Un problème européen à 46 trillions d’euros ! Par Bruno Bertez

goldcore_chart2_08-06-15EXTRAITS : « Le vrai problème européen, celui auquel Draghi répond, ce n’est ni la croissance, ni la déflation, non, cela c’est pour le public ; le vrai problème auquel Draghi répond, c’est la taille du système bancaire de l’Union, taille incroyable de 46 trillions. Vous avez bien lu, 46 trillions. Le leverage européen malgré tout ce que l’on dit est encore de 26X ! A ce niveau quasi criminel à l’égard du public et des contribuables, une baisse de 5% de la valeur des assets détenus par les banques, si elle est comptabilisée, balaie, fait disparaitre toute solvabilité. Or avec les taux zéro, les NIRP et les autres artifices, les assets financiers globaux sont surévalués de 40% au moins ! Les 46 trillions ne résisteraient pas à une mise en risk-off un tant soit peu prolongée.

Le bilan de la BCE même inflaté par les QE n’est pas à la hauteur des problèmes, il ne joue pas dans la même catégorie de poids. En fait les banques européennes sont mondiales, mais avec une assise régionale, voilà le fond du problème. Et vos gouvernements auront beau vous serrer la gorge, vous faire rendre jusqu’au dernier centime des gains des 30 glorieuses, cela ne changera rien, ce n’est pas à la hauteur des problèmes.

Le problème est structurel, historique, c’est celui du développement inégal.

Les politiques aussi bien fiscales que monétaires ou financières ne peuvent rien, absolument rien sauf gagner du temps ; rien ne peut retourner la situation. Plus vous baissez les taux, plus vous les rendez négatifs et plus les pays émettent, plus ils s’endettent, plus ils se lestent. Ils se plombent.

Ce sont maintenant les emprunts souverains détenus par les systèmes bancaires domestiques qui sont irrécouvrables et qui en fait ne valent pas leur nominal ! Depuis 2012, les ratios de dettes des pays européens fragiles ne cessent d’augmenter alors que l’on épuisé la mine de l’austérité et que l’on est en train d’épuiser celle de l’inflationnisme monétaire.

Nous sommes grâce à Draghi dans un cercle vicieux : des pays en faillite émettent des emprunts achetés par des banques elle-même en faillite, lesquels emprunts servent de collatéral aussi bien pour obtenir de l’argent des Banques Centrales que des confrères du système bancaire ou shadow. Ce cercle vicieux pourrit tout. Il est le support de positions colossales, historiques, en dérivés, ce qui rend la situation systémique.

Les solutions de la BCE sont imaginaires, alors que les problèmes sont réels et sachez que dans le cadre de la situation mondiale qui se caractérise par la dissymétrie et la non transparence, les TBTF, les grandes banques mondiales, elles, elles savent tout cela.

Pour l’instant le cartel tient.
Alors que la mine de l’austérité est épuisée, que les sociétés sont fatiguées et que cela se ressent par la dislocation politique, les ratios de dettes n’ont pas baissé, ils ont continué de progresser. Un peu plus doucement… ».

 

Trouvé sur Le blog à Lupus