a annoncé vouloir vendre les données personnelles de ses utilisateurs qui comportent les plans de maisons, et ce, à des clients comme Google, Amazon et Apple. 

Ces firmes peuvent être intéressées au vu qu’ils font beaucoup d’investissement dans la collecte des données personnelles d’intérieur de maisons dans le but de performer leur assistants connectés, à l’exemple de Amazon Echo, HomePod ou encore Google Home. D’ailleurs, l’iRobot est désormais compatible avec Alexa, le système de reconnaissance vocale développé par Amazon.

Les aspirateurs Roomba de iRobot ne sont pas tous concernés par ce scandale, ce sont les modèles de la série 900 comme les Roomba 980 qui sont capables de cartographier l’agencement de votre maison. 

Des aspirateurs qui savent mieux que vous, l’agencement de votre maison : 

Les aspirateurs iRobots 900 sont équipés de caméras 360° qui recueillent le schéma de votre foyer et qui dressent des cartes précises de chaque maison ou appartement. Ils savent par exemple ou se trouvent la salle de bain, la cuisine, la chambre à coucher ou autres. Avec ses informations, la firme dispose d’une grande connaissance des plans d’intérieur de chaque lieu et ambitionne de devenir une référence pour tous les objets connectés maison. 

Dans les conditions d’utilisation, il est bien indiqué que la marque a le droit de partager les données personnelles de ses utilisateurs avec des tiers, et ce, que ce soit des filiales du groupe ou bien des annonceurs externes. Après la publication de plusieurs articles sur les médias au sujet de ce scandale, la marque a réagi en annonçant que :

« IRobot ne vend pas de données car nos clients sont pour nous une priorité. Nous n’abuserons jamais de leur confiance en vendant ou violant des données liées au client, y compris les données collectées par nos produits connectés. À l’heure actuelle, les données recueillies par Roomba lui permettent de nettoyer efficacement la maison et de fournir aux clients des informations sur les performances de nettoyage. IRobot est convaincu qu’à l’avenir, ces informations pourraient fournir encore plus de valeur à nos clients en permettant à la maison intelligente et à ses périphériques de fonctionner mieux, mais toujours avec leur consentement explicite. »

Colin Angle, Chairman & Chief Executive Officer iRobot

De la prise de conscience à la réglementation : 

Aujourd’hui, les objets connectés sont de plus en plus présents dans les foyers, selon l’institut de l’audiovisuel et des télécommunications en Europe. Il existe près de 15 millions d’objets connectées à travers le monde. Un chiffre impressionnant qui reflète l’engouement que retrouvent les Wearlables auprès des utilisateurs. 

Il faut savoir se protéger contre ses objets, et ce, en essayant de fournir le moins d’informations possibles lors d’un achat d’un objet connecté. Il est recommandé d’utiliser un pseudonym et de ne pas indiquer les données relatives à la santé. Il faut prendre conscience que ces données peuvent être partagées à tout moment.

En France, il existe un organisme qui veille à la sécurité des données personnelles, il s’agit de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL). D’un point de vue légal, chaque entreprise se doit d’informer cet organisme de la nature de la récupération des données personnes.

En somme, la réglementation en vigueur doit être durcie et les grandes instances doivent donner plus d’importance au sujet de la protection des données personnelles afin d’éviter de futurs scandales. 

Mehdi

6 commentaires

Laisser un commentaire