L’effarant témoignage d’enseignants confrontés à la misère de leurs élèves

La misère ne se trouve pas uniquement dans le programme scolaire saccagé au fil des ans au nom de réformes imposées pour plaire à certaines pays qui financent la France, elle se trouve également dans la vie de nombreux enfants, dans cette misère cachée puisqu’elle ne rapporte pas de voix dans les urnes…

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Des enfants sans chaussettes l’hiver, qui dorment dans des squats, ne mangent pas à leur faim… Un rapport dévoilé ce mardi raconte la détresse à laquelle sont souvent confrontés les professeurs.

À l’école Valmy du Havre, les professeurs observent que, pour beaucoup de parents, «la fin du mois commence le 10, les gens mettent des T-shirts dans les trous du plancher pour que les rats ne rentrent pas, certains enfants nous disent: à quoi ça sert d’apprendre, plus tard je serai chômeur».

Dans son rapport sur la «grande pauvreté et réussite scolaire» publié ce mardi, une enquête menée dans dix académies, Jean-Paul Delahaye, l’ancien directeur général de l’enseignement scolaire formule 68 recommandations. Mais c’est d’abord la multitude de témoignages bouleversants des professeurs confrontés de plein fouet à cette misère que l’on retient. Une situation aggravée par la crise économique.

En France, sixième puissance économique mondiale, 1,2 million d’enfants, soit un enfant sur dix, sont des enfants de familles pauvres. Une famille est considérée comme pauvre quand son revenu mensuel est inférieur à 1739 euros (soit la moitié du niveau de vie médian) pour un couple avec deux enfants de moins de 14 ans, explique le rapport. En voici quelques extraits.

Des élèves qui ont faim, qui volent des goûters, qui font des réserves de pain

Dans des écoles de Stains (Académie de Créteil), on explique que «pour un enfant, une matinée le ventre vide jusqu’à 12h30, c’est long et cela peut compromettre l’investissement de l’élève dans son travail scolaire ; malgré le coût des repas réduits, pour certaines familles, c’est encore trop, les enfants ne mangent pas à la cantine mais ne mangent pas correctement chez eux».

Même constat à Nancy et à Maxéville ou à Arras où «des enfants ont faim et l’expriment spontanément ou se manifestent par des vols réguliers de goûters. Certains énoncent spontanément le fait de ne pas avoir déjeuné le matin. Face à certaines situations et difficultés observées, la directrice invite les familles à inscrire l’enfant à la cantine (prix du repas 70 cts d’euros) en utilisant des moyens de contournement et promouvant le fait d’être avec ses camarades».

Dans une cité scolaire de Metz, les impayés de cantine se montent à 15 000 euros pour plusieurs dizaines de familles et le nombre, dit un proviseur, a triplé en 10 ans. Les enseignants d’une école de la Somme en éducation prioritaire remarquent que «les régimes «mono-aliment» sont souvent révélateurs d’un grand état de pauvreté.

Des témoignages de chefs d’établissement signalent que certains élèves prennent beaucoup de pain à la cantine le vendredi, afin de faire des réserves pour le week-end. Dans cet établissement de l’Académie de Grenoble, «des repas copieux avec féculents sont servis le lundi car beaucoup d’élèves ne prennent pas de repas structuré le week-end et le jeudi car l’existence d’un forfait 4 jours fait que certains élèves n’ont pas de repas structuré du mardi midi au jeudi midi. Les rations servies ces jours sont importantes et il n’y a guère de restes».

Ces quartiers de «non blancs»

Dans une école du centre de Saumur, qui accueille une forte proportion d’élèves de familles demandeurs d’asile, d’allophones et de gens du voyage, les enseignants décrivent ainsi leur situation: «Il n’y a plus de mixité ici, on est dans un autre monde». Comme le précisent les personnels d’écoles visitées au Havre, les familles d’ouvriers «ont peu à peu quitté le quartier, laissant la place à des familles en plus grande détresse sociale: femmes seules avec un ou plusieurs enfants et immigration. Il nous semble que le quartier s’est paupérisé lors des quinze dernières années. Actuellement certains de nos élèves vivent dans des squats sans eau, sans électricité ; une autre partie de la population vit dans des logements insalubres. La destruction du foyer Sonacotra et l’arrivée massive dans des squats de familles non francophones nous a fait perdre certains élèves issus d’une immigration traditionnelle remplacée par une immigration clandestine et l’arrivée d’immigrés issus de pays européens en crise».

