Franc suisse : des collectivités françaises en faillite ?

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La Suisse laisse s’envoler son franc et provoque une tempête financière, et les vagues peuvent entrainer la faillite de collectivités françaises qui ont souscrit des emprunts toxiques. Bien sûr, on pourrait penser que ces-même collectivités ont des moyens de se défendre puisque ces emprunts étaient illégaux, les banques n’ayant pas respecté certaines règles, mais c’est sans compter sur le gouvernement qui discrètement a fait passer une loi pour les protéger et les rendre inattaquables. Finalement, l’ennemi intime, ce n’était peut-être pas la finance….

C’est un article de La Tribune qui revient sur les emprunts toxiques dont sont bardés nos collectivités locales qui ont eu la bonne idée de faire des emprunts avec vos impôts indexés sur des monnaies comme le franc suisse, histoire de pouvoir payer moins cher tant que tout se passe bien. Le petit problème c’est qu’en une toute petite journée, ces crédits vont coûter 20 % plus cher à nos collectivités qui iront se plaindre qu’elles ont été flouées… Pourtant, aucun maire n’a souscrit ce genre d’emprunt pour acheter sa maison… Comme quoi, on nous prend vraiment pour des jambons…

Charles SANNAT

« Cela ne pouvait pas tomber au plus mauvais moment pour les collectivités locales françaises. La hausse du franc suisse ce jeudi, qui s’est stabilisé au moment de la rédaction de cet article à 1,04 franc suisse l’euro, pourrait avoir des conséquences dramatiques pour celles qui ont souscrit des emprunts – très répandus durant les années 2000 – dont le taux d’intérêt est indexé sur l’évolution de la parité euro/franc suisse.

En effet, à chaque fois que le franc suisse s’envole, les collectivités concernées voient le taux d’intérêt annuel qu’elles paient sur leur emprunt croître, voire bondir comme cela risque d’être le cas dans les prochains mois. La faute à une vieille croyance de banquiers d’avant crise de 2008 qui disait que rien ne pourrait atteindre la stabilité de la sacro-sainte parité euro/franc suisse. Ils n’avaient en rien anticipé que les marchés financiers considéraient le franc suisse comme valeur refuge par excellence à chaque période d’incertitude, le faisant s’apprécier.

L’ardoise risque d’être salée pour les collectivités

Ce cas de figure est donc à nouveau en train de se produire et les collectivités risquent, encore une fois, d’en payer les frais. Mais ce coup-ci, l’ardoise risque d’être très (trop ?) salée pour certaines d’entre elles. En effet, dans les pires des cas, c’est-à-dire pour celles qui ont été contraintes de souscrire ces prêts dits « toxiques » entre 2007 et 2009 à l’époque où l’euro était au plus haut par rapport au franc suisse – la devise helvétique est montée à cette époque jusqu’à 1,66 franc suisse l’euro –, les taux d’intérêt des emprunts pourraient s’élever à… un quart du capital restant dû. »

Lire la suite directement sur le site de La Tribune ici

Source: Charles Sannat sur Le Contrarien

L’information étant intéressante lorsque les sources peuvent être multipliées, voici un autre article issu de la Tribune de Genève cette fois-ci qui donne intéressante de cette journée:

Les files d’attente s’agrandissaient hier après-midi devant les bureaux de change genevois, à l’heure où le prix de l’euro commençait à baisser. «Nous n’avons pas pu commander d’euros jusqu’à midi, explique Frédéric, guichetier d’un office près de la gare. Nous sommes tout au bout de la chaîne. L’argent était bloqué bien plus haut.» Les passants s’échangent des conseils sur le lieu offrant le meilleur taux de change: 1.08 euro pour un franc ici; 1,07 là-bas. On est loin du taux de 0.86 euros pour 1 franc atteint après l’annonce de la Banque nationale suisse. Mais qu’importe.

Une dame vend près de 27 000 francs suisses avec détermination. Derrière elle, Musa, 19 ans, étudiant en économie, est venu vendre 1000 francs en obtenant un cours de 1,08. «Je m’y connais un minimum en économie, explique le jeune homme. Je sais que la Suisse ne peut pas faire tomber le franc plus bas et que l’euro va donc bientôt remonter. S’il revient à 1,20, j’aurai gagné un peu plus de 100 francs.» Julien, 22 ans, étudiant en informatique habitant en France, est plus dubitatif. Il est déjà venu à midi voir à quel prix s’échangeaient les devises. Il est de retour à 15 h et l’euro a déjà perdu 10 centimes.

Article complet sur la Tribune de Genève

Quand aux commerces, certains refusent même maintenant de prendre les euros comme on le voit ici dans un Mac Do de Lausanne:

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