Politique Friction : De « Vive les crises » à « Vive les attentats » par Bruno Bertez…

Merci à Bruno Berthez alias Lupus pour cet excellent article. Regardez dans la série « t’es viré » après Philippe Verdier, c’est au tour de Thomas Guénolé d’être viré d’RMC.

Marx disait, « l’homme est la carcasse du temps » ; si vous n’aimez pas Marx, il y a plus clair et plus dur de Baudrillard : « l’homme devient l’excrément du temps ». Les hommes dans le système en cours de finition est un résidu concret et c’est pour cela qu’en compensation on monte en épingle sa dérivée abstraite l’humanisme, le droit de l’hommisme, bref toutes ces escroqueries qui permettent de faire l’horreur avec bonne conscience.

Bruno Bertez Le 22/11/2015

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Philippe de Villiers Le 20/11/2015 Le Figaro

Vous connaissez notre paradoxe favori, il se formule «  Vive les crises ». Plus les responsables échouent dans la conduite des affaires, plus la Bourse monte. Encore cette semaine, la Bourse a monté fortement parce que Draghi a reconnu que cela allait mal et qu’il fallait augmenter les doses de médicaments.

Eh bien c’est la même chose en matière de cote politique, plus ils sont responsables de catastrophes, plus ils échouent dans leur mission de protéger les Français, plus leur popularité augmente !

L’important pour ce que l’on appelle l’Opinion n’est pas le réel, mais la gestion des événements par le discours. Et cela est de plus en plus clair au fil du temps. Ce qui est « hard », les faits, comptent de moins en moins, le « soft », la parole prennent de plus en plus d’importance.

Le tout est de se montrer, de trouver les mots justes, les mots et les mimiques qui correspondent à ce que le public attend. Et ce que le public attend, on le sait, les publicitaires connaissent cela par cœur, ils font des études en profondeur sur ce sujet , et même des études fondamentales, radicales qui sont inspirées et vivifiées par les neuro-sciences. La Communication ne consiste pas à exposer une vérité ou des faits, elle consiste à concevoir et faire passer un message qui se définit de la façon suivante : « Qu’est-ce que je peux bien dire qui corresponde à ce qu’ils ont envie d’entendre et qui leur fera penser ce que je veux qu’ils pensent. »

Bruno Bertez Le 22/11/2015

Pareil phénomène en dit long sur le bon sens de la population, sur son état névrotique, sur ses pertes du sens de réalité ; sur sa conscience politique et encore plus long sur sa capacité à interpréter correctement ce qui se passe. Ce qui disparaît et on n’y prend pas garde, car c’est une conséquence de long terme, c’est la vraie, l’authentique capacité à s’adapter au monde. Et sans capacité d’adaptation, on devient dépendant des autres ou on disparaît. Ainsi s’explique le déclin du pays.

Cela en dit long aussi sur l’art des Communicants qui ont le secret de retourner une chose en son contraire, de faire prendre des vessies pour des lanternes et de berner. Les Communicants sont les ennemis de la démocratie authentique car ils empêchent les sanctions de se former. La sélection des élites d’être plus efficace.

Nous l’avons dit il y a peu, le langage politique reprend exactement les ficelles, les canevas, les inversions du langage de la publicité. Métaphores, métonymies, inversions, les parties pour le tout, la négation de la logique des causes et des effets et son remplacement par la juxtaposition. Il s’agit de neutraliser l’intelligence, de favoriser l’émotionnel et bien sûr, d’oblitérer le jugement pour faire passer, sous forme d’évidence, le message que l’on veut faire passer.

C’est un Système qui marche sur la tête, il finit par être un véritable gaspillage car l’Opinion devient une sorte d’auberge espagnole ou on retrouve que ce que l’on y met. Cette forme de démocratie directe au jour le jour que constituent les sondages ne nous sert plus à rien, elle aussi a été détruite.

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La contrepartie de ces techniques est qu’elles ne signifient rien, elles donnent des résultats éphémères elles n’entrainent aucune adhésion profonde, utilisable pour gouverner. On ne peut rien construire dessus. C’est du sable, du vent. Mais cela élimine les personnels politiques et les élites attardées qui n’y recourent pas.  Les Michel Debré d’antan, les Chevènement, les Barre, les Asselineau, les Dupont-Aignant, les Cheminade… Les philosophes anars de droite ne comprennent pas pourquoi des gens comme BHL tiennent le haut du pavé alors que eux, sont vilipendés et honnis, c’est tout simplement parce que BHL, lui, a tout compris et eux rien.

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Source:  Leblogalupus.com relayé par Crashdebug et Les-Brins-d’Herbe

Pour aller plus loin..

Pour approfondir les rouages du libre arbitre et du consentement, un bon article:

10 commentaires

  • criminalita

    Pour BHL sa visibilité se comprend, tous ces copains sionistes sont aux commandes des merdias.

