Euro : vers de nouveaux abandons de souveraineté

Un nouveau rapport prônant un saut fédéral en deux étapes a été soumis au ob_a2f5d0_banniere-ruptures-fr-bisConseil européen. Pointant les « défauts » de l’intégration monétaire, le texte propose d’enlever aux Etats de la zone euro leur souveraineté en matière de politique économique, afin de faire converger leur « compétitivité ».

« notre but commun est de rendre impensable (…) un avenir sans Europe »

Du traité de Maëstricht jusqu’à la mise en place de la gouvernance économique de la zone euro (semestre européen ; traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance ; et textes associés…) en passant par le traité de Lisbonne, d’immenses chantiers d’inspiration fédéraliste se sont succédé. La monnaie unique, les mécanismes de contrôle budgétaire et l’Union bancaire sont désormais devenus des réalités, et ce, sans que les parlements nationaux aient été, ou si peu, consultés.

Pourtant, les dirigeants européens continuent de déplorer les « défauts de construction » de l’Union économique et monétaire (UEM) qui subsistent, et ne cessent d’appeler de leurs vœux une « convergence accrue » entre les économies de la zone euro.

Depuis trois ans, les groupes de travail et rapports n’ont pas manqué : groupe informel de réflexion sur l’avenir de l’Europe (ministres), projet détaillé de la Commission « pour une Union économique et monétaire véritable et approfondie », feuille de route « vers une véritable union économique et monétaire » de l’ex-Président du Conseil Herman Van Rompuy, communications de la Commission relatives à la gouvernance économique…

C’est dans cette continuité qu’un « rapport des cinq présidents » a été soumis à la réunion du Conseil européen des 25 et 26 juin. Le président du Conseil, Donald Tusk, de l’eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, du parlement européen, Martin Schulz, de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi proposent un document visant à renforcer l’intégration économique et institutionnelle de la zone euro. Ce sont surtout les deux derniers cités qui étaient à la manœuvre.

L’objectif des auteurs a le mérite de la clarté. Ils plaident en effet pour que « les Etats membres acceptent de plus en plus de décisions communes sur des éléments de leurs propres budgets et de leurs politiques nationales », ce qu’ils nomment pudiquement le « partage de souveraineté ». Car, selon eux, « la deuxième économie du monde ne peut plus être gérée à travers de simples règles de coopération ».

Ce document propose de procéder en deux étapes : utiliser d’abord les capacités d’intégration « à traité constant », d’ici à fin juin 2017 ; puis, à partir de cette date, engager un processus de réforme desdits traités. Face à l’impopularité croissante de l’Union européenne, envisager d’emblée de nouveaux référendums serait en effet suicidaire.

Dès la première phase, chaque pays serait tenu de mettre en place une « autorité de la compétitivité », instance « chargée de surveiller les performances et les politiques en matière de compétitivité ». Ces instances nationales « indépendantes » auraient pour mandat de « s’assurer que les salaires évoluent conformément à la productivité, et de comparer les évolutions avec celles des autres pays de la zone euro, et parmi les autres partenaires commerciaux importants ». En termes simples : pas trop vite.

L’harmonisation des politiques économiques serait assurée par des « critères de convergence » supplémentaires. Outre les « coûts salariaux », l’amélioration de l’« environnement des affaires » (la « flexibilité du marché du travail », entre autres), ou la « cohésion sociale » seraient également mesurées.

Afin d’accélérer cette « convergence », les pays méritants seraient récompensés par des mécanismes de transferts financiers. Est ainsi suggérée la mise en place d’une assurance européenne des dispositifs nationaux d’indemnité chômage. On retrouvé ici l’idée promue depuis longtemps par Berlin d’un conditionnement plus strict des aides européennes, moyennant un budget communautaire renforcé.

Pour renforcer la convergence des politiques économiques, il est également proposé de modifier le calendrier actuel du semestre européen afin de faire précéder les recommandations spécifiques pour chaque Etat par une phase consacrée à l’examen de la zone euro dans son ensemble. Le document propose aussi de créer une présidence permanente de l’eurogroupe, ainsi qu’une sous-commission propre à la zone euro au sein du parlement européen.

