Marches sur le climat interdites : les ONG entre démoralisation et branle-bas de combat

Cet état d’alerte est décidément une très bonne chose… Initialement de 12 jours, ils ont réussi à prolongée cette durée de 3 mois, bien pratique puisqu’elle devait se terminer juste avant la COP21 annoncée comme incontrôlable, avec des risques d’émeutes par les blacks blocks, un spectacle impensable alors que toutes les caméras de la planète allaient être pointées sur la France.

Des marches étaient organisées, 20 000 participants attendus à minima, et certaines associations prônent déjà la désobéissance civile… Cela s’annonce épique.

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Au lendemain de l’annulation des manifestations citoyennes en marge de la COP21, les acteurs de la société civile accusent le coup et tentent de rebondir.

Les ONG n’ont même pas le temps d’avoir la gueule de bois. Au lendemain de l’annonce par la présidence de la COP21 de l’interdiction de toutes les marches pour le climat qui auraient dû avoir lieu, à Paris et dans d’autres villes de France, à la veille de l’ouverture des négociations, c’est un mélange de déception et de branle-bas de combat. « On n’a pas le droit de baisser les bras, mais là, ce sont plusieurs mois de boulot avec toutes les associations qui tombent à l’eau. On en était à un niveau d’organisation collective colossal », lâche Mathieu Orphelin, porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot.

Mardi matin, moins de quatre jours après les attentats de Paris, les organisations de la société civile étaient réunies chez Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, sous l’égide de qui se tiendra la réunion internationale sur le climat dans dix jours. Si les marches semblent alors déjà très compromises, y est évoqué un « rassemblement statique ». En aparté, les conseillers évoquent l’idée d’un stade où auraient pu se réunir les dizaines de milliers de personnes attendues initialement pour la marche du 29 novembre.

Choix cornéliens

Car pour les autorités françaises, assurer la sécurité de la COP21 elle-même et de tous les événements parallèles, deux semaines aprèsles plus graves attentats qui aient jamais eu lieu sur le sol français, exige de faire des choix cornéliens. Techniquement, il y a d’un côté le site du Bourget où auront lieu les négociations, et les 22 000 personnes accréditées pour y entrer. De l’autre, 20 000 acteurs de la société civile attendues dans la capitale en divers lieux, et initialement réunis dans une marche inaugurale. « On a un double casse-tête : d’un côté, un lieu confiné qu’il va falloir rendre hermétique par des détecteurs de métaux, par le contrôle des allées et venues, et de l’autre la gestion de flux et de foules, ce qui est bien plus difficile, souligne Mathieu Zagrodzki, chercheur associé au Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales et spécialiste de la sécurité intérieure. En France, on a l’habitude de gérer des événements sur la voie publique, même de grande ampleur, comme les Journées mondiales de la jeunesse en 1997 ou la Coupe du monde de foot en 1998, mais deux semaines après ces attentats, avec une menace terroriste qui reste forte, c’est autre chose. »

Alors que l’Assemblée nationale vient de donner son feu vert à la prolongation de l’état d’urgence pour trois mois, que le Premier ministre, Manuel Valls, évoque devant les députés un risque d’attaques chimiques ou bactériologiques, que des centaines de perquisitions ont lieu, la tension reste très forte dans l’Hexagone. Et la crainte d’un nouvel attentat ne risque pas de faiblir avec l’arrivée de près de 120 chefs d’Etats étrangers, présents au Bourget le lundi 30 novembre, et de dizaines de milliers de représentants de la société civile. « Prendre la COP21 pour cible, ce serait très fort symboliquement et aurait une résonance mondiale : l’impact médiatique et psychologique serait gigantesque, souligne Mathieu Zagrodzki. Mais annuler toutes les manifestations pour réduire ce risque, c’est également réduire la portée symbolique de ce sommet et se déclarer vaincus face à la menace, car manifester fait partie de notre vivre-ensemble : pour les organisateurs, il y a un dilemme et un calcul à faire entre la sécurité et la portée symbolique de leurs choix. »

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11 commentaires

  • Thierry92 Thierry92

    Si on regardait de plus pres les financements de ces ONG?
    Qui pourrait on retrouver derriere?