Les ghettos sont aussi ethniques, comme dans des écoles des quartiers nord de Marseille où les seules personnes non issues de l’immigration sont essentiellement les personnels de l’éducation nationale. Si l’on considère divers quartiers dont nous avons une connaissance directe, on observe en effet dans les rues, les écoles, les centres sociaux, les commerces, les transports qu’une large part de la population est d’origine immigrée, et/ou composée de «non-Blancs». Cette réalité, trop souvent sous-estimée par une partie des élites et des sociologues, est toutefois omniprésente dans l’expérience et le discours des habitants des cités. Un tel décalage participe ainsi au sentiment de ces derniers d’être parqués dans des «ghettos».

La précarité des conditions de logement: marchands de sommeil, locaux insalubres…

Dans une ville de Seine-Saint-Denis, les enseignants observent comme indices de pauvreté: «les adresses communes à plusieurs familles, les factures de cantine, l’absence de papiers, des difficultés à se tenir aux horaires de rentrée. On trouve des situations irrégulières (squat de marchands de sommeil, sous location, locaux insalubres…).

Dans un collège de Thionville, «plusieurs familles qui sont originaires d’un même pays résident à la même adresse,jusqu’à 22 personnes dans un F2».

Comment un enfant peut-il bien apprendre à l’école quand il est hébergé à l’hôtel avec 6 personnes de sa famille dans une pièce de 15m2? La plupart de ces hébergements collectifs peuvent être considérés comme surpeuplés et privés de confort. Par exemple, dans 21 % des cas, il n’est pas possible de cuisiner ni dans les parties privatives ni dans les parties collectives de l’hébergement. Quelque 41 % de ces enfants doivent partager le même lit qu’un de leur parent.

L’école comme refuge

Cet exemple dans une école de l’académie de Créteil est révélateur: «Pas d’absentéisme,mêmes malades les enfants viennentcar ils vivent dans de meilleures conditions d’accueil à l’école que dans leur logement: Il y a un lieu d’accueil près du bureau du directeur avec un lit pour les deux écoles». L’école est devenue un refuge. Les écoles d’Aulnay-sous-Bois le vivent quotidiennement: «L’école est devenue le seul service public dans certains quartiers. Il y a une méconnaissance des services sociaux. Les familles trouvent refuge à l’école, en premier lieu car ils «ont confiance». L’école est à leurs yeux le service de proximité en capacité de leur fournir une aide adaptée. Ils n’osent pas ou plus pousser la porte du service social car il y a trop souvent des craintes (dues à une méconnaissance de ce service): placement des enfants, expulsion…».

Des problèmes de santé

Des enfants et des adolescents de familles en situation de précarité ont des problèmes de santé non résolus et de très grandes disparités existent dans l’accès aux soins. Parmi les innombrables témoignages, celui d’une principale d’un collège de Seine-Saint-Denis: «Nous constatons que de nombreux enfants n’ont aucune hygiène de vie: pas de petit déjeuner, peu de sommeil (10 % arrivent en retard le matin), un manque d’hygiène corporelle, aucune activité physique (plus d’un quart de nos élèves sont en surcharge pondérale)».

Dans les écoles REP du Havre visitées par la mission, 40 % des caries dentaires ne sont pas soignées. Les médecins de l’Éducation nationale et les infirmières témoignent que le lundi est un jour très chargé car les jeunes viennent se faire soigner à l’école, n’ayant pu le faire le week-end. En zones urbaines comme en zones rurales, on est «souvent dans l’urgence, on oriente vers». En outre, ces familles, sans ressources, n’ont pas souscrit de mutuelle et sont souvent dans l’impossibilité de faire face à l’achat de lunettes, aux soins dentaires.

Source et article en intégralité sur Le Figaro

 

10 commentaires

  • samlours94

    Ben oui mais puisqu’on vous dit que ce sont des socialistes qui sont au pouvoir !
    – Euh … donc les socialistes font une politique de droite en somme?
    Meuh………………non ………:)
    Mais dans un pays comme le notre qui en fait est composé en grande partie de petits bourgeois qui font semblant de s’ignorer, tout ceci est absolument normal.