  • bonjour
    ze ne trouve plus de qualificatifs pour ce genre de situation … ze disais « des veaux » citation de Monsieur « Charles De Gaule »… un Mouton m’a demandé de ne pas « insulter  »
    Z’ai répondu qu’un veau c’était gentil … pas envie d’insulter.. ni de diviser….bon ze vais faire ma vaisselle du matin….moment de méditation important… bin oui z’ai pas de lave vaisselle

    VIVE LE BEAUJOLIPIF, LA BAGUETTE, ET LE CLACOS » n’en déplaise à l’autre entartré ..

  • Dubitatif

    un second écrivain accuse LAND DOUILLE
    lundi 23 novembre 2015
    Monsieur Hollande, vous êtes tombé dans le piège ! Comme Bush, vous rendez le monde moins sûr !

    L’écrivain et historien belge David Van Reybrouck considère que François Hollande est tombé dans le piège des terroristes. « Vous avez accepté leur invitation au djihad avec enthousiasme. Mais cette réponse, que vous avez voulue ferme, fait courir le risque monstrueux d’accélérer encore la spirale de la violence. Je ne la trouve pas judicieuse. »

    Monsieur le Président,

    Le choix extraordinairement irréfléchi de la terminologie que vous avez utilisée dans votre discours du samedi après-midi, où vous répétiez qu’il s’agissait d’un « crime de guerre » perpétré par « une armée terroriste » m’a interpellé. Vous avez dit littéralement :

    « Ce qui s’est produit hier à Paris et à Saint-Denis près du Stade de France, est un acte de guerre, et face à la guerre, le pays doit prendre les décisions appropriées. C’est un acte de guerre qui a été commis par une armée terroriste, Daech, une armée de terroristes, contre la France, contre les valeurs que nous défendons partout dans le monde, contre ce que nous sommes, un pays libre qui parle à l’ensemble de la planète. C’est un acte de guerre qui a été préparé, organisé, planifié de l’extérieur et avec des complicités intérieures que l’enquête fera découvrir. C’est un acte de barbarie absolue. »

    Si je souscris pleinement à la dernière phrase, force est de constater que le reste de votre discours est la répétition angoissante et presque mot à mot de celui que GW Bush a tenu devant le Congrès américain peu après les attentats du 11 septembre : « Des ennemis de la liberté ont commis un acte de guerre contre notre pays. »

    Les conséquences de ces paroles historiques sont connues. Un chef d’État qui qualifie un événement d’acte de guerre se doit d’y réagir, et de rendre coup pour coup. Cela a conduit Bush à l’invasion de l’Afghanistan, ce qui était encore admissible parce que le régime avait offert asile à Al Qaeda – même l’ONU avait approuvé. A suivi alors l’invasion totalement démente de l’Irak, sans mandat de l’ONU, pour la seule raison que les É.-U. soupçonnaient que ce pays détenait des armes de destruction massive. À tort, s’est-il avéré, mais cette invasion a conduit à l’entière déstabilisation de la région, qui se prolonge jusqu’à aujourd’hui. Le départ des troupes américaines en 2011 a laissé le pays dans une vacance du pouvoir. Et c’est peu après, lorsque dans le sillage du Printemps arabe une guerre civile a éclaté dans le pays voisin, que l’on a pu constater à quel point l’invasion militaire américaine avait été pernicieuse. Dans le nord-ouest de l’Irak déraciné et l’est de la Syrie déchirée, entre l’armée gouvernementale et la Free Syrian Army, assez d’espace s’était manifestement créé pour que se lève un troisième grand acteur : DAECH.

    Bref, sans l’invasion idiote de Bush en Irak, il n’y aurait jamais été question de DAECH. C’est par millions que nous avons manifesté contre cette guerre en 2003, moi aussi, la désapprobation était universelle. Et nous avions raison. Cela, pas parce que nous étions capables de prédire l’avenir, nous n’étions pas clairvoyants à ce point. Mais nous en sommes pleinement conscients aujourd’hui : ce qui s’est passé dans la nuit du vendredi à Paris est une conséquence indirecte de la rhétorique de guerre que votre collègue Bush a employée en septembre 2001.

    Et pourtant, que faites-vous ? Comment réagissez-vous moins de 24 heures après les attentats ? En employant la même terminologie que votre homologue américain de l’époque ! Et sur le même ton, bonté divine !

    Vous êtes tombé dans le piège, et vous l’avez fait les yeux grands ouverts. Vous êtes tombé dans le panneau, Monsieur le Président, parce que vous sentez dans votre cou le souffle de faucons comme Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen vous brûler la nuque. Et vous avez depuis si longtemps la réputation d’être un faible. Vous êtes tombé dans le panneau. Des élections se préparent en France, elles auront lieu les 6 et 13 décembre, ce ne sont que des élections régionales, mais après ces attentats, elles seront placées sous le signe de la sécurité nationale, à n’en point douter. Vous êtes tombé dans le panneau à pieds joints, parce que vous avez fait mot pour mot ce que les terroristes espéraient de vous : une déclaration de guerre. Vous avez accepté leur invitation au djihad avec enthousiasme. Mais cette réponse, que vous avez voulue ferme, fait courir le risque monstrueux d’accélérer encore la spirale de la violence. Je ne la trouve pas judicieuse.

