Le cadeau de Noël du gouvernement aux internautes : la surveillance

Second cadeau de Noël du gouvernement, cadeau qui lui aussi fleure bon le foutage de gueule!!! Le premier, glissé en douce comme une quenelle dieudonnesque était l’abandon de la taxe à 75% pour les supers-riches, le second, c’est la surveillance généralisée pour notre sécurité bien-entendu!

surveillance-webSource de l’image: Indymédia

Le 24 décembre, Matignon a publié un décret sur une mesure très contestée permettant aux agents de l’État de surveiller le Net français. Habile.

C’est un cadeau de Noël dont les internautes et les opérateurs français se seraient bien passés. Le gouvernement a publié mercredi 24 décembre, à la faveur des fêtes de Noël, le décret d’application du très contesté article 20 de la loi de programmation militaire (LPM). Ce texte prévoit un accès très vaste des services de l’État aux télécommunications (téléphone, SMS, Internet, etc.) des Français, et à toutes les informations qui transitent par les réseaux nationaux.

La mesure de surveillance, pudiquement nommée « accès administratif aux données de connexion », avait été votée fin 2013 et entrera en vigueur le 1er janvier 2015. Dénichées par notre excellent confrère Next INpact, qui évoque « un décret qui sent le sapin », ce sont les modalités de sa mise en oeuvre, tout aussi importantes, qui ont été dévoilées pour Noël.

Comme dans de nombreuses démocraties, le spectre terroriste permet au gouvernement de faire passer des mesures très floues et de tirer pleinement parti des systèmes d’information de plus en plus performants afin de surveiller la population.

Qui chapeaute le système ?

Le décret du 24 décembre présente « le groupement interministériel de contrôle […], un service du Premier ministre chargé des interceptions de sécurité et de l’accès administratif aux données de connexion ». Ce groupement est chargé de centraliser les demandes des agents et de les transmettre aux opérateurs concernés, en les épurant de toute information sensible.

En effet, si les services de l’État doivent justifier leurs requêtes auprès du Premier ministre (qui nomme une « personnalité qualifiée »), il est hors de question de transmettre ces explications aux opérateurs. Les fournisseurs d’accès ne sauront même pas de quel service ou ministère émane une demande, ni à quelle date elle a été formulée.

Quelles données sont concernées ?

Sans surprise, le décret se réfère à l’article 20 de la LPM, sans vraiment le préciser. Peuvent donc être interceptés les « informations ou documents traités ou conservés par les réseaux ou services de communications électroniques, y compris les données techniques relatives à l’identification des numéros d’abonnement ou de connexion à des services de communications électroniques, au recensement de l’ensemble des numéros d’abonnement ou de connexion d’une personne désignée, à la localisation des équipements terminaux utilisés ainsi qu’aux communications d’un abonné portant sur la liste des numéros appelés et appelants, la durée et la date des communications ».

On notera l’utilisation de la formule « y compris », qui n’est aucunement exhaustive : difficile de faire plus vaste.

Un contrôle démocratique insignifiant

Face aux critiques sur l’intrusion dans la vie privée, le gouvernement invoque la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS), un organe très joli sur le papier mais qui n’a jusqu’à présent pas été doté d’un réel pouvoir. Cette commission « dispose d’un accès permanent aux traitements automatisés », et « l’autorité ayant approuvé une demande de recueil d’informations ou de documents fournit à la commission tous les éclaircissements que celle-ci sollicite », promet le décret, plein de bons sentiments.

Néanmoins, la CNCIS n’a toujours pas le pouvoir de sanction et ne peut même pas alerter la justice en cas de manquement sur un dossier couvert par le secret de la défense nationale. Habile…

Article en intégralité sur Le Point

 

18 commentaires

  • gnafron

    ouais ben faut pas déconner non plus !
    ici, on n’est pas en Corée du Nord, enfin….pas tout à fait

  • Thierry92 Thierry92

    Comment faire comprendre aux français que tout vient de leur saloperie de télé?
    Pourtant vous etes prévenus.
    http://lesmoutonsenrages.fr/2014/11/03/la-passivite-des-francais-mais-pas-que/

  • Norbert

    Nous ne sommes qu au debut de la surveillance.
    Ils avancent a petits pas afin de nous faire gober toutes leurs mesures chaque jour plus insidieuses et esclavagistes
    Sous pretexte de nous proteger[en fait pour eux],des cameras partout,controle d internet,fabrication et financement du terrorisme par les vrais terroristes que sont nos gouvernements occidentaux.
    Nous sommes dans le regne de la peur orchestee,organisee pour paralyser petit a petit toute velleite de revolte:
    des Manipulations economiques,politiques,mediatique,mensonges,dogmes,pretextes pour mieux nous lobotomiser et nous enchainer mentalement a leur systeme sous le couvert de protection..

    Que faire ?????face a ce peuple dont la plupart sont des moutons dociles et sous controle{dogmes,peur,confort,,etc,,,} et qui refusent de se reveiller…….ce serait trop perturbant de se remettre en question,trop fatiguant de chercher a comprendre.