  • Blackice

    après, il ne faut pas s’étonner quand ça pète dans les banlieues. tous ces politicards, ont déjà oublié les émeutes de 2005. a l’époque, Villepin avait même instauré un couvre feux! les hélicos survolait les banlieues.
    3 semaines d’affrontements sévère. de nombreux blessés.
    ils ont tout oublié. attention! ventre vide ,n’a pas d’oreilles. et il suffit de pas grand chose. une belle bavures et vlan! insurrection! …

    • engel

      Tu prends les politiques pour des idiots et le Figaro aussi???

      Quant tu mets de la nitroglycérine au soleil, faut pas s’étonner que ça pète!
      ..Et ils le savent très très bien!

      Ce genre de texte culpabilisant s’adresse au petit français dit « de souche égoïste biens au chaud » et pour causes,…
      – Il faut qu’il ait honte d’en avoir plus.
      – Il faut que l’empathie le pousse à se sentir morveux, qu’il acceptent l’inacceptable…
      – Il faut le culpabiliser encore et encore.
      – Si ça pète, cela doit-être de sa faute. Et oui, il n’aura pas assez partagé/donné… »0n vous avez pourtant bien prévenu… » sera le leitmotiv.

      Alors perso, ce genre de manipulation, je m’en bats les… neurones, mais d’une force!

      • Natacha Natacha

        Engel : Ces situations ne sont pas culpabilisantes, juste le reflet d’une réalité parfois plus terrible encore. Voir des gamins avec toutes les dents cariées en maternelle, avec le ventre vide depuis deux jours le lundi matin, les gamins désaxés qui se prennent pour un serpent toute la journée de classe, les enfants prostrés parce que maltraités etc …
        Cela dépasse l’imagination … mais c’est la réalité quotidienne et éreintante de certains qui tentent de donner un peu de réconfort dans un bout de bureau sans fenêtre ou dans un coin de classe poussiéreuse. :(

      • Natacha Natacha

        C’est pareil en Espagne et dans beaucoup d’autres pays. :(

      • Robert

        C’est l’article qui est culpabilisant, pas la situation. Le ton de l’article, pour être exact. On n’y parle pas de mauvaise gestion ou de politiques désastreuses, donc pas de blâme pour eux. La faute est mise sur la société française. Sur les français. Sur les « familles d’ouvriers » comme dit l’article. Sur les « petits bourgeois » comme dit samlours. Et sur vous, le lecteur. C’est un peu facile, vous ne trouvez pas?

      • Natacha Natacha

        En effet. :)
        Encore une fois , je ne voyais que la réalité de la situation. Pas le navrant « exercice de style » journalistique qui fait tiquer. ;)

  • Tyr

    Donc, si j’ai bien compris l’article, les zones où vivent en grande majorité les immigrés et les « non blancs » (statistique ethnique?) sont des zones d’extrême pauvreté.
    Ok, pourquoi pas.

    Mais pourquoi donc continuer à faire venir de l’immigration sans retenue (ce qui est le cas depuis plus de 40 ans, merci Giscard et compagnie), si c’est pour avoir des zones de pauvreté extrême?

    Et puis, je croyais bêtement que l’immigration était une immigration de travail, vous savez, la vieille rengaine pourrie des immigrés qui font le boulot que ne veulent pas faire les français? Ils travaillent sans être payés? Pas vraiment. Mais alors où est l’argent?
    Et avec quelques millions de chômeurs, pourquoi faire venir plus de travailleurs immigrés?
    L’immigration est donc un paravent pour le remplacement ethnique de la population française.

    • romulus

      OUI, c’est au pire un dommage collatéral pour ceux, mondialistes, qui détiennent le fric et exigent toujours plus de productivité et pour qui la France ne représente qu’un lieu, surtout pas une culture. Qu’ils se rassurent, le peuple des bénis oui-oui, irréfléchi par le lavage de cerveau permanent, les suit aveuglément, surtout parmi les jeunes.

  • Trollzilla Trollzilla

    Vidéo impossible

    Hollande parle à des minots.
    http://www.youtube.com/watch?v=d1PPInbA3X4