Hollande à Athènes : pas une simple visite de courtoisie

La Grèce n’a plus un rond, la population ne peut plus se soigner convenablement, nous sommes face à un scandale sanitaire titanesque, et notre « président normal » va tenter de fourguer des frégates multi-missions pour sauver une société française sur le déclin, la DCNS. Le souci, la Grèce n’a plus un rond, donc pas de souci, au lieu de leur vendre, Hollande va faire de la location-vente! Reste le grand mystère qui dépasse même celui du triangle des Bermudes: comment la Grèce va-t-elle payer?

Le 19 février, le président français est en Grèce pour adresser « un message de confiance et de soutien » à un pays durement touché par la crise économique et la politique d’austérité. Mais la presse grecque voit aussi dans ce déplacement des motivations plus matérielles…
Le 25 août, François Hollande avait reçu le Premier ministre grec Antonis Samaras à l'Elysée, mais ne s'était pas rendu à Athènes après son élection - AFP Le 25 août, François Hollande avait reçu le Premier ministre grec Antonis Samaras à l’Elysée, mais ne s’était pas rendu à Athènes après son élection – AFP

François Hollande est en visite à Athènes, en réponse à l’invitation du Premier ministre grec Antonis Samaras. Pourtant, nombre d’observateurs estiment que cette visite aurait dû avoir lieu plus tôt – juste après l’élection (en mai) du président « normal » en France, pour profiter au mieux de la vague de changement qu’il incarnait. Contrairement à la visite d’Angela Merkel (en octobre), celle de François Hollande apparaît aujourd’hui comme mineure, puisqu’il ne se déplace qu’avec un vice-ministre des Affaires étrangères. Néanmoins, la chancelière comme le président sont venus avec une cohorte d’hommes d’affaires.

De tous les dossiers économiques qui seront abordés, le plus surprenant reste celui des frégates multimission (Fremm) que la France compte vendre à la Grèce. Un dossier surprenant puisque la Grèce est aujourd’hui dans une position économique très difficile, et que son budget n’en finit plus de rétrécir.

Mais ceux qui connaissent les dessous du dossier savent que quand Georges Papandréou était Premier ministre, la France voulait déjà se placer pour vendre ses frégates. C’était en 2009, et le coût était à l’époque bien trop élevé pour la Grèce.

Paris n’a pas abandonné la partie, et François Hollande veut relancer les négociations :  il vient donc en Grèce pour proposer un contrat de location-vente portant sur 2 des 6 Fremm conçues par la société DCNS. Il faut dire que cette société française a de sérieux problèmes économiques, et que ce contrat avec la Grèce pourrait lui donner un nouveau souffle. Pour les Grecs, l’idée serait de payer ces frégates plus tard.

Dans la marine nationale, les opinions sont partagées sur l’utilité de ces bateaux, qui devront notamment servir pour la recherche de pétrole et de gaz en mer Egée. Les frégates vont aussi être au cœur des discussions la semaine prochaine, lors de la visite de Jean Yves le Drian. Le ministre de la Défense français, pour ne pas laisser refroidir les choses, s’entretiendra avec son homologue grec immédiatement après la venue de François Hollande.

Car, en parallèle, des intérêts français se profilent aussi dans l’exploration des hydrocarbures en mer Egée. Total a déjà décroché un juteux contrat de forage au large de Chypre, et la société française ne compte pas s’arrêter là.

Source: Courrier international

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