  • Michele DRAYE

     » Ils étaient un petit nombre,

    un très petit nombre…(2% au départ)

    L’armement de la résistance était quasi inexistant

    Mais,

    Ce sont « EUX »

    qui ont fait que le mot « HONNEUR »

    puisse encore s’écrire en Français »

    Extrait du film « Un été 44 »

    Ils ne nous demandent pas de les pleurer

    Mais de les continuer

    et c’est ceque nous faisons

  • paprika

    Qu’est-ce qu’il y a de nouveau là-dedans ???

  • Schtroumpf Schtroumpf

    J’ai posé une question il y a quelques jours sur ce site et sur un autre lorsque la prévision de blocage administratifs des sites « dangereux » a été évoqué pour le 15 février.

    La question était : peut-on migrer ces sites sur un serveur à l’étranger car le blocage administratif serait à mon sens un ordre donné aux hébergeurs en France (voire en Europe) de fermer le site ?

    Aucune réponse.

    Personne ne cherche de SOLUTION, de moyen concret de réagir.

    Mais de longue diatribes sur la liberté d’expression, les méchants, il y en a eu…

    • voltigeur voltigeur

      je n’ai pas compris le choix de ce serveur français
      qui, au demeurant, fonctionne comme un escargot sous Prozac.
      J’ai les commentaires 1/4 d’heures après, vachement pratique!!
      Souhaitons qu’il y ait une autre option pour le cas où…;)

      • Schtroumpf Schtroumpf

        J’aimerais que des techniciens du web viennent donner des informations, je ne dispose pas de compétences suffisantes pour cela.

        Que peut réellement faire l’état pour bloquer les sites ?

        Obliger l’hébergeur en France à fermer le site, ok.

        Si hébergeur à l’étranger, bloquer l’accès via les DNS ? Possible ou pas ?

        Interdire les indexations dans les moteurs de recherche ?

        Mais ça on s’en fout un peu car pour les adresses on n’a pas besoin de Gogol, on se les partage…

      • voltigeur voltigeur

        Je ne suis malheureusement pas spécialiste, et ne
        peux donc pas te renseigner. Pour notre souci de « lenteur »
        notre magicien Will s’en occupe.;)

    • paprika

      Sans blague , le 15 février ? quelqu’un peut m’envoyer le lien ?

    • Schtroumpf Schtroumpf

      Merci pour ces liens.

      Je retiens ceci du premier lien :

      « Ce contrôle peut être basé sur des relations ou des exigences légalement établies, sur la capacité du gouvernement ou d’autres institutions, de faire pression sur ceux qui détiennent le contrôle légal de l’infrastructure technique pour satisfaire des demandes de blocage, de filtrage ou de collecte d’information.

      De nombreuses parties de l’infrastructure internationale sur lesquelles s’appuie Internet sont sous le contrôle de gouvernements, ou d’agences contrôlées par des gouvernements, lesquels peuvent effectuer ces restrictions, en accord avec la loi locale ou non.

      Le filtrage ou le blocage de parties d’Internet peut-être un processus complexe ou très simple, nettement défini ou presque invisible.

      Certains pays reconnaissent publiquement le blocage, publient leurs critères de blocage et remplacent les sites bloqués par des messages explicatifs.

      D’autres pays n’ont pas de politique claire et s’appuient parfois sur des interprétations floues ou incertaines pour faire pression sur les FAI afin d’exercer le filtrage. »

      Ce que j’en retire :

      Si le site est hébergé dans un pays qui n’a pas d’accord avec la France pour bloquer les contenus, le site restera accessible sur le net pour tous les pays car il n’y aura pas de moyen de pression sur l’hébergeur.

      La seule solution sera alors pour l’état français de faire pression sur nos fournisseurs d’accès (Orange, Free, etc…) pour bloquer certaines adresses, ça c’est possible.

      Dans ce cas il reste la possibilité d’accéder au site souhaité via un serveur proxy situé dans un autre pays qui servira d’intermédiaire, ils ne pourront pas bloquer tous les proxys.

      Cela va toutefois devenir compliqué pour l’utilisateur lambda qui veut lire un article sur les moutons par exemple.

      J’ai tout compris ?http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_scratch.gif

      Par contre, là ou ça va devenir dangereux pour les politiques et autres corrompus du système, c’est que si les sites sont hébergés à l’étranger, il sera possible de donner des noms et informations nominatives sur les corrompus SANS RISQUE DE POURSUITES.

      Site hébergé en France = contrôle du contenu.

      Site non hébergé en France = pas de contrôle du contenu.

      Plus besoin de modération pour être politiquement correct.

      A double tranchant… Trop de contrôle va tuer le contrôle…

      • Schtroumpf Schtroumpf

        Bon, je suis le seul en France à chercher ses solutions, mais comme je n’ai pas le temps de gérer un blog, on se passera bientôt des sites alternatifs en France vu que tout le monde attend passivement sa fermeture administrative.

        Nous pourrions prendre exemple sur le site Stopmensonges, site géré par un français expatrié aux USA et hébergé ailleurs qu’en France.

        Il peut donner toutes les infos qu’ils veut sans censure.

        Vous y trouverez la liste des agents du MOSSAD (plusieurs milliers de noms), et si vous avez une liste d’agents de n’importe quel pays à lui filer, il la publiera.

        Il y restera aussi les vidéos de Blueman, du Canada.