Poisson d’élevage chinois: enquête sur les risques sanitaires

Cela vient de Chine, on peut aisément se dire que si la qualité est parfois douteuse, cela n’a rien de bien surprenant, mais on se doit de relativiser quand même, ce que les USA veulent nous fourguer que cela soit les poulets javellisés ou les OGM, ce n’est pas tellement mieux… Nous en revenons toujours à la même constatation, il faut produire ou faire pousser soi-même, seul gage de qualité par rapport à tout ce qu’on peut trouver dans le commerce… Ami du jour, bon appétit quand même! ;)

Leur production se retrouve au rayon des surgelés européens ou américains. Mais, dans nombre de fermes piscicoles, les normes sanitaires sont moins respectées que celles du rendement… Plongée dans un monde opaque qui n’hésite pas à frauder.

Poisson d'élevage chinois: enquête sur les risques sanitaires

La Chine assure la moitié de la production mondiale de tilapia, le troisième poisson le plus populaire de la planète. Ici, l’usine Go-Harvest, à Zhanjiang.
© Harold Thibault

D’emblée, Steven avait prévenu son prétendu client : son usine n’a pas reçu la licence CIQ, du nom de l’Administration chinoise du contrôle de la qualité, de l’inspection et de la quarantaine. En principe obligatoire, ce certificat représente la garantie par les services de l’hygiène de Pékin qu’un producteur respecte bien les normes en vigueur pour l’exportation vers l’Union européenne. L’entreprise Hi-Taste (« goût exquis ») n’a jamais obtenu le sésame. Qu’à cela ne tienne…

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« Franchement, assure Steven, il ne faut pas s’inquiéter pour ça. » Il suffira d’utiliser les documents d’une autre usine dont il connaît bien le gérant : « Nous vendrons sous leur nom, explique Steven. Au début, je sais, cela étonne. Mais tous les clients finissent par comprendre. » Si l’opération tourne mal et que les douanes du port européen détectent un produit chimique illégal, par exemple, il suffira de montrer aux agents les papiers de l’usine prête-nom.

Le manager de Hi-Taste a déjà eu recours à cette combine pour expédier des conteneurs vers l’Espagne. Ce que confirme volontiers Simon, l’un des patrons de Kelong, l’usine complaisante que Steven se propose de solliciter en échange d’une commission : ce mode opératoire a aussi été utilisé il y a quelques mois par une entreprise française, assure-t-il. Mais il refuse de donner son nom.

Une fois précisée cette formalité à propos de laquelle « il n’y a vraiment pas à s’en faire », Steven, assis dans son bureau orné d’un portrait de Mao, prodigue ses conseils en affaires.

A son avis, puisque l’économie marque le pas en France, le plus judicieux serait de se lancer dans le trading vers l’Afrique. C’est en direction de ce continent que partent les filets de poisson les moins beaux, parfois cassés ou un peu marron. « C’est plus simple, ajoute Steven. En Afrique, personne ne contrôle. »

Dans le sud-est de la Chine, dans la très industrielle province du Guangdong, la ville de Zhanjiang est désormais la capitale planétaire de deux marchés mondialisés – la crevette et un poisson, le tilapia. Ici, les producteurs proposent des filets de toutes tailles, avec tous les niveaux de glaçage d’eau possibles : une fine couche d’eau glacée entoure les filets achetés au rayon surgelé afin d’éviter que le froid ne brûle le produit. Selon les demandes des marques, 10, 20 ou 30 % du poids total du filet peut donc être de l’eau glacée. En fonction des exigences des douaniers de chacun des pays du monde et selon les besoins des négociants, toutes les pratiques ont cours. Qu’elles soient légales ou non.

L’espèce se reproduit sans peine

Ici, à Zhanjiang, les industriels de la filière piscicole se sont pris d’amour pour un poisson en particulier, le tilapia. En octobre 2010, une spécialiste de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture constatait dans une note de recherche que la production mondiale de ce poisson avait explosé depuis deux décennies, passant de 830 000 tonnes en 1990 à 1,6 million en 1999 et à 3,5 millions en 2008, avant d’enregistrer une légère décélération. La République populaire demeure de très loin le premier fournisseur de la planète et ses fermes d’élevage assurent à elles seules la moitié de la production mondiale. Une part d’autant plus remarquable que le tilapia, originaire d’Afrique, n’a été introduit qu’en 1978 en Chine, dans la province centrale du Hubei.

Dans les usines, il est courant de se procurer la marchandise dans des fermes qui n’ont pas les licences requises.

Depuis, la hausse de la demande internationale a poussé les fermiers du Guangdong à franchir le pas. Car le tilapia a toutes les qualités : il grandit vite, tombe peu malade, se reproduit sans peine, offre de forts rendements. Le tilapia est devenu le troisième poisson d’élevage le plus populaire de la planète, après la carpe et le saumon. On le trouve en filets dans tous les supermarchés d’Amérique du Nord et d’Europe, lorsqu’il n’est pas utilisé comme matière première dans les plats surgelés. Bref, tout le monde apprécie ce poisson d’eau douce… sauf, précisément, les habitants de la région qui s’étend de Zhanjiang à Maoming, dans le Sud-Est chinois, d’où ont surgi des dizaines d’usines et un nombre incalculable de petits éleveurs. La raison en est simple : dans ce secteur proche de la mer de Chine méridionale, les habitants trouvent que cette espèce d’eau douce, qu’ils élèvent, n’a pas de goût.

