Les recherches vont reprendre sur le virus mutant H5N1 après un an de controverse

Les recherches sur un virus mutant de la grippe aviaire H5N1, interrompues il y a un an après une controverse sur les risques d’utilisation par des bioterroristes, vont reprendre prochainement, selon les chercheurs concernés.

Nous mettons fin à un moratoire volontaire sur les recherches effectuées sur la transmission de la grippe aviaire, ont indiqué 40 chercheurs originaires de 12 pays dans une annonce publiée mercredi conjointement dans la revue américaine Science et dans la revue britannique Nature.

Ils ont précisé que les recherches allaient reprendre dans les pays dont les gouvernements ont donné le feu vert, mais pas aux Etats-Unis qui n’ont pas encore publié leurs propres règles, ce qui va affecter également tous les projets de recherche à l’étranger financés par les Etats-Unis.

Nous reconnaissons que cette recherche –comme toute recherche sur des agents infectieux– n’est pas sans risque, reconnaissent-ils toutefois.


La polémique était née à la fin 2011 après l’annonce par deux équipes, l’une américaine et l’autre néerlandaise, de la création en laboratoire de mutations du virus H5N1 capables, pour la première fois, de se transmettre facilement entre mammifères.

Le virus H5N1, essentiellement présent parmi la volaille d’élevage et les oiseaux sauvages, est très dangereux pour l’homme avec un taux de mortalité de 60%. Il a fait 360 morts environ depuis son apparition en 2003 car il se transmet difficilement entre êtres humains.

Le but de ces recherches –financées partiellement par les Instituts nationaux américains de la santé (NIH)– était de comprendre si ce virus pouvait muter en une version capable de se transmettre facilement par voie aérienne entre humains.

Mais en novembre 2011, le Bureau national américain de la science pour la biosécurité (NSABB) avait demandé Science et à Nature de ne pas publier les résultats de ces travaux, évoquant le risque de bioterrorisme. Les résultats avaient finalement été publiés en mai et juin dernier.

En janvier 2012, les chercheurs avaient annoncé un moratoire volontaire de 60 jours –qui a finalement duré un an– pour leur donner le temps d’expliquer l’intérêt de leurs travaux en terme de santé publique et de prendre les mesures de sécurité nécessaires.

Toutes les conditions sont désormais remplies, a expliqué Ron Fouchier, l’un des chercheurs qui travaille pour le Centre médical Erasmus au Pays-Bas lors d’une conférence de presse par téléphone, tandis que John McCauley, un responsable de l’OMS a estimé que les mesures de sécurité prises étaient satisfaisantes.

Le risque le plus important serait de ne pas faire les recherches qui pourraient nous aider à mieux gérer une pandémie, a estimé pour sa part un autre chercheur, Yoshihiro Kawaoka, de l’Université de Tokyo.

L’équipe de Kawaoka avait testé le virus mutant H5N1 sur six furets, un mammifère couramment utilisé dans les laboratoires de recherche en raison de sa proximité avec l’homme. Les furets infectés avaient transmis le virus par voie aérienne à d’autres furets, mais aucun d’entre eux n’en était mort.

Source: AFP via Romandie

2 commentaires

  • criminalita

    C’est formidable, ces scientifiques ont plein de bonnes idées. %$@#
    mdr…

  • Niakine Yapatchef Niakine Yapatchef

    J’ai ma propre petite théorie sur le sujet…:

    La société exerce une pression énorme sur nos individualités. Le travail aliénant, les médias agressifs omniprésents et hystériques, la bouffe immonde, la bêtise collective, la pression démographique, la pollution, le manque d’espace.

    Attaqué de toutes parts l’homme moderne est malade.

    Il n’y a plus vraiment d’endroit ou l’homme puisse vivre libre, loin des formes figées de la société.

    Dans ces conditions non naturelles de survie, l’espace vital se trouve réduit ou l’agression est permanente. Il est normal que l’humain ressente un stress continu. Il en découle besoin d’émancipation individuel impossible à réaliser.

    Inexorablement ce besoin inassouvi se traduit, subconsciemment, par un désir d’extermination de ses congénères. Celui ci se manifeste par des fantasmes fin-du-mondiste et pandémiques. H5N1 en est un exemple.

    Sans l’avouer ouvertement, la pandémie ultime est pressentie par certains comme une « libération » d’où ce formidable aura médiatique.

    Alors la désirez vous vraiment cette apocalypse ?