Secousses économiques en Europe: les agences de notations en remettent une couche…

Dans le plan établi pour affaiblir l’Europe et l’euro, seul et unique moyen pour que le dollar ne perde pas trop de sa valeur face à la monnaie unique européenne, les agences de notations américaines font parfois du zèle, et donc il serait bon de donner les dernières nouvelles dans le domaine. Moody’s a annoncé donc qu’elle risquait de baisser la note de la France, de l’Autriche  et de l’Angleterre, et baisse dans le même temps les notes de l’Italie, du Portugal, de l’Espagne, de la Slovaquie, de la Slovénie et de Malte. Attention tout de même, suivant les économistes et les analystes, l’Angleterre « devrait » y échapper, mais bon, au fil des mois, on a vu ce que pouvaient donner les analystes et économistes officiels…. Petit clin d’oeil à Alain Minc au passage…

Et j’en termine avec le fait qu’il n’y a pas QUE les agences de notations qui s’attaquent aux pays et à leur fiabilité, il y a aussi la commission européenne: « La Belgique et onze autres pays de l’Union européenne ont été placés mardi sous une surveillance macro-économique par la Commission européenne (Belgique, Bulgarie, Chypre, Danemark, Finlande, France, Italie, Hongrie, Slovénie, Espagne, Suède et Royaume-Uni). L’article nous fournit à la clé un bel exemple de foutage de gueule au sujet de l’Allemagne, donc ce pays ne serait pas un pays de bas salaires mais un pays dans lequel le coût du travail a été maintenu sous contrôle. On en parlera à ceux qui touchent 1€ de l’heure…

Des pièces et des billets en euros.

ECONOMIE – L’agence abaisse également celle de la Grande-Bretagne et de l’Autriche…

Moody’s se montre plus clément que S&P avec la France, mais pour combien de temps encore? Lundi soir, l’agence de notation a fait savoir qu’elle risquait de réduire les notes AAA de la France, de la Grande-Bretagne et de l’Autriche, tout en ayant effectivement déclassé dans le même temps l’Italie, le Portugal, l’Espagne, la Slovaquie, la Slovénie et Malte.

L’agence de notation a déclassé les perspectives de la France, de la Grande-Bretagne et de l’Autriche à négative en raison d’«un certain nombre de pressions particulières sur le crédit qui exacerberaient la sensibilité des bilans de ces souverains».

Moody’s a également dit qu’elle avait effectué ces changements «pour refléter la sensibilité (des pays concernés) aux risques macroéconomiques et financiers croissants émanant de la crise de la zone euro». Les perspectives des neuf pays en question sont toutes négatives «compte tenu de l’incertitude permanente concernant les conditions de financement dans les quelques trimestres à venir et son impact correspondant sur la qualité de la signature», ajoute Moody’s.

Le rappel à l’ordre de Moody’s intervient un mois jour pour jour après la décision de Standard & Poor’s de réduire d’un cran la note de la France, de AAA à AA+, en réaction à l’aggravation de la crise de la dette.

 

Paris «prend acte»

Le ministre français de l’Economie François Baroin a déclaré mardi «prendre acte» de la décision de l’agence Moody’s d’abaisser la perspective de la note de crédit de la France de «stable» à «négative».

«C’est la preuve que, dans la situation mondiale actuelle, la Grande-Bretagne ne peut faire autrement que s’occuper de sa dette», a réagi de son côté le ministre des Finances britannique George Osborne. «Moody’s est très claire: c’est seulement la nécessaire consolidation budgétaire du gouvernement qui empêche un déclassement immédiat», a-t-il ajouté.

Moody’s a en revanche jugé «appropriées» les notes Aaa du Danemark, de l’Allemagne, de la Finlande, du Luxembourg, des Pays-Bas et de la Suède.

 

Le sud et l’est de l’Europe mauvais élèves

Moody’s a en revanche réduit d’un cran les notes de l’Italie, du Portugal, de la Slovaquie, de la Slovénie et de Malte et de deux crans celle de l’Espagne.

Les annonces de Moody’s sont tombées au lendemain de l’approbation par le Parlement grec de nouvelles mesures d’austérité dans l’espoir de débloquer un deuxième programme d’aide et éviter un défaut en mars. Le mois dernier, Standard & Poor’s avait déclassé la France ainsi que huit autres pays de la zone euro. Moody’s a par ailleurs confirmé lundi la note provisoire AAA du Fonds européen de stabilité financière (FESF).

Source: 20minutes.fr

Autre article sur l’économie que je trouve intéressant et je vous le soumet pour avoir votre opinion sur le sujet, l’Espagne aurait payé 3 fois sa dette déjà…

En dix ans, l’Espagne a remboursé 1 020 milliards d’euros de dette, taux d’intérêt compris. Soit trois fois le montant de ce que l’État avait emprunté en 2000. Un énorme transfert des richesses ponctionnées sur la population et les services publics au bénéfice de riches créanciers. Comme en Grèce ou au Portugal…

La dette de l’État espagnol est le point de mire de toute l’Europe, du fait que les marchés financiers (banques d’investissement, fonds vautours et assurances) continuent à spéculer sur cette dette avec un seul objectif : amasser de juteux bénéfices. Et cela provoque l’appauvrissement de la population dans son ensemble, car toute cette spéculation conduit à une augmentation progressive des intérêts à payer, réduisant à leur tour d’autres dépenses de l’État : éducation, prestations de retraite, vieillesse et chômage, justice, santé ou services sociaux. Toutes ces mesures d’austérité, équivalentes aux plans d’ajustement structurel menés au sud de la planète à partir des années 1980, ne font qu’augmenter les inégalités sociales, à travers l’appauvrissement chaque fois plus important des personnes, spécialement des plus vulnérables (femmes, minorités ethniques, jeunes, immigrés, personnes au chômage et à la retraite).