« Le poisson d’eau de mer a bien plus de saveur », affirme Li Jie, l’air amusé, un producteur dont les bassins sont situés à proximité de la zone urbaine de Zhanjiang. Son élevage de tilapias rapporte entre 2 000 et 3 000 yuans par mois (entre 250 et 370 euros) à ce père de trois enfants – tout juste de quoi couvrir les besoins essentiels de la famille, mais pas assez pour vivre dans l’aisance. Voilà pourquoi, sans doute, près de 30 % des éleveurs piscicoles des environs de Zhanjiang ont changé d’activité ces deux à trois dernières années. « Certains parlent des aléas de la météo, explique Li Jie.

Mais la raison principale est ailleurs : les usines nous achètent le poisson à un prix trop faible. Les patrons nous disent qu’ils n’ont pas le choix s’ils veulent conserver leurs clients à l’export. » C’est ça aussi, la mondialisation. La moitié de la production mondiale de tilapia est basée en Chine, car les producteurs de ce pays ont accepté de rogner sur les prix.

A la pression sur les marges s’ajoute le manque de formation des patrons de petites fermes piscicoles. Li Jie le reconnaît : « La plupart ont une faible connaissance de la science de l’élevage, ils ne savent pas qu’il faut davantage oxygéner l’eau l’été, par exemple. Personne ne les conseille, alors les pertes grimpent. » Dans le même temps, les prix des granulés d’alimentation pour ses tilapias n’en finissent pas d’augmenter : ils atteignent l’équivalent de 14 à 16 euros les 25 kilos selon la qualité. Au cours de la dernière année, explique Li Jie, la nourriture des poissons a coûté environ 21 000 euros, auxquels s’ajoutent les salaires et la location du terrain. « Les affaires ne sont pas bonnes », dit-il.

Nombre d’usines et de petites fermes piscicoles de Zhanjiang abandonnent, mais d’autres ont ouvert ailleurs, notamment sur l’île voisine de Hainan, moins développée. Là-bas, explique Lau Jamark, un commercial de Joinwealth, la licence CIQ, destinée à rassurer les douaniers européens, s’obtient en vingt-cinq jours. Il faut patienter une quarantaine de jours pour obtenir une certification dans la région de Zhanjiang.

Un futur tilapia plus performant…

Le gouvernement chinois est sensible aux difficultés des éleveurs, qui se plaignent d’être écrasés par le marché. Dans la province du Guangxi, une « équipe d’innovation pour le tilapia », financée par l’Etat, aurait créé une nouvelle espèce, le « Baigui no 1 », capable d’atteindre un bon poids – et un prix correct – en deux mois à peine.

En attendant la commercialisation de ce prodige, les producteurs subissent les pressions économiques de leurs clients, occidentaux en particulier. L’usine Joinwealth a parfois travaillé avec la Fishin’ Company, fournisseur de Walmart, la chaîne américaine de supermarchés discount, mais ses patrons ont dû attendre trois mois, après l’envoi de la commande, pour être enfin payés. Cette entreprise, basée à Seattle, a même essayé de convaincre son fournisseur de récupérer une partie de sa commande déjà livrée outre-Pacifique, après avoir constaté un trop-plein de ses stocks, ce qui ne facilite pas la tâche pour les usines chinoises.

Cette pression incessante sur les prix a un impact sur la qualité. Certains éleveurs sont tentés de donner davantage d’antibiotiques aux poissons, car ils craignent de gagner trop peu. Steven, le manager de Hi-Taste, explique que les petits exploitants de fermes piscicoles sont très malins dans ce domaine : « Si on leur donne une nouvelle liste de produits chimiques interdits sur les marchés à l’export, ils vont immédiatement utiliser autre chose. »

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2 commentaires

  • vicktor

    J’y croyais pas, mais la maladie des Morgellons est liée aux ogm…en gros, dans ces fibres inorganiques de cellulose, ils trouvent la même (sûrement e-coli genetiquement modifiée) substance que celle utilisée pour créer les plantes genetiquement modifiées.
    Mais l’homme n’est pas censé de produire des fibres pareilles
    ne parlons plus de la contamination de nos champs, c’est mutantland!!!

    désolé article en anglais, mais pasGoogle le mot morgellons et vous trouvez même des patients Francais
    http://www.globalresearch.ca/gmo-and-morgellons-disease/8464

    • Maverick Maverick

      Le lien n’est pas clairement établi entre OGM et morgellons, mais le fait que les fibres contiennent du « Agrobacterium », substance utilisée pour la production d’OGM, est effectivement troublant. Reste à voir si il y a bien un lien, et si la contamination est alimentaire ou atmosphérique (pollution industrielle).