Londres, Paris et Washington se préoccupent du contrôle des communications sur Internet

Depuis plusieurs années, le système "Echelon" mise en place par les renseignements américains, pratiquaient une surveillance globale des communications téléphoniques.

Le contrôle des communications sur Internet est une volonté de plus en plus affirmée dans le monde. Loin de la stratégie de censure des pays « ennemis d’Internet », la volonté de la France, des Etats-Unis et du Royaume-Uni de mieux surveiller les activités en ligne des citoyens ont émergé en quelques jours. Le ministre de l’intérieur, Manuel Valls, a affirmé sa volonté d’améliorer la « traque sur Internet », qui est l’une des priorités du FBI cette année. Pendant ce temps, plusieurs géants américains d’Internet ont attaqué un plan de surveillance généralisée des communications des Britanniques.

En France, la déclaration de Manuel Valls intervient après l’agression d’un militaire à la Défense le 25 mai. Pour le ministre, il faut repérer les « signaux de radicalisation » et mieux surveiller les réseaux. « Internet est devenu un vecteur de propagande, de radicalisation et de recrutement pour le terrorisme d’inspiration jihadiste mais aussi pour l’extrême droite. C’est également un lieu d’échange pour les terroristes. (…) Internet fait l’objet d’une veille très active de la part de nos services qui aboutit à des poursuites judiciaires à l’encontre des administrateurs des sites concernés. Mais le recours de plus en plus fréquent aux réseaux sociaux, plus difficiles à surveiller, constitue un nouveau défi », a déclaré M. Valls à Libération, mercredi 29 mai.

Pour cela, le ministre compte notamment s’appuyer sur la traçabilité des contenus permise par les acteurs français d’Internet, comme les fournisseurs d’accès ou les hébergeurs de contenus. « Internet est un moyen discret de communication qui laisse toutefois des traces exploitables par les services spécialisés. Donc cela doit être une priorité pour nous », explique le ministre, qui souhaite également renforcer le cadre juridique autour des services de renseignement, comme le préconise un rapport parlementaire rendu à la mi-mai.

LA SURVEILLANCE SUR INTERNET, PRIORITÉ DU FBI

Pour sa part, la police américaine souhaite voir ses pouvoirs en la matière améliorés. L’élargissement des capacités d’écoute sur Internet est « top priorité cette année » pour le FBI, a récemment affirmé Andrew Weissmann, à la tête du département juridique du FBI, lors d’une conférence. « Les moyens par lesquels nous communiquons aujourd’hui ne sont pas limités aux entreprises de téléphonie », a-t-il fait observer, plaidant pour des pouvoirs de surveillance accrus par exemple de « [la messagerie] Gmail, [le service de téléphone en ligne] Google Voice et [le service de stockage de fichiers] Dropbox ».

Actuellement, la police fédérale peut obtenir de sociétés comme Google ou Microsoft des communications en ligne, sur mandat. Des demandes auxquelles de nombreuses autres entreprises ne peuvent répondre, par manque de moyens ou de capacités techniques. Le président Barack Obama a déclaré le 23 mai que son administration « réévaluait les pouvoirs des forces de police, afin de pouvoir intercepter de nouveaux types de communications ». Les entreprises pourraient ainsi être obligées de répondre aux réquisitions sous peine de lourde amende.

Cette déclaration a provoqué une levée de boucliers parmi les entreprises technologiques. La possibilité de mandater des « cyberécoutes » sur de vastes champs de communications sur Internet fera du tort aux « citoyens normaux qui respectent la loi », les rendant vulnérables, « tout en permettant à des criminels et des terroristes de désactiver ces écoutes ou d’utiliser des produits plus sécurisés venant d’autres pays », fait valoir l’expert en sécurité informatique Bruce Schneier. Les fabricants de technologies s’insurgent aussi contre les coûts, et des conséquences pour leur compétitivité, qu’impliquerait pour eux cette nouvelle loi. L’introduction d’une « porte dérobée » destinée aux écoutes dans les logiciels et services n’est pas appréciée par ce secteur.

