Fukushima for ever…

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Pendant que sur nos plages, les bambins barbotent dans une eau plus ou moins saumâtre, au Japon, d’autres enfants sont en train de subir à grande échelle les retombées de la catastrophe nucléaire…alors qu’en haut lieu, on envisage sereinement de relancer l’activité nucléaire, malgré une population largement hostile.

40 mois se seront bientôt écoulés depuis la tragédie nucléaire Japonaise, et le taux de cancer de la tyroïde des enfants de Fukushima a été multiplié par 40 pour 48% des 375 000 de ceux-ci.

Selon l’épidémiologiste Joseph Mangano, directeur de « radiation & Public Health Project », lors de la catastrophe de Tchernobyl, 80% des enfants nés après l’accident ont eu à en subir les conséquences, sous différentes formes : maladies respiratoires, malformations congénitales, cancers de la thyroïde, maladies mentales…et pourtant le rapprochement de cette situation passée en Ukraine, et celle en cours au Japon n’est pas en faveur de ce dernier.

En effet, les autorités japonaises avaient refusé de distribuer massivement des pastilles d’iode à la population menacée, et il n’est pas compliqué de comprendre que le pire est à venir. lien

Malgré tout, le très pro nucléaire premier ministre Shinzo Abe a la ferme intention de relancer les 48 réacteurs restants au Japon alors que la population a dit clairement à plusieurs reprises son refus de cette énergie.

Malgré les incitations qu’il fait à ses concitoyens, les encourageant à retourner dans certaines zones, 167 855 japonais ont préféré tout de même ne pas y retourner. lien

Il n’y a plus de doutes aujourd’hui sur le lien possible entre le nucléaire et le cancer, et une étude américaine publiée en février 2014 démontre l’existence d’un risque accru de développer un cancer chez les enfants ayant été exposés à la pollution nucléaire de Fukushima.

Cette étude, effectuée d’aout à septembre 2012 par des chercheurs japonais a porté sur 460 habitants vivant à proximité du lieu dévasté. lien

Or, en mai 2013, le comité « scientifique » de l’ONU avait assuré qu’il n’y aurait aucune hausse de cancers parmi la population, tandis que l’OMS prévoyait une « hausse légère des cancers  » mais uniquement pour les nourrissons de la zone la plus contaminée.

Pourtant l’étude épidémiologique réalisée par l’université de médecine de Fukushima prouve qu’en terme de tumeurs détectées, il est constaté un taux 100 fois plus élevé que pour les enfants du reste du Japon. lien

Ce qui n’empêchera pas les puissants lobbys pro nucléaires de se répandre dans la presse affirmant sereinement : « aucun décès ou maladie graves n’ont été enregistrés ni parmi les travailleurs sur le site ni dans la population en général qui ont été exposés aux radiations (…) il n’y a aucun accroissement mesurable d’incidences d’effets sanitaires dus aux radiations qui puisse être attendu aussi bien pour la population exposée que pour ses descendants  ».

Cette jolie désinformation due à l’UNSCEAR (comité scientifique des nations unies sur les effets des radiations nucléaires) a été publié en 321 pages en avril 2014. lien

Dans le même domaine, le journaliste Nicolas Bérubé évoque tout simplement une « paranoïa  » expliquant que la situation n’est pas préoccupante, que les thons rouges contaminés par le césium de la centrale restent largement sous la norme autorisée et qu’ils expulseront les radionucléides pendant leur voyage, jolie trouvaille dont on aimerait avoir l’explication scientifique.

Il semble ignorer que le césium 137 qui s’est fixé dans les chairs du poisson ne s’évacue qu’avec le temps (la période ou demi-vie de ce césium est de 30 ans…), qu’en juin 2013 un bar affichait 1000 becquerels par kilo, et que cette pollution ne touche pas seulement les poissons, mais aussi les mollusques, le plancton, certaines algues, et que par le mécanisme de la prédation, les gros poissons, se nourrissant des plus petits, accumuleront au fil du temps des doses de plus en plus fortes. lien

Le journaliste, interrogeant Gordon Edwards (expert en question nucléaire et président de la coalition canadienne pour la responsabilité nucléaire) Ken Buesseler, radochimiste, et Malcom Crick, secrétaire de l’UNSCEAR, cité plus haut, propose au lecteur une lecture rassurante de la situation, certifiant qu’aucun mort n’est à déplorer suite aux radiations nucléaires de la centrale de Fukushima.

Or c’est ce même UNSCEAR qui affirme qu’à Tchernobyl, seulement 44 morts sont à déplorer suite à la catastrophe, ajoutant que seulement 134 des travailleurs de Tchernobyl étaient tombés malades en raison de leur exposition aux radiations. lien

Cerise sur le gâteau, il assure que sur les 6000 cas de cancer de la thyroïde, seulement 15 sont morts, les autres ayant été traités avec succès, bien loin des 600 000 à 900 000 morts déclarés par l’académie des sciences de l’état de New York (lien), voire des 14 000 à 27 000 morts certifiés par NRC (autorité de sureté américaine) et DOE (département de l’énergie aux Etats-Unis). lien

Une fenêtre d’espoir s’est ouverte récemment, puisque la société Medesis Pharma, crée en 2003 à Baillargues (Hérault) vient de signer un contrat avec le CEA pour finaliser et commercialiser dès 2017 un produit destiné à extraire le plutonium de personnes contaminées.

Pour l’instant l’entreprise est à la recherche de fonds pour lancer la fabrication du produit. lien

Revenons à Fukushima.

Une autre journaliste, Mako Oshidori, riche de 3 ans d’études en médecine, a révélé que Tepco et le gouvernement censuraient la mort des travailleurs de la centrale.

Elle se base pour cela sur les déclarations d’un infirmier qui travaillait sur le site jusqu’en 2013 : « jusqu’à maintenant plusieurs travailleurs de la centrale sont morts, mais seuls les décès de ceux qui sont morts pendant le travail sont rendus publics, et aucuns de ceux qui sont morts brutalement lorsqu’ils n’étaient pas en poste, n’est rapporté (…) il y a des travailleurs qui après avoir fini leur contrat, fortement irradiés finissent par mourir un mois plus tard, mais aucun d’eux n’est ni signalé, ni pris en compte au bilan des morts  ». lien

Quant au démantèlement de la centrale dévastée, il avance à pas de fourmis, et le retrait du combustible de la piscine du réacteur n°4 a été arrêté au début juillet 2014 pour des raisons inconnues qualifiée par Tepco de « période de maintenance  », lequel prévoit de le reprendre en septembre prochain.

Au 30 juin, plus de 75% des assemblages contenus dans la piscine du réacteur en question avait été enlevés, l’opération devant en principe être terminé à la fin de l’année, et devrait être suivi par l’extraction des combustibles des autres réacteurs. lien

Source et fin de l’article sur Agoravox.fr

 

 

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