Un porc génétiquement modifié écologique pour réduire l’excrétion phosphorée..

A force de modifier les espèces………..

Une équipe de recherche de l’université de Guelph a développé une nouvelle lignée de porcs transgéniques écologiques : les « Enviropigs ». La nouvelle lignée d’Enviropigs appellée « Cassie » transfère ses gènes moins facilement que la précédente lignée. Les résultats de ce projet ont été publiés en première de couverture de la revue Journal of Animal Science.

Les Enviropigs, des cochons transgéniques écologiques 

Les glandes salivaires des Enviropigs ont été génétiquement modifiées pour mieux digérer le phosphore de l’aliment et réduire l’excrétion de phosphate dans l’environnement. Après avoir développé une première lignée, les chercheurs ont observé que certains gènes pouvaient être instables pendant la reproduction ou impropre à la commercialisation, ces défauts ont été corrigés dans la lignée Cassie. Dans leur articles, les chercheurs de l’université de Guelph en Ontario, expliquent que la lignée Cassie a la même capacité que la précédente à digérer d’importantes quantités de phosphore végétal.

Le phosphore est crucial à la croissance du porc, cependant 50 à 70% du phosphore contenu dans le grain est sous forme d’acide phytique, un composé que le cochon ne digère pas. Pour pallier cela, de nombreux éleveurs ajoutent une enzyme – la phytase – en complément alimentaire. La phytase dégrade l’acide phytique et aide l’animal à mieux digérer le nutriment. La phytase coûte cher aux éleveurs, de plus elle est fragile et peut être accidentellement endommagée ou détruite lorsqu’on la mélange à l’aliment.

L’Enviropig a été créé pour résoudre ce problème en synthétisant des phytases dans ses glandes salivaires ce qui réduit le coût des compléments alimentaires. En digérant davantage de phosphore, l’Enviropig produit moins de phosphate dans ses excréments ce qui rend son élevage plus soutenable écologiquement. « L’enzyme est sécrétée dans la salive et fonctionne de la même manière que la phytase ajoutée à l’alimentation », explique le Dr Cecil Forsberg, Professeur émérite en biologie moléculaire et cellulaire à l’université de Guelph et co-auteure de l’article.

Risques et débouchés, du laboratoire à l’assiette

Bien qu’aucune étude n’indique de risque pour la santé pour ces porcs génétiquement modifiés, leur viande n’est pas autorisée à la consommation humaine, le professeur Forsberg est pourtant convaincu de son intérêt pour la production de viande et pour l’environnement. « Quand la nourriture d’animaux transgéniques sera acceptée par les consommateurs, Enviropig pourrait être l’une des premières améliorations introduites, et permettra de valoriser le lisier, selon le Pr Forsberg. Nous avons démontré que le gène pouvait être transféré de manière stable aux générations suivantes, de plus les animaux sont en bonne santé. »

Cependant, l’usage de ces animaux reste très controversé notamment en regard du risque pour l’homme de bouleverser son propre métabolisme avec une augmentation de l’assimilation du phosphore dont les conséquences seraient imprévisibles. L’objectif affiché de baisse des coûts de production doit aussi être calculé précisément et pondéré par le coût de la phytase en complément alimentaire, la baisse de rentabilité suite à une carence en phosphore, la marge de manoeuvre par une modification de l’alimentation et le surcoût d’achat de l’Enviropig. Enfin le risque d’appauvrissement du patrimoine génétique du porc en ne produisant qu’une race d’Enviropig doit aussi être pris en compte.

La recherche sur la lignée Cassie a été arrêtée en Juin 2012 par manque de débouchés et les animaux ont été euthanasiés, les chercheurs ont cependant conservé la semence des animaux pour pouvoir redémarrer l’élevage rapidement le jour venu.

Un autre exemple d’animal transgénique, un saumon transgénique pouvant mesurer au final le double de la taille d’un poisson normal, a été soumis à la Food and Drug Administration aux Etats-Unis pour une autorisation de mise sur le marché. Ce poisson est élevé et développé à Terre-neuve au Canada par la société AcquAdvantage. Le 21 décembre 2012, dans une décision très controversée parmi la communauté scientifique, l’institution n’a reconnu aucun danger pour l’environnement et le consommateur. L’autorisation de mise sur le marché, doit encore être soumise à une consultation publique qui durera jusqu’au 26 avril prochain.

 

Un article publié par bulletins-electroniques.com et relayé par Tanka pour SOS-planete

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