Cigéo : ce qu’il faut savoir sur la future « poubelle nucléaire » française

Tous ces milliards dépensés, ne le sont pas pour chercher et trouver des énergies alternatives, ils le sont pour enfouir les déchets ultimes les plus dangereux produit par les centrales nucléaires…. Quant aux gaz de schistes le parlement  « réfléchit » sur des méthodes d’extraction……

A 500 mètres sous terre, les chercheurs testent la fiabilité d’un coffre-fort qui devra résister plusieurs centaines de milliers d’années

La Commission nationale du débat public (CNDP) doit donner ce mercredi 6 février le coup d’envoi du débat sur le futur site de stockage de déchets nucléaires Cigéo, situé entre la Meuse et la Haute-Marne. Pour l’occasion, la ministre de l’Ecologie Delphine Batho s’est rendue lundi à Bure, pour visiter le laboratoire souterrain qui expérimente depuis huit ans les dispositifs de stockage à 500 mètres de profondeur. Le point sur ce projet très polémique.

Où sont entreposés aujourd’hui les déchets nucléaires ?   

Les déchets nucléaires ne sont pas stockés au même endroit en fonction de leur nocivité et de leur durée de vie. L’industrie nucléaire, qui doit isoler les déchets le temps que leur radioactivité diminue, peut soit les stocker en surface, soit les recycler, soit les vitrifier, soit les enfouir profondément. La 1ère solution concerne la plus grande partie des déchets, dont la demi-durée de vie est inférieure à 30 ans, et qui peuvent donc être stockés à la surface de la terre.

 

Durée de radioactivité des déchets nucléaires

 

En France, il existe deux principaux centres de stockage de surface, qui prennent en charge près de 90% des déchets produits en Hexagone. Il s’agit du centre de l’Aube (déchets de faible et moyenne activité à vie courte), le plus grand au monde, avec une capacité de stockage d’un million de mètres-cubes, et de celui de Morvilliers (déchets de très faible activité).

Les déchets les plus nocifs ou à longue durée de vie -l’uranium 238 par exemple présente une radioactivité de quelques milliards d’années- sont le plus souvent entreposés, compactés ou vitrifiés dans des usines, à la Hague par exemple, en attendant la mise en oeuvre du projet Cigéo…

En 2030, la taille de la « poubelle nucléaire » française atteindra 2,7 millions de mètres cubes, contre 1,2 million en 2010.

Qu’est-ce que le projet Cigéo ?

Ce n’est qu’en 2006 que le législateur français a fait le choix d’enfouir sous terre une partie des déchets nucléaires pour les stocker le temps que leur radioactivité décroisse. (…)

Si le projet voit le jour -il doit être soumis au Parlement en 2015 pour une mise en oeuvre en 2025-, les déchets seront stockés dans des installations souterraines ultra-bétonnées, d’une superficie totale de 15 km2, situées à environ 500 mètres de profondeur. Ici bas, la roche argileuse imperméable a été choisie pour ses propriétés de confinement sur de très longues périodes.

Le premier coup de pioche ne sera pas donné avant 2019, mais un laboratoire grandeur nature -récréant les conditions de la cuve- a été crée il y a huit ans pour éprouver l’étanchéité de l’argile dans le temps. A terme, la cuve en acier et béton renfermant les déchets risque en effet d’être altérée par l’eau et l’oxygène. Seul l’argile fera alors rempart avec les nappes phréatiques.

Pourquoi ce projet fait polémique ?

La question de l’enfouissement des déchets radioactifs est très sensible en raison des risques environnementaux qu’elle soulève. Régulièrement, les écologistes affirment, études à l’appui, que le chantier Cigéo est extrêmement dangereux. Outre les diverses pollutions qui l’accompagneront -transports des déchets, structures d’entreposages etc.- certains experts estiment que la sûreté ne peut-être totalement garantie sur ce site.

Dans des travaux récents, largement repris par EELV, l’ingénieur indépendant Bertrand Thuillier a listé une série de risques liés au projet Cigéo : rejets de gaz et de contaminants radioactifs, risques d’explosion et d’incendie, voire même un risque de réactions en chaîne nucléaire…

Par ailleurs, les écologistes jugent que les garde-fous apportés par le législateur sont insuffisants. Dans sa version actuelle, la loi sur l’enfouissement des déchets met en place le principe d’une réversibilité pendant 100 ans de l’installation, c’est-à-dire que durant toute cette période, il devra être possible de récupérer les déchets enfouis en cas de risque majeur. Il s’agit de laisser aux générations futures le choix de modifier ou d’orienter le processus de stockage. Mais pour les écologistes, une telle réversibilité est loin d’être garantie.

