Une condamnation sélective de la France par la Cour européenne des droits de l’homme?

Bien beau de condamner un pays, mais autant le faire de manière honnête, car si la cours européenne des droits de l’homme doit condamner la France pour des histoires de manque de rapidité et de souplesse de l’administration quand à des regroupements familiaux, et devrait le faire également en mémoire de Mathias, décédé à 27 ans dans l’indifférence la plus totale…

justice-aveugleLa Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a condamné la France aujourd’hui dans trois affaires relatives au regroupement familial, critiquant le manque de rapidite et de souplesse de l’administration.

La durée, la complexité et le caractère aléatoire des procédures imposées aux trois requérants, un Rwandais et un Congolais bénéficiant du droit d’asile, ainsi qu’une Camerounaise mariée à un Français, ont violé leur droit au respect de leur vie privée et familiale, conclut la juridiction du Conseil de l’Europe. Elle alloue à chacun 5.000 euros au titre du dommage moral.

Extrait issu d’un article du Figaro

Le manque de rapidité et la souplesse dont manque cruellement l’administration française dans certains cas devrait également être dénoncées. Mathias aurait eu 28 ans s’il avait pu avoir une carte vitale pour faire suivre son insulino-dépendance…

Mathias est décédé en février à l’âge de 27 ans. Diabétique insulinodépendant, il n’a pas pu bénéficier d’un suivi nécessaire suite à de nombreux dysfonctionnements administratifs. C’est ce que dénonce sa mère, Véronique Picard, qui a lancé un appel à témoignages pour les étudiants en fin de droits de sécurité sociale. Témoignage.

Mon fils Mathias a intégré la fac sur le tard, il avait un don pour l’écriture mais il se cherchait encore. C’est après un long séjour au Danemark pour perfectionner son anglais qu’à son retour, il s’est inscrit à l’université de Rennes. Il ne voulait pas entendre parler de Paris où j’habite, préférant vivre dans une ville à taille plus humaine.

Il avait gardé du Danemark le souvenir d’un pays où tout coule de source, où les démarches administratives sont simplifiées, bref où les gens ne cherchent pas midi à quatorze heures et cela lui convenait, il privilégiait les relations humaines fiables et sincères, sa parole donnée faisait office de signature et sa confiance accordée était indéfectible. Il me disait souvent qu’éventuellement, il ne lui déplairait pas de retourner au Danemark pour y vivre.

À l’été 2012, il a choisi d’arrêter ses études, Mathias avait l’âme d’un autodidacte et il voulait devenir journaliste. Il s’est alors installé en Normandie où réside notre famille. Mais avant de trouver un emploi dans la presse, il voulait travailler, financièrement il en avait besoin… Il s’est donc inscrit à Pôle Emploi.

N’étant plus à la fac, sa Sécurité sociale étudiante s’est arrêtée en janvier 2013. Et c’est là que tout a basculé…

Mon fils était complètement sorti du système

Depuis l’âge de 4 ans et demi, Mathias était diabétique insulinodépendant. En France, quand on a une maladie dont la vie dépend, on est pris en charge à 100%. C’était le cas pour lui depuis toujours, nous n’avions jamais eu à nous soucier de quoi que ce soit pour ses soins quotidiens et pour le suivi de sa maladie qui n’est pas handicapante quand elle est traitée et bien surveillée.

Mathias a donc immédiatement déposé un dossier à la Sécurité sociale, il a attendu deux mois, pas de réponse. Je les ai moi-même appelés, la situation devenant inquiétante pour son suivi médical. Après quoi, mon fils a demandé à voir un conseiller qui lui a dit qu’il était sorti de leur fichier et donc qu’il n’était plus considéré comme diabétique !

Un nouveau formulaire à remplir lui a été remis. Il était complètement sorti du système… Pas de couverture sociale, donc pas de possibilité de trouver un travail.

sic…Ses papiers de Sécurité sociale sont arrivés… trop tard

J’avais un fils, il s’appelait Mathias.

Le 28 mars 2014, il aurait eu 28 ans, il avait la tête sur les épaules, des rêves plein la tête et la vie devant lui. Il était un garçon merveilleux, c’était quelqu’un de bien. Mais il ne s’est pas réveillé ce soir-là, il est mort faute d’avoir eu assez d’insuline sur le long terme, faute d’avoir eu un suivi approprié à son diabète depuis plus d’un an… faute de carte vitale, vitale…

Tous ses papiers de Sécurité sociale sont arrivés deux semaines plus tard…

Article à lire dans son intégralité sur Leplus.nouvelobs.com

Réunir des familles est surement important, mais condamner la mort d’un jeune homme pour des raisons aussi stupides que la complexité d’une administration l’est surement plus non? Pourtant, la CEDH n’a pas l’air de se sentir concernée par cette histoire là… Mathias avait pourtant droit à sa carte vitale qui pour le coup, lui était vraiment…vitale…

 

Un commentaire

  • kalon kalon

    Il n’y a pas qu’en France !
    Mon ex épouse atteinte d’Alzheimer avait reçu une « cote » de 11 sur une échelle allant jusqu’à 20 d’un médecin-conseil de l’administration voici 3 ans.
    Il y a peu, devant renouveler sa demande, sa « cote » fut abaissée à 7 !
    En somme, là ou la médecine n’a pas encore trouvé de moyen pour guérir cette méchante maladie, l’Administration Belge, elle, l’a trouvé !
    L’explication est simple
    instructions données au médecin conseil:
    Vu que nous avons diminué le budget consacré à l’aide aux personnes handicapées de 30 %, vous étés tenu, en tant que médecin conseil de diminuer la gravité des handicaps de 30 % également !
    Tellement simple qu’on se demande pourquoi certain vont à Lourdes dans l’espoir de guérir alors qu’il suffit d’attendre que le budget de l’état diminue pour obtenir le même résultat !