    • bonjour

      rotmachin…..rocmachin…..bilmachin….et tous leurs vassaux….

      blablablabla…bêêêêh……..

      des actions individuelles

      ex :grève du vote ????????? (40 ans que je ne vote pas…..) putain le résultat est grandiose….40 ans que mes proches votent ….putain quel résultat……

      • voltigeur voltigeur

        On a la solution à nos problèmes mais,
        on focalise sur les problèmes, en ignorant la solution… :)

      • Bonjour Taureau Libre,

        Tu confonds deux choses.

        Cela fait 40 ans que tu ne votes pas, ok.

        Mais, Es-tu pour autant inscrit sur les listes électorales ?

        Et, ne pas voter, c’est faire de l’Abstention.

        Faire La Grève du Vote, cela consiste en deux choses :

        1/ Pour justifier une Grève, il faut une revendication : La Notre, c’est La Convocation d’une Assemblée Constituante issue d’un Tirage au Sort.

        2/ Pour qu’il y ait effectivement une Grève, il faut qu’elle se manifeste.

        Nous savons que descendre dans la rue en masse ne sert à rien, et sera interdit pendant toute la durée de l’Etat d’Urgence, au moins…

        Mais rien ne NOUS interdit d’être devant les bureaux de vote afin de distribuer des tracts d’information, et de revendication, ainsi que de diffuser des affiches, des pochoirs, des flyers partout autour de Nous.

        La différence est là.

        La Grève du Vote doit être visible afin de donner tout son poids à l’ensemble des abstentionnistes.

        Au delà des 50% d’abstention, Nous pourrons considérer que ce régime est illégitime.

        CQFD

  • Les Paradoxes de la Démocrature…
    http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_scratch.gif

  • ConscienceU12 ConscienceU12

    http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_mail.gif Sauf, que les activistes Pro-COP21 comptent bien braver l’interdiction et se pointer en masse pour le dernier jour de la COP : http://www.brujitafr.fr/2015/11/cop-21-l-interdiction-des-manifestations-de-rue-dans-toute-la-france-suscitera-t-elle-la-desobeissance.html …et là j’ai bien peur qu’ils les laissent faire jusqu’à un certain point, avant que Vallseuse et sa bande de criminels leurs balancent leur fameuses « armes chimiques terroristes islamiques » sur la tronche ! http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_wacko.gif …enfin, moi je dis ça c’est juste une petite prémonition quoi, ça mange pas de pain ; http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_whistle3.gif …pas vrai Bélier http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_wink.gif

    • Le veilleur

      Ils ont raison de braver l’interdit c’est pas le moment de baisser les bras.

      • Oui, ils ont raison, car si on s’écrase là, ce sera terminé !
        Paris est loin pour nous, c’est dommage…
        C’est possible, ConscienceU12, d’autant plus que chaque pays viendra avec son service d’ordre je crois. Donc beaucoup n’auront pas d’état d’âme en ce qui concerne l’ordre, dans notre pays.
        Mais ce sera le nombre qui comptera. En espérant que des casseurs ne viendront pas tout gâcher.

  • vico

    « Par définition les ONG (organisations non-gouvernementales) se présentent comme indépendantes des États et représentatives des citoyens. En réalité, elles sont de plus en plus souvent subventionnées par des gouvernements et financées par des entreprises transnationales. Bien que dénuées de légitimité démocratique, certaines ambitionnent de participer à la « gouvernance mondiale ». Julien Teil analyse ce phénomène à partir d’une étude de cas, l’association caritative CARE.

    Elles ont envahi la société civile et se réclament d’elle. En réalité, beaucoup d’entre elles, souvent parmi les plus grosses dont la taille rivalise avec celle des multinationales avec qui elles ont un commun la volonté d’effacement des frontières, n’ont de « non gouvernementales » que le nom. Car derrière ces logos et acronymes bien choisis pour donner le sentiment que leur seule raison d’existence est la promotion d’un monde meilleur, on trouve des agences gouvernementales ou des personnalités dont la carrière et les prises de position laissent peu de doute sur les intentions et les collusions. »

    Julien Teil a travaillé plusieurs années au sein d’une société spécialisée dans la collecte de fonds pour de grandes ONG

    http://www.voltairenet.org/auteur124634.html?lang=fr

    • Moauis… là encore, le ver est dans le fruit on dirait. Mais je suppose qu’elles ne vont pas manifester pour faire des bisous aux différents membres des gouvernements en déplacement.
      A suivre…