Cependant, et contrairement au discours dominant, ce ne sont pas les dépenses publiques qui ont augmenté la dette de l’État espagnol, mais, bien au contraire, les mesures qui ont provoqué des déficits obligeant à un endettement croissant, et dont le bénéfice pour l’ensemble de la population est plus que douteux. Par exemple, la baisse des impôts sur les successions et donations, sur la tranche supérieure de l’impôt sur le revenu, et la suppression de l’impôt sur le patrimoine ont bénéficié aux plus riches, dont le patrimoine, en réponse à leur cupidité, a par ailleurs été protégé par la fraude fiscale, la baisse des impôts sur les sociétés et les Sicav.

Effet boule de neige

Par conséquent, la logique opérante consiste à faire payer à l’ensemble de la population des avantages économiques obtenus par un petit nombre de personnes qui s’enrichissent grâce à la dette. Mais il n’est pas facile de connaître la proportion exacte du budget dédiée au remboursement. Cela est dû à une volonté politique délibérée de dissimuler ces questions à la population, rendue possible par le caractère particulier de l’endettement des États, très différent de la compréhension générale qu’on peut avoir des prêts aux particuliers ou aux entreprises. Pour ces prêts, l’argent prêté (appelé capital), tout comme les intérêts, se rembourse au fur et à mesure du délai accordé. Dans le cas d’un État, seuls les intérêts des prêts (appelés lettres, bons ou obligations d’État, selon qu’ils soient à court, moyen ou long terme) sont remboursés régulièrement jusqu’à échéance, alors que le capital doit être remboursé dans son intégralité quand le prêt se termine (arrive à échéance).

Pour cette raison, le fonctionnement habituel des États est de s’endetter à nouveau pour payer les échéances d’anciennes dettes, ce qui leur permet de dissimuler ces dépenses, du fait qu’elles s’équilibrent au niveau budgétaire : les dépenses pour paiement des échéances équivalent aux revenus pour émission de nouvelle dette. Cependant, en augmentant la dette par un déficit résultant d’une mauvaise gestion budgétaire, on augmente chaque fois plus le paiement, qui à son tour nécessite chaque fois davantage d’émissions. De plus, cette nouvelle dette peut être émise sous des conditions différentes, par exemple avec des taux d’intérêt plus élevés (ce qui s’est passé dernièrement), ce qui débouche sur le classique effet boule de neige (augmentation de la dette par l’effet conjugué de forts taux d’intérêt et de nouveaux prêts pour payer les anciens).

Nécessité d’un audit de la dette

L’étude minutieuse des budgets généraux de l’État (accessibles sur le site du ministère espagnol de l’Économie et des Finances) permet de vérifier la quantité d’argent dépensée par l’État espagnol au titre du remboursement du capital durant ces dernières années (voir tableau). Par exemple, le remboursement du capital pour l’année 2010 est comparable au budget total de l’État pour cette année. Si nous additionnons intérêts et capital remboursé dernièrement, nous voyons qu’entre 2000 et 2010 l’État espagnol a remboursé plus de 3 fois ce qu’il devait en 2000, et continue à en devoir près du double. Ce tableau permet aussi de voir comment les intérêts et le capital remboursés, tout comme la dette totale, ont poursuivi leur hausse depuis 2000 ; et avec l’actuelle spéculation sur la dette de l’État espagnol, cette tendance n’est pas près de s’inverser.

En conclusion, il paraît totalement injuste d’économiser sur les services publics comme l’éducation et la santé pour rembourser une dette dans le but d’alléger un déficit qui a bénéficié aux plus riches. Sous la pression populaire si nécessaire, l’État doit ouvrir tous les comptes publics de la dette pour que la population, en s’appuyant sur le droit national et international, puisse décider si elle doit rembourser ce qui a déjà été payé plusieurs fois, et annuler une dette frappée d’illégitimité. Ainsi, cet audit de la dette espagnole permettrait d’inverser le transfert de richesses opéré par le service de la dette non pas au bénéfice des riches créanciers, mais bien à destination du bien-être de la population dans son ensemble.

Yves Julien, Jérôme Duval

Version espagnole : Patas Arriba – Valencia

Photo : Photo : Dan Simpson

Source: Bastamag.net

6 commentaires

  • yael

    L’agence pokéyamus place sous perspective positive le blog des Moutons Enragés et incite les moutons à bien resté soudé et à ne pas se laisser diviser afin de mieux se révolter…  ;-)

  • Guerin

    ces agences de notations auraient logiquement raison d’abaisser la note de la France,ce qui ferais voir aux grands jours à quel point nos dirigeants sont des abrutis incapables …

    Tout les pays du monde sans exceptions trafiquent  leurs bilans financiers et les grands indices macro-économique , ouvrez les yeux !!! l’Insee, pour ne citer qu’elle , réussi à ne pas prendre en compte la hausse des prix de l’immobilier dans le calcul…
    (Chaque pays a sa façon de trafiquer ses comptes)

    Bref,la questions n’est pas de savoir si les agences de notations ont ou non raison d’abaisser la note de la france(elles auraient raisons),mais plutôt de savoir pourquoi elles le font maintenant ?

    La raison est dans un livre appelé : « quant le dollar nous tue » de Edouard tétreau , ça serais trop facile de l’expliquer , j’éspère que ça vous incitera à lire une de mes bibles  :D