La question du coût risque elle aussi d’émerger dans le débat. Initialement, Cigéo avait été chiffré à 15 milliards d’euros, financés par une taxe sur les installations nucléaires acquittée par EDF, Areva et le CEA. Mais ce chiffre, qui date de 2005, pourrait être revu à la hausse. Il y a un an, la Cour des comptes avait plutôt évoqué une fourchette pouvant aller jusqu’à 35 milliards d’euros. De quoi là encore donner du grain à moudre aux détracteurs du tout nucléaire.

C’est à toutes ces questions que le gouvernement Ayrault s’est promis de répondre en lançant un grand débat sur le projet. Qu’il ne compte toutefois pas remettre en cause… Dans une interview au Républicain Lorrain, Delphine Batho affirme en effet que le stockage à Bure est la solution « la plus sûre »…

 

Pour en savoir plus sur la gestion de déchets avec le site de l’IRSN, cliquer ICI

Auteur : Julie de la Brosse

Source : lexpansion.lexpress.fr

Article relayé par : kannie

 

9 commentaires

  • Natacha Natacha

    Reculer pour mieux sauter !
    300 000 ans de pollutions de l’eau, de la terre et de l’air !
    Le champagne aurait de drôles de bulles !
    C’est absolument inacceptable.

  • gerard51

    On laisse aux générations futures un cadeau empoisonné. On pense que des progrès dans ce domaine permettront , peut-être, de trouver une solution à ces encombrants déchets. Oui mais, c’est postuler que la civilisation ne va pas s’effondrer or n’en prenons nous pas le chemin par hasard? … lisez cette théorie (facile à piger) http://generationsfutures.chez-alice.fr/petrole/olduvai.htm ensuite demandez-vous si les couples les plus brillants intellectuellement font les plus d’enfants regardez bien autour de vous), est-ce que certains apports migratoires dans certaines civilisations boostent le niveau scientifique ? (Ne regardez pas que la télé, mais discutez avec des professeurs (enfin, prudence… sur leur objectivité), des directeurs de grandes écoles, des membres de jurys divers, regardez qui ont des prix Nobel, etc…)
    Ensuite, vous serez moins péremptoires sur l’avenir de notre civilisation. Conclusion : on laisse bien un cadeau empoisonné à ceux qui nous suivront. Hélas.

    • Bidule

      Intéressant mais je pense qu’il se trompe sur plusieurs points!
      Deux exemples :
      Il y a l’absence d’extraterrestres??
      On sait maintenant que les terriens ont été (et sont toujours) en contact avec eux au cours des derniers millénaires. Même les livres religieux en parlent (ex: la roue d’Ezéchiel).

      Et il ne tient pas compte de la découverte d’énergies de remplacement qd le pétrole, le gaz et le charbon seront épuisés.
      Je pense qu’on verra alors sortir des tiroirs les brevets des énergies libres.

    • Bidule

      Il dit aussi :
       » Si de telles civilisations « sages » existaient quelque part dans l’univers, elles devraient déjà être parmi nous pour nous convaincre d’agir autrement.  »

      Et bien c’est précisément ce que font les livres religieux .. nous avertir du danger de nos excès et ils nous donnent une ligne directrice à tenir pour ne pas sombrer!

  • fotoulaver fotoulaver

    La seule évolution de notre société c’est la connerie. Une technologie qui repose sur autant de merde ne peut pas apporter quelque chose de bien, pour personne et surtout pas pour la planète.
    Ils étaient bien plus évolué que nous il y à 10000 ans.
    EA, ENKI.

  • yann

    H.S : France Telecom : et maintenant, appelez-moi Orange !

    Dans une note au partenaires sociaux que le quotidien Le Monde s’est procuré, Xavier Couture, directeur exécutif de Orange-France Télécom, chargé de la marque et de la communication de l’opérateur, annonce que ,le 13 février prochain, il défendra « un projet d’évolution du nom juridique de l’entreprise. »

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/02/06/france-telecom-et-maintenant-appelez-moi-orange_1827741_3234.html

  • nootrope12

    Alors fini le temps ou France Télécom disait d’appeler Orange si un problème se présentait et Orange de se plaindre chez France Telecom pour les même raisons ? Zut…

  • boubouille

    c est peut être un black program pour sauver l élite
    francaise car tous les pays construisent des tunnels
    profond pour les événements a venir. (comètes)?

    il n y aura jamais de déchet dans ce trou car ce n est peut
    etre pas son but ultime