Poutine : Les gardes-côtes russes ont accompli leur devoir à Kertch …

Vous pouvez voir l’article de l’Express qui titre : Loi martiale en Ukraine: les soldats creusent des tranchées. Partagez! Volti

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Christelle Néant pour Donbass-Insider

Le président russe, Vladimir Poutine a qualifié l’incident qui a eu lieu dans le détroit de Kertch de provocation organisée à la veille des élections en Ukraine, exprimé son soutien au travail des gardes-côtes et souligné une fois de plus le double standard de l’Occident qui tolère tout et n’importe quoi de la part de l’Ukraine.

Vladimir Poutine s’est exprimé à ce sujet alors qu’il assistait au forum d’investissement « La Russie appelle », qui se déroule actuellement à Moscou.

« Pour ce qui est de l’incident de la mer Noire, c’est une provocation, bien sûr. Une provocation, organisée par le gouvernement, je pense, et le président actuel à la veille des élections présidentielles en Ukraine en mars prochain. La cote de l’actuel président est quelque part en cinquième position, il a de bonnes chances de ne même pas arriver au deuxième tour, alors il faut faire quelque chose pour aggraver la situation et créer des obstacles insurmontables pour ses concurrents, principalement ceux de l’opposition, » a déclaré le président de la fédération de Russie.

Vladimir Poutine a aussi souligné que depuis quatre ans, l’Ukraine a eu bien d’autres occasions plus sérieuses de déclarer la loi martiale, qu’elle n’a pas saisies. Ainsi lorsque la Crimée a décidé de retourner au sein de la Russie, ou lorsque Kiev a envoyé son armée dans le Donbass bombarder la population, l’Ukraine n’a pas déclaré la loi martiale. Pourtant l’utilisation de chars d’assaut, d’artillerie lourde et même des avions de combat, et donc d’un état de guerre de fait, aurait largement justifié une telle décision.

Pour le président russe, décréter la loi martiale suite à un incident aussi mineur que celui qui a eu lieu il y a quelques jours montre clairement qu’il s’agit d’une manœuvre électorale, cet incident n’étant qu’une excuse bidon pour essayer de reprendre la main sur les élections à venir en éliminant l’opposition.

Il a d’ailleurs rappelé qu’en septembre 2018, d’autres navires de guerre ukrainiens avaient franchi le détroit de Kertch sans encombre, en se pliant aux accords existants et aux requêtes des gardes-côtes, après avoir demandé l’aide d’un pilote russe pour manœuvrer dans le détroit.

« Ils ont totalement respecté tous les accords et les exigences. Ils ont communiqué qui ils étaient, combien ils étaient, où ils allaient. Nous leur avons fourni un pilote et les avons calmement accompagnés jusqu’à leur destination en mer d’Azov », a précisé Vladimir Poutine.

Mais le 25 novembre, les navires ukrainiens ont refusé d’obéir aux requêtes des gardes-côtes et de suivre les règles de passage dans le détroit. Et c’est là toute la différence qui explique ce qui s’est passé alors, et la réaction des gardes-côtes russes.

Soutien aux gardes-côtes russes

Le président de la fédération de Russie a d’ailleurs tenu à soutenir les actions prises par les gardes-côtes pour capturer les navires ukrainiens récalcitrants, en déclarant qu’ils avaient simplement accompli leur devoir.

« Et comment les gardes-côtes auraient-ils dû agir ? Des navires militaires avaient envahi les eaux territoriales de la fédération de Russie, ne répondaient pas, et ce qu’ils allaient faire n’était pas clair. Comment auraient-ils dû agir ? S’ils avaient agi différemment, ils auraient dû être traînés en justice ! Mais ils ont accompli leur devoir, leurs ordres en fait, ils ont rempli leurs fonctions légales de protéger l’intégrité territoriale de la fédération de Russie, » a ajouté le président.

Vladimir Poutine a rappelé que le 25 novembre, les navires militaires ukrainiens n’ont pas obéi aux ordres des gardes-côtes, sont entrée dans les eaux territoriales qui ont toujours été russes, même avant la réintégration de la Crimée au sein de la fédération de Russie, qu’ils se sont ensuite dirigés vers le pont qui enjambe le détroit tout en ne répondant pas aux appels des gardes-côtes, qu’ils n’ont pas plus répondu à la proposition de s’arrêter dans la zone d’ancrage et de prendre un pilote russe pour le passage.

« Même après la violation de notre frontière, nous leur avons quand même proposé de prendre un pilote. Silence. Pas de réponse, » a souligné le chef de l’État.

Vladimir Poutine a aussi mis l’accent sur la présence de deux agents du SBU parmi les membres d’équipages de ces navires ukrainiens. Pour le président russe, ils étaient là pour diriger cette provocation et leur présence indique clairement que cette dernière était préparée à l’avance, comme le prouvent d’ailleurs les ordres trouvés à bord des navires, et divulgués par le FSB, leur enjoignant d’approcher secrètement du détroit de Kertch avant de le franchir.

Voir le document (en ukrainien)

Pour dire les choses clairement ces ordres leur enjoignaient d’enfreindre la procédure réglementaire de franchissement du détroit, qu’ils connaissaient pourtant, comme le prouve un autre papier trouvé sur les navires ukrainiens, et qui détaille la dite procédure.

Voir le document (en ukrainien)

Double standard de l’Occident envers Kiev et russophobie

Vladimir Poutine a aussi tenu à souligner que l’Ukraine n’a plus que de la russophobie à vendre, et que l’Occident continue d’acquiescer à tous les caprices de Kiev, même lorsqu’ils sont criminels.

« Parfois je vois de manière étrange, même si je suis déjà habitué à beaucoup de choses, que les autorités actuelles de Kiev vendent avec succès leurs sentiments antirusses. Elles n’ont plus rien d’autre à vendre. Il semble que quoi qu’elles fassent, elles s’en tirent à bon compte », a déclaré le président russe, avant d’ajouter sur le ton de la plaisanterie que si les autorités de Kiev « demandaient aujourd’hui des bébés pour le petit-déjeuner, on les leur servirait probablement, et on dirait qu’ils ont faim et qu’on ne peut rien y faire. »

Pour le président de la fédération de Russie, une telle politique à court terme ne mènera à rien de bon, car cela dégage les dirigeants ukrainiens de toute responsabilité, et ne les encourage pas à mener une vraie politique permettant de faire avancer le pays.

« Ils ont des problèmes avec l’économie, dans le domaine social, des difficultés avec les finances, ils ont constamment la main tendue, mendiant l’argent du Fonds Monétaire International. Mais les générations futures devront rembourser, » a souligné Vladimir Poutine.

Le président russe a aussi rappelé que l’Ukraine est aussi incapable d’entretenir de bonnes relations avec ses voisins, et a dit espérer que le peuple ukrainien va évaluer les autorités actuelles à leur juste valeur et que la situation reviendra à la normale.

« Cette mousse politique va retomber, s’apaiser, et le peuple ukrainien évaluera les dirigeants actuels, comme le peuple géorgien a évalué les activités de Saakachvili, » a déclaré Vladimir Poutine.

« Quant aux perspectives à long terme, quelles que soient les personnes au pouvoir à Kiev aujourd’hui, les peuples russe et ukrainien ont toujours été et resteront à jamais des peuples fraternels et très proches », a-t-il conclu.

On ne peut que souhaiter que le président de la fédération de Russie ait raison.

Christelle Néant

Voir aussi l’analyse d’Erwan Castel

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