Les données personnelles sont d’ailleurs au cœur de nombreux débats aux Etats-Unis. Le gouvernement justifie leur collecte et leur possible transmission pour la lutte contre le terrorisme, un argument choc censé être difficile à contrer. Le projet de loi Cispa, validé par la Chambre des représentants en avril, propose ainsi d’améliorer la transmission d’informations entre les entreprises et le gouvernement, y compris des informations d’internautes, en créant une immunité pour les entreprises. Le texte doit encore passer le Sénat, qui l’a retoqué une première fois en 2012.

Lire : Le Cispa voté par la Chambre des représentants américaine

UN SUIVI PLUS COMPLET AU ROYAUME-UNI

Au Royaume-Uni, les vélléités de surveiller les activités des internautes sont connues de manière moins officielle. Dans une lettre du 18 avril à la ministre de l’intérieur britannique, Theresa May, les géants d’Internet Facebook, Google, Microsoft, Twitter et Yahoo! ont déclaré ne pas vouloir volontairement collaborer à un projet de loi sur la surveillance des communications électroniques, révélait vendredi 31 mai le quotidien The Guardian. Ces sociétés s’inquiètent notamment de l’extension de la durée de rétention des données des Britanniques par des sociétés étrangères à douze mois, qui pourrait avoir « des conséquences potentiellement très dangereuses ». La révélation intervient après le meurtre d’un soldat à Londres par deux hommes le 22 mai.

La ministre de l’intérieur soutient ainsi le projet de loi pour l’extension de l’accès des services de renseignements aux données des internautes (courriels, réseaux sociaux…), qui pourrait coûter 1,8 milliard de livres (2,1 milliards d’euros). Pour cela, Theresa May a besoin de la coopération volontaire des services en ligne, lesquels lui refusent. Cette loi est d’ailleurs appelée « snooper’s charter » par ses opposants, qui la considèrent comme un « droit au voyeurisme » donné au gouvernement.

Pour les géants de l’internet cette loi mettrait en jeu la position du Royaume-Uni comme promoteur de la liberté d’expression. Pour eux, cette demande ouvre la porte à un « monde chaotique » dans lequel chaque pays impose des demandes aux entreprises sur la collecte et la conservation des données personnelles. Les entreprises se disent tout de même prêtes à des « accomodations raisonnables ».

Les entreprises proposent également une solution alternative : étendre les dispositions en place pour accéder aux demandes de la police et des services de sécurité, notamment grâce à une initiative commune entre Royaume-Uni et Etats-Unis pour accélérer le processus. Pour les entreprises, cette solution réduirait bien le besoin d’une législation. En cas de refus de coopération des entreprises, le ministère de l’intérieur pourrait lancer des enquêtes pour obtenir ces données. Selon le MI5, les dispositions souhaitées par le gouvernement n’auraient pourtant pas empêché l’attaque intervenue fin mai.

Source: Le Monde

16 commentaires

  • Il tombe bien cet article….

    Les Brindherbes sont HS, mais Will est sur le coup…

    En attente…

  • robertespierre

    Les brindherbes deviennent très incisifs
    Londres Paris Washington
    déclarent la guerre à l’INFORMATION
    C’est le moment de prouver que
    LE PEUPLE EST SOUVERAIN

    UNE SEULE REPONSE

    GREVES GENERAALES ILLIMITEES

    IL EN VA DE NOTRE SURVIE

    ça prendra le temps qu’il faudra

    Mais c’est la SEULE SOLUTION

    Partout en EUROPE

    L’Europe à l’est est partiellement sous les eaux

    sans rapport…..? pensez-vous!!!!

    La planète en a peut-être également marre

    DU PROFIT……DES PROFITEURS

    • Lionel

      D’accord avec toi, il n’y a qu’une grève générale illimitée qui peut nous sortir du merdier.
      Maiiiiis…. Mais je crois que dans les conditions actuelles de demi-riches qui défendent leurs intérêts et qui sont près de la moitié de la population de l’Europe riche, ne laisseront pas faire, eux ne sont pas d’accord pour renoncer à leurs intérêts et ça risque de se finir en guerre civile cette histoire !

  • Pirouette de Will et …

    Les Brindherbes sont repartis pour un tour !

