Le site de fichage de policiers Copwatch, bloqué en 2011 par la justice, réactivé…

Le site Copwatch-Nord-Ile-de-France, qui a désormais une nouvelle adresse, a annoncé mardi qu’il «renaissait de la censure»…

Image RFI/english

Bloqué en octobre 2011 après un référé du ministre de l’Intérieur, le site internet de fichage des policiers Copwatch, qui revendique une lutte «par l’information contre les violences policières», a été réactivé mardi suscitant des réactions syndicales policières «indignées».
Sur son site, Copwatch-Nord-Ile-de-France, qui a désormais une nouvelle adresse, a annoncé mardi qu’il «renaît de la censure». «Le ministère de l’Intérieur français a voulu nous interdire. Il a échoué», ajoute-t-il.

Il y annonce à nouveau vouloir lutter contre «la répression des forces de sécurité françaises», l’Intérieur n’ayant pas exclu ce mercredi d’ester en justice à nouveau contre ce site. Des sources syndicales policières ont fait part à l’AFP de leur indignation.

Alliance (second syndicat de gardiens de la paix), par la voix de son secrétaire général adjoint, Frédéric Lagache, a ainsi déclaré avoir saisi l’Intérieur contre la résurgence de ce site. Ses auteurs «ont peur de s’identifier» et «démontrent leur lâcheté», selon lui, ils «ont peur d’être sanctionnés par les tribunaux de nouveau ce qui est inéluctable».

Le ministère de l’Intérieur veut faire bloquer la nouvelle adresse

«Nous avons pris contact avec les fournisseurs d’accès dès mardi pour voir comment sur la base de la décision rendue par la justice en octobre, nous pouvions faire bloquer l’accès à cette nouvelle adresse», a déclaré ce mercredi à l’AFP le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Pierre-Henry Brandet. «Nous n’excluons pas de toutes façons d’engager une nouvelle action en référé», a-t-il ajouté. «Sur le fond, a ajouté M. Brandet, le ministère considère toujours que certaines des pages portent atteinte à l’honneur et à l’intégrité des forces de sécurité» et «peuvent mettre en péril la sécurité de policiers et gendarmes et de leur famille».

Le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, avait saisi en octobre 2011 la justice en référé contre Copwatch-Nord-Ile-de-France et obtenu gain de cause, le tribunal de Paris ayant ordonné le blocage complet du site et non celui de certaines pages. M. Guéant avait «salué» cette décision qui, selon lui, avait mis «fin au grave préjudice dont sont victimes les hommes et les femmes de la police nationale».

«Lutter par la transparence et l’information contre les violences policières»

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Copwatch, le retour..

J’ai failli intituler ce billet, « de l’art de faire la nique », mais bon ! Restons simple, et comme Casanova aurait pu titrer ses mémoires ainsi, c’eut été quelque peu ambigu.

Oui, la nique, cela ne se pratique pas seulement au pieu (et mes voeux avec), ni à l’épieu (et…ben je ne trouve pas). Mais cela peut aussi se faire à l’aide d’un simple doigt levé, d’un poing dressé, ou d’un bras que l’on prénomme alors d’honneur (va savoir pourquoi). Et c’est un tel bras que vient de montrer Copwatch à la face de notre brave ministre des poulets de Loué.

Bon, je résume. Copwatch, pour ceux qui ne connaissent pas (les autres peuvent directement passer à la suite), c’est une organisation point com qui existe depuis longtemps aux Etats-Unis et qui ne consiste pas uniquement (comme on peut le faire tous les jours à la tévé) à mater du poulet (quoi que), son objectif étant plutôt de répertorier les plaintes à l’encontre des policiers. Bref, un truc (un peu) utile qui consiste à policer (un peu) la police… La police ayant souvent la peau lisse, cela explique mon « un peu ».

Et comme le modèle américain s’exporte dans ce qu’il a de pire, mais aussi de moins pire, de petits plaisantins français ont décidé, il y a quelque temps de lancer, le même truc chez nous. Ainsi naissait le site copwatch nord-île de France, avec pour vocation de louer les belles pratiques de certains volatiles.

Evidemment, cela n’a pas plu à quelques poulets dont les actions extrêmement louables étaient montrées sur la toile internet. Et comme notre cher ministre des poulets est toujours le premier informé des actions louables de ses ouailles. Ric Rac, il a demandé la fermeture de certaines pages du site Copwatch made in France.

En octobre 2011 donc, justice fut (vite) faite, et la justice allant parfois au-delà des espérances des ministres, le site pourfendeur des louables poulets français était entièrement fermé.

Evidemment, en grand adorateur des poulets que je suis, et le site Copwatch étant très instructif quant au comportement de certains, je m’étais dépêché d’en sauvegarder l’essentiel avant fermeture.

Tiens, on y trouvait par exemple une jolie circulaire vous expliquant toutes les modalités d’une bonne reconduite aux frontières. Et qu’une poulette lors d’une « escorte » (c’est nettement plus joli qu’expulsion) d’une personne vers un « pays islamisé » se devait « d’adapter » sa « tenue aux usages locaux ». Je vous laisse imaginer la tenue d’une flicquette lors d’une « escorte » vers le Yemen ou l’Afghanistan… en burqa ! C’est d’ailleurs ainsi que je les préfère !

On y apprenait aussi qu’un nouveau métier s’était créé, celui de maître ou maîtresse d’escorte…

Et plein d’autres choses très instructives concernant les moeurs de nos chers policