Réelle possibilité de voir Chypre sortir de la zone euro (mise à jour)

L’Institut de la finance internationale (IIF), qui représente les plus grandes banques du globe, a estimé jeudi qu’il y avait une réelle possibilité de voir Chypre sortir de la zone euro après son sauvetage financier controversé.

C’est le premier cas où on peut voir une forme de sortie (de la zone euro, ndlr) comme une possibilité réelle, a déclaré le chef économiste de l’IIF, Philip Suttle, ajoutant que cela serait bien plus facile pour un petit pays comme Chypre.

Chypre est en train de pâtir de tous les coûts liés (…) à l’euro, sans avoir aucun des bénéfices, a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse, citant la dépréciation des dépôts bancaires et la dépression économique qui s’annonce dans le pays, dont le secteur financier, crucial pour son économie, a été amputé.

Sous la pression de ses créanciers de la troïka (FMI, Union européenne, BCE), Chypre a accepté la faillite de la banque Laïki, l’une des plus importantes du pays, et une mise à contribution des gros déposants en contrepartie d’une aide de 10 milliards d’euros.

La seule issue (pour le pays, ndlr) serait une dévaluation, impossible avec la monnaie unique, a estimé M. Suttle, estimant qu’une sortie de Chypre de la zone euro n’aurait, selon lui, pas nécessairement de répercussions ailleurs en Europe.

L’IIF s’est en revanche dit inquiet des conséquences du plan de sauvetage chypriote sur les autres banques européennes en difficulté.

Il est quasi certain que cela va augmenter les coûts de financement (…) des banques faibles ou perçues comme faibles, en particulier en Espagne, au Portugal ou en Italie, a indiqué M. Suttle.

Cela aggrave d’une certaine manière les défis qui attendent ces pays, a-t-il ajouté.

Basé à Washington, l’IIF représente les intérêts de plus de 470 établissements financiers à travers le globe.
Source: Agence de presse via Romandie

 

Chypre: le président Anastasiades assure que l’île restera dans l’euro

Nicos Anastasiades s’adresse à la nation à Nicosie, le 25 mars 2013

Chypre ne quittera pas la zone euro après le plan de sauvetage international, destiné à éviter la faillite au prix d’une restructuration drastique de son système bancaire, a assuré vendredi le président chypriote Nicos Anastasiades, selon l’agence CNA.

« Nous n’allons pas quitter l’euro, et j’insiste sur cela », a déclaré M. Anastasiades lors de la conférence annuelle d’un syndicat de fonctionnaires à Nicosie.

« Je répète, nous n’allons pas nous engager dans des expériences risquées qui mettraient en danger l’avenir de notre pays », a-t-il insisté.

Lors de la même conférence, le président du Parlement, le socialiste Yiannakis Omirou, a rejeté le plan de sauvetage obtenu à Bruxelles, estimant que les contreparties exigées à ce prêt de 10 milliards d’euros détruiraient l’économie et qu’il fallait étudier une autre option, selon CNA.

Chypre est membre de l’Union européenne depuis 20O4 et de la zone euro depuis 2008.

Avec l’accord conclu à Bruxelles, « nous avons garanti le sauvetage de notre économie et pris nos distances avec un effondrement de l’économie », a cependant assuré M. Anastasiades. « Malgré le caractère tragique de la situation, elle est sous contrôle, et nous avons désormais la main pour la gérer ».

M. Anastasiades, président conservateur qui a pris ses fonctions il y a un mois, a rejeté les critiques contre l’accord conclu lundi à l’aube à Bruxelles avec les bailleurs de fonds internationaux en poursuivant son offensive contre son prédécesseur, le communiste Demetris Christofias.

Le gouvernement de M. Christofias, qui avait demandé un plan de sauvetage mais laissé les négociations s’éterniser, a « hypothéqué l’avenir du pays » et autorisé la Laïki, deuxième banque du pays avec environ 9,2 milliards d’euros de dépôts, à siphonner 11 milliards d’euros, a dénoncé le président.

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