Dany Laferrière : « Depuis 50 ans, on nous emmerde avec l’identité »

Il est intéressant de faire connaissance avec Dany Laferrière, un académicien (second fauteuil) comme il y en a peu, puisque entre autres qualités, il n’est pas spécialement poussiéreux ni grabataire. Ce cher Monsieur Laferière que je ne connaissais pas encore il y a un quart d’heure (excusez mon ignorance), mérite qu’on s’y attarde un peu, puisque son esprit brillant et son humour change des discours que nous pouvons entendre généralement dans nos médias. Et c’est justement par ce que le Nouvel Obs lui consacre un article que nous avons cette opportunité de relayer sa conférence. Je vous laisse néanmoins le soin de lire l’article qui propose certaines citations toutes en finesse…

Entre autres citations de Dany Laferrière dont certaines m’ont beaucoup touchées:

  • On ne meurt pas tant qu’on bouge. Mais ceux qui n’ont jamais franchi la barrière de leur village attendent le retour du voyageur pour estimer si cela valait la peine de partir.
  • Je me promène un moment dans le jardin, tout étonné de constater que les fleurs les plus fragiles se balancent encore au bout de leur tige. Le séisme s’est donc attaqué au dur, au solide, à tout ce qui pouvait lui résister. Le béton est tombé. La fleur a survécu.
  • Et c’est cela à mon avis le seul sens à donner à sa vie : trouver son bonheur sans augmenter la douleur du monde.
  • J’ai demandé à ce peintre aux pieds nus pourquoi peint-il toujours ces arbres croulants sous les fruits lourds et juteux alors que tout est désolation autour de lui? Justement, me fait-il avec un triste sourire, qui veut accrocher dans son salon ce qu’il peut voir par la fenêtre.
  • « Quel peuple ! » Ces gens sont tellement habitués à chercher la vie dans des conditions difficiles qu’ils porteront l’espérance en enfer.
  • Ma confiance dans la poésie est sans limite. Elle est seule capable de me consoler de l’horreur du monde.
  • Il pleut à boire debout.

Un commentaire