    Vous parlez d’une « armée terroriste ». Pour commencer, rien de tel n’existe. C’est unecontradictio in terminis. Une « armée terroriste », c’est un peu comme pratiquer un régime boulimique. Des pays et des groupes peuvent avoir des armées ; s’ils ne parviennent pas à en former, ils peuvent opter pour le terrorisme, c’est-à-dire pour des actions ponctuelles dont l’impact psychologue est maximal au lieu d’un déploiement structurel de forces militaires avec des ambitions géopolitiques.

    Mais une armée, dites-vous ? Soyons clairs : jusqu’ici, nous ignorons si les auteurs des faits sont des combattants syriens revenus ou envoyés. Nous ne savons pas si les attentats ont été tramés dans le califat ou dans les banlieues et « quartiers ». Et bien que certains indices laissent supposer qu’il s’agit d’un plan global émanant de la Syrie (la quasi-simultanéité de l’attentat-suicide au Liban et de l’attaque éventuelle d’un avion russe), force est de constater que le communiqué de DAECH est venu bien tard, et qu’il ne contient pas d’autres éléments que ceux qui circulaient déjà sur internet. Ne serait-il pas question de coordination ou de récupération ?

    Pour autant que l’on sache, il pourrait s’agir d’individus incontrôlés, sans doute pour la plupart des citoyens français revenus de Syrie : ils y ont appris à manier des armes et des explosifs, s’y sont immergés dans une idéologie totalitaire, cryptothéologique et s’y sont familiarisés aux opérations militaires. Ils sont devenus des monstres, tous tant qu’ils sont, mais ils ne sont pas une armée.

    Le communiqué de DAECH glorifait les « lieux soigneusement choisis » des attentats, vos propres services soulignaient le professionnalisme de leurs auteurs : sur ce point, remarquons que vous parlez la même langue. Mais qu’en est-il, en réalité ? Les trois hommes qui se sont rendus au Stade de France où vous assistiez à un match amical de football contre l’Allemagne semblent plutôt être des amateurs. Ils voulaient sans doute pénétrer dans l’enceinte pour commettre un attentat contre vous, c’est fort possible. Mais celui qui se fait sauter à proximité d’un McDonald et n’entraîne qu’une victime dans la mort est un bien piètre terroriste. Qui ne fait que quatre morts avec trois attentats-suicides, alors qu’un peu plus tard une masse humaine de 80 000 personnes sort de l’enceinte, est un bon à rien. Qui veut décimer le public d’une salle avec quatre complices, mais ne bloque même pas la porte de sortie n’est pas un génie de la stratégie. Qui s’embarque dans une voiture et mitraille des citoyens innocents et sans armes attablés aux terrasses, n’est pas un militaire formé à la tactique, mais un lâche, un enfoiré, un individu totalement dévoyé qui a lié son sort à d’autres individus du même acabit. Une meute de loups solitaires, ça existe aussi.

    Votre analyse d’une « armée terroriste » n’est pas correcte. Le terme que vous avez employé, « acte de guerre », est extraordinairement tendancieux, même si cette rhétorique belliqueuse a été reprise sans honte aucune par Mark Rutte aux Pays-Bas et Jan Jambon en Belgique.

    Dans votre tentative d’apaiser la nation, vous rendez le monde moins sûr. Dans votre tentative d’utiliser un langage belliqueux, vous avez montré votre faiblesse. Il y a d’autres formes de fermeté que le langage guerrier. Après les attentats en Norvège, le Premier ministre Stoltenberg avait plaidé sans détours pour « plus de démocratie, plus d’ouverture, plus de tolérance ». Dans votre discours vous avez cité la liberté. Vous auriez dû aussi faire référence aux deux autres valeurs défendues par la République : l’égalité et la fraternité. Deux valeurs dont nous avons plus besoin en ce moment que de votre inquiétante rhétorique guerrière”.

    David Van Reybrouck est l’auteur de “Congo, une histoire” chez Actes Sud, pour lequel il a obtenu le Prix Médicis Essai 2012.

    http://www.chaos-controle.com/archives/2015/11/23/32970906.html

  • Dubitatif

    mercredi 18 novembre 2015
    Attentats : L’immonde couverture de Charlie Hebdo

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    Les familles des victimes du vendredi 13 novembre peuvent-elles accepter cela ?

    Les lecteurs qui ont soutenu Charlie Hebdo vont-ils enfin se réveiller ?

    Resistanceauthentique