Ces 3090 milliards de dette virtuelle

Les engagements hors bilan de la France, qui représentent la somme de ce que l’État devrait verser s’il s’acquittait en une seule fois de toutes les sommes qu’il s’est engagé à payer dans le futur, ont été multipliés par trois en huit ans.

La dette de la France est-elle de 1833 milliards d’euros, comme le calcule l’Insee ou de 4923 milliards (246 % du PIB) comme pourrait le laisser croire, entre les lignes, la lecture du rapport de la Cour des comptes? La question n’est pas anodine. La différence entre les deux chiffres – 3090 milliards d’euros! – correspond au montant des engagements hors bilan de l’État calculés par les sages de la rue Cambon. Il ne s’agit pas de dette à proprement parler: les engagements hors bilan représentent la somme de ce que l’État devrait verser s’il s’acquittait en une seule fois de toutes les sommes qu’il s’est engagé à payer dans le futur (retraite des fonctionnaires, prestations sociales ou éventuel sauvetage des banques et des États européens…). C’est pourquoi les deux montants (dette au sens de Maastricht et engagements hors bilan) ne peuvent pas s’additionner comptablement.

Il n’empêche! Aussi théorique soit-il, le montant des engagements hors bilan est un thermomètre utile de la situation financière de l’État. Et s’agissant de la France, l’indicateur vire au rouge. En 2005, les engagements avaient été estimés aux alentours de 1000 milliards d’euros par le rapport Pébereau. Ils ont donc été multipliés par trois en huit ans. L’essentiel de ces engagements (1679 milliards d’euros) est lié aux retraites des fonctionnaires. Ils ont progressé d’un tiers environ en six ans. La Cour minore l’importance de cette envolée, due pour l’essentiel à un durcissement des normes retenues pour le calcul de l’actualisation des flux futurs.

Article entier sur Le Figaro

Un commentaire

  • Fenrir

    Bof! Nous n’allons pas chipoter pour trois milliards de fois le smic mensuel.
    Surtout qu’ils ne seront jamais versés…