Le rapport plaide en outre pour la création d’un « conseil budgétaire européen ». Par ailleurs, des facilités de prêts sous forme d’obligations émises par la zone euro (« project bonds » associant financement public et investissement privé) seraient lancées. En filigrane se dessine ainsi la seconde phase, qui verrait notamment la mise en place d’un véritable Trésor commun pour les pays de la zone euro.

Car le patron de la BCE, notamment, n’a jamais dissimulé la couleur : seul un « saut qualitatif » vers des mécanismes plus fédéraux est susceptible d’assurer la survie de la monnaie unique à moyen terme. Cela recoupe la vision des dirigeants allemands : pas d’« union de transferts » (financiers) sans prise de contrôle par Bruxelles – et, de fait, par Berlin – des finances et des budgets des Etats de la zone euro.

Cette dernière serait donc le noyau de l’intégration. Les pays n’y appartenant pas constitueraient un ensemble plus lâche, partageant essentiellement le marché unique (biens, services, capitaux, main d’œuvre).

Toutes ces idées recoupent une contribution publiée récemment dans plusieurs quotidiens européens signée par les ministres français et allemand de l’Economie. Les deux sociaux-démocrates plaidaient pour l’amorce d’un budget de la zone euro, et pour un commissaire européen chargé de cette dernière. Et concluaient leur tribune en affirmant : « notre but commun est de rendre impensable (…) un avenir sans Europe – ou avec moins d’Union ».

Magali Pernin

Auteur du blog http://www.contrelacour.fr

Source: Canempechepasnicolas.over-blog.com

 

15 commentaires

  • Le Gaulois libre

    Nous sommes au bord du gouffre, il est tant de faire un grand pas en avant.

    Le Titanic avait été conçu pour être insubmersible, et le troisième Reich devait duré mille ans…

    Non seulement les fous ont pris le contrôle de l’asile européenne, mais en plus ils sont bourrés d’amphétamines et sont en plein délire éthylique.

  • l’intégration économique est en effet la seule solution pour sauver l’euro et l’idée européene tout court.

    c’est ce que les Allemands refusent car ça signifie pour eux que leur épargne issue d’un dur labeur sera détournée pour financer les gaspillages « a la française ».

    c’est tout l’enjeu de la grèce actuellement : faire plier la France.

    quelqu’un va finir par céder entre Hollande et Merkel.

    pour l’instant, le statut quo est maintenant, et je pense que ça durera jusqu’au prochaines élections.
    C’est la que sera l’enjeu en fonction des nouvelles têtes, on pourra discerner la tendance future.

    A vous de voir si vous préférez être dirigé par Hollande ou Merkel.

    • zniavrou

      Une troisième option peut être ? Parce que là…http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_wacko.gif

    • Tyr

      Il n’y a pas de solution pour sauver l’euro, puisque l’euro est une fausse monnaie créée en dépit du bon sens.

      Comme dit ici même il y a quelques temps: aucune union monétaire n’a réussi jusqu’à présent.

      L’euro ruinera encore plus les pays qui y resteront, et c’est tout.

      Il est plus que temps de virer hollande, merkel, et sarkozy…
      Les juger pour haute trahison et crimes contre le peuple.

      C’est possible, souvenez vous de Ceaucescu, lui non plus n’imaginait pas être jugé avant de se retrouver devant le peloton.

      Tout est possible, il faut juste agir.

    • Dubitatif

      ni l’un ni l’autre !
      je retiens 2 mots dans ce billet
      encore des prêts pour les + « méritants »…(transferts de)
      et « réformes »

      bref c’est LE TEST pour débuter le N.O.M. de merde
      d’ailleurs ils le disent bien … « c »est pour la « survie »
      de l’euro..

      ben justement qu’il CREVE l’euro de merde

  • Norbert

    Voila ce que pense Bachar Al Assad de la France lors d’une interview avec un journaliste Francais.
    Quelle honte pour nous,les larbins!!!

    https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10207334616791487&set=a.1473843093880.2062518.1467772319&type=1

  • Norbert

    Une conversation sur l’Euro prise sur le site Facebook de l’UPR

    Thibault: Toujours facile de faire le bilan des autres !

    Intact: toujours facile de lâcher des arguties*..!

    *Subtilité de pure forme, marquant le vide de la pensée.

