Le Parti pirate annonce des candidats dans sept circonscriptions sur neuf dans le Bas-Rhin !!

Législatives  Le Parti pirate annonce des candidats dans sept circonscriptions sur neuf dans le Bas-Rhin

C’est d’une certaine manière encore un vaisseau fantôme, très peu repéré sur les radars politiques de la région. Mais le “Parti pirate” qui a une section alsacienne depuis le mois de février, a l’intention d’être présent aux législatives dans sept circonscriptions sur neuf dans le Bas-Rhin. Aucun candidat n’est signalé pour l’heure dans le Haut-Rhin.

Ce sont des inconnus. Inconnus des états-majors politiques et plus encore du grand public. Ce qui les rassemble ? Ce sont tous des « enfants du web », qui défendent avec la même conviction la liberté numérique et le respect de la vie privée. Ils sont de ceux qui ont protesté contre Hadopi, contre les lois Loppsi et milité pour une refonte complète du droit d’auteur mis à mal par l’explosion d’Internet.

Premier cap à franchir : le dépôt de candidature dans les formes, avant le 18 mai au soir

Le Parti pirate, un mouvement aux contours assez flous né en 2005-2006 en Suède, aura donc sept candidats aux législatives dans le Bas-Rhin, si l’on en croit ce qui est annoncé sur le site français du mouvement, sur partipirate.org (cliquer ici). Evidemment, il n’est pas dit que ces tout jeunes candidats, qui mèneront une campagne low-cost, visant à tendre vers le « zéro euro », arriveront à mener leur barque jusqu’au premier tour. En tout cas, on saura le 18 mai au soir, date de clôture des inscriptions en préfecture, s’ils passent un premier cap avant d’entrer en lice.

Le Parti pirate a l’intention de présenter des candidats dans les trois circonscriptions de Strasbourg : la 1, tenue par Armand Jung (PS) et qui a de fortes chances de rester à gauche ; la 2 qui risque de basculer à gauche et où s’affronteront le sortant UMP Jean-Philippe Maurer et l’adjoint au maire PS de Strasbourg Philippe Bies ; la 3, où le député UMP André Schneider aura face à lui deux adversaires et rivaux, Andrée Buchmann (avec la double investiture EELV et PS) et Raphaël Nisand (maire PS de Schiltigheim). Le Parti pirate sera également représenté dans la 4 (Strasbourg campagne), où le député Yves Bur lance sa suppléante Sophie Rohfritsch ; la 5 (Sélestat-Villé-Marckolsheim) tenue par Antoine Herth (UMP) et qui devrait rester sans problème dans le camp de la droite ;la 7 ( Saverne) où Patrick Hetzel (UMP) espère succéder à Emile Blessig et la 9 (Haguenau) où Nicole Thomas (UMP), maire de Bischwiller, et Claude Sturni, maire de Haguenau, se disputeront les voix de droite.

Sept circonscriptions sur neuf. Ce n’est pas négligeable. Aucun candidat, par contre, ne s’est manifesté pour l’une des six circonscription du Haut-Rhin.

Deux députés européens, des membres dans plusieurs parlements en Allemagne et près de 200 conseillers municipaux outre-Rhin

Tout nouveau en Alsace, le mouvement pirate est aujourd’hui loin d’être un phénomène anecdotique à l’échelle européenne. Il a été fondé en 2005-2006 en Suède par des internautes qui voulaient fédérer tous ceux qui étaient dénoncés comme des « pirates » de l’Internet. Des adeptes du téléchargement libre, des fans de l’open source et du logiciel libre et des adversaires de la mise sous contrôle de l’univers numérique par les Etats, sous couvert de lutte contre la délinquance, la pédopornographie, la cybercriminalité. Puis, petit à petit, le mouvement s’est intéressé à d’autres problématiques, la reconnaissance du vote blanc en France par exemple.

Le Parti pirate, représenté aujourd’hui dans une quarantaine de pays dont une grande partie est membre de l’Union européenne, a poussé la porte de quelques prestigieuses assemblées. Deux “pirates” siègent au Parlement européen à Strasbourg, notamment l’informaticien et activiste suédois Christian Engström, qui fait partie du groupe des Verts/ALE (lire ici sa fiche biographique). Le Parti pirate a fait son entrée en septembre 2011 dans le parlement du Land de Berlin (15 élus, 8,9 % des voix, presque autant que Die Linke) (cliquer ici). Depuis, il a fait son entrée dans les parlements de la Sarre (7,4 % des voix, lire ici) et du Schleswig-Holstein (8,2 % des voix, lire ici). Le Parti pirate serait représenté dans 194 conseils municipaux en Allemagne. (Lire ici une synthèse sur le Parti pirate allemand)

A Strasbourg, ce mouvement a fait parler de lui pour la première fois en février (lire ici, un article des DNA), à l’occasion d’une réunion dans un café. Il avait manifesté son ambition de participer aux législatives, sans être plus précis sur les circonscriptions où il serait présent et les candidats en lice.

A quelques jours des inscriptions, l’objectif est affiché. Strasbourg a connu au début des années 2000 un mouvement politique original et innovant qui se manifestait sous l’étiquette AIR. D’éphémères candidats avaient obtenu d’honorables scores aux municipales en 2001 puis aux législatives en 2002. Mais ils avaient aussi perdu beaucoup d’argent dans l’affaire et n’existent plus, à notre connaissance, sur la scène politique.

Qu’en sera-t-il du Parti pirate à Strasbourg et en Alsace ? Réponse au soir du premier tour des législatives. En Alsace et ailleurs en France.

Source: DNA du 13/05.2012