    Hi, hi , hi….

  • Fenrir

    Hé!Hé!Hé!
    En réalité, ils sont à la rue. Impossible actuellement pour eux de suivre les échanges sur le net.
    La masse de données échangées est devenue trop importante. Même les logiciels utilisant des algorythmes trés élaborés ne permettent de déterminer si mail citant Ben Laden le critique ou fait son apologie. Alors, le reste…
    Surtout si des Moutons parlent aux Moutons…
    La seule solution pour eux : faire peur.
    Et se doter d’une batterie juridique permettant d’investir votre compte à postériori.
    Nous sommes trop nombreux, et bavards en plus.
    L’autre option : fermer internet sous l’excuse d’une attaque terroriste des Anonymous ou autres…
    Bouton Rouge, bêlements, et rv devant la mairie à 11h le dimanche ?

    • marguerite

      Les troupeaux s’organisent….
      Au club des frites et de la bière… très nombreux…
      Continuons…. à bêler !!!

      • libertad

        @ férir

        Leur but est en effet de faire peur et souvent ça marche
        « la seule peur à avoir c’est d’avoir peur »
        Ne pas avoir est le seul rempart contre leurs attaques

    • yoyo

      Traiter des milliards de messages électroniques n’est pas un problème. Il faut les bons ordinateurs et les bons filtres après il est clair que si les internautes s’en donnent la peine ils seront car même mal car il st assez facile de multiplier le coût de traitement par 10 ou par 100 ! Question d’éducation !

      !

  • supermouton supermouton

    La Monarchie parasitaire 2.0 commence a paniquer sérieusement. Cela ne démontre qu’une chose : ils ont totalement perdu le contrôle du paquebot qui va se manger l’iceberg, et les emmener eux aussi par le fond. C’est d’ailleurs uniquement ce dernier point qui les soucie, le reste n’a jamais eu aucune importance tant qu’ils avaient des meubles a bruler dans la cheminée…

  • BULLSHIT ! Le gouverne-ment de l’Union EUropéenne, pas son bras technique STOA (Scientific & Technology Office Assesment) publiais son rapport COMINT (Communication Intelligence) en 1998 (3 fois 666) dans lequel il reconaissais l’opération ECHELON du NSA tout en disant que l’Europe fait pareil !

    Internet est SIONISTE ! Matériel, logiciel, protocoles TCP/IP, processeurs, contenant, contenu : you name it !

    Cessez de jouer aux vierges offensées ! La France a colonisé l’Amérique et non le contraire ! VOUS descendez des francs-maçons, des faux-Juifs et dans l’histoire de vos rois on ne peut pas vous distinguer des Anglais, des Allemands, des Espagnols… continuez de rêver mais de grâce cessez de dire que le mal viens de partout sauf de chez vous !

    • engel

      2h27,

      Si c’est pour dire de telles inepties, rendors-toi!

      PS: Tu as oublier de préciser,que nous sommes tous bipèdes et donc « mais de de grace cessez de dire…bla et bla… »

  • do39

    Ceci :
    « Internet fait l’objet d’une veille très active de la part de nos services qui aboutit à des poursuites judiciaires à l’encontre des administrateurs des sites concernés. »

    Concerne BENJI et VOLTIGEUR…

    et ce n’est pas une menace en l’air…
    vu que d’autres sites ont vu leurs administrateurs sanctionnés par une procédure judiciaire et le site suspendu…

    Ainsi le site http://www.photovoltaique.info et forum-photovoltaique.fr liés au GPPEP : Groupement des Particuliers Producteurs d’Electricité Photovoltaïque…

    donc cela devrait tout(e)s nous inciter à la prudence dans l’expression de nos messages…

  • Maverick Maverick

    La censure d’Internet, on nous l’avait déjà sortie à propos de l’affaire Merah, la voilà qui refait surface avec cette agression (peut-on réellement parler d’attentat ?)… M’est avis que si les réseaux sociaux sont dans le collimateur, c’est surtout par rapport aux « flash-mobs », ou à ce qui est arrivé pendant les émeutes de Londres, les Printemps Arabes … Oui, les Zautorités ont peur.