    Basta Eu….: Pas facile d’argumenter contre l’UPR !

    Ranim Re……: Quels sont vos arguments ? Aucuns !.

    Thibault :
    Lâchez votre dictionnaire, il n’impressionne personne !
    Je dis juste que la critique est facile, surtout quand on ne fait jamais soi-même quelque chose pour participer à l’action !
    Arrêtez de faire rêver les gens avec le retour au franc,
    c’est certes une possibilité, mais personne ne peut vraiment dire que ce sera une méthode efficace, elle sera peut-être pire que l’euro, on peut juste y croire ou pas mais cela reste des convictions, comme tout autre parti politique, et au moindre échec vous entendrez la même chose, c’est à dire que vous faites des promesses que vous ne tiendrez pas en profitant de la misère des gens !

    Georges Me……:Alors vous savez que le franc est important mais que la sortie de l’euro est la priorité. Et l’upr c’est créé avec cette priorité.

    Jean-Louis Gi…. a Thibault….:
    Ce n’est pas l’UPR qui essaie de faire rêver avec le Franc, mais les européistes qui essaient d’effrayer sur la sortie de l’Euro.

    Dire que le Franc sera « peut-être » pire que l’euro et qu’on peut seulement « y croire » ou « ne pas y croire », c’est en général ce que l’on dit lorsque l’on ne sait pas réellement :

    – comment l’Euro fonctionne et pourquoi il est un désastre ;
    – comment le Franc fonctionne et pourquoi il nous a apporté nombre de périodes de prospérité élevées dans l’histoire de notre pays.

    Que le franc soit meilleur que l’euro n’est absolument une croyance ni une opinion. Au contraire c’est non seulement une démonstration faite par l’Histoire de façon concrète, mais en plus c’est surtout une réalité actuelle qui se mesure statistiquement avec précision.

    Les 7 Prix Nobel de l’économie qui l’ont dit, ainsi que les statistiques faites par les professionnels de l’INSEE, peuvent vous le confirmer.

    Si vous suivez l’UPR depuis un certain temps, peut-être que vous avez oublié certains éléments clés, oubli qui vous fait dire ce que vous venez de dire. Vous avez donc à votre libre disposition :

    – la conférence «LA TRAGÉDIE DE L’EURO» qui vous explique pourquoi historiquement toutes les monnaies plurinationales de l’Histoire ont toujours explosé :
    httpsxx://youtu.be/2Op3yVHH6dM

    – la conférence «LE JOUR D’APRÈS» qui vous explique comment rétablir et le franc et pourquoi il nous apportera une amélioration extrêmement marquante de nos conditions de vie comme il l’a toujours fait et le fera encore :

    httpsxx://youtu.be/X4-MRtitpVE

    C’est une invitation.

    Aussi, nous n’avons plus de temps et d’argent à perdre avec les suppositions et les croyances sur un tel sujet pendant que nous sommes en train de nous appauvrir avec l’euro, maintenant l’heure est à l’observation des faits et uniquement des faits.

    Je ne peux que vous encourager vivement à retourner voir ces deux conférences-là, car des éléments particulièrement fondamentaux vous ont apparemment un peu échappé.

    Sincèrement.

  • Nous n’avons que faire de sauver quelque chose que nous n’avons jamais voulu ! Ils veulent l’euro ? qu’ils se le gardent ! Ils veulent l’Europe ? Qu’ils se la gardent !

    En tout cas, il serait temps de quitter le navire. Le rouleau compresseur va nous broyer !

    Mais pour aller où ?

  • Chapaate

    Un peuple éduqué se gouverne lui même sans élites.
    En attendant le grand soir, il faut tout autant stocker des livres de Platon, Socrate, Périclès, Orwell, Kropotkine et bien d’autres que des balles ou des fusils.

    • rouletabille rouletabille

      Des fusils et des bouquins pour se chauffer.
      On se fera descendre par les crapules payées pour,je pense aux égouts du fin fond de l’Europe qui régurgiteront EUROGENFORD,la lie ,milice apatride bien payées et habillées par les plus grands couturiers ,parfumés à l’eau de rose pour pour ne plus sentir les chiottes d’ou ils viennent.
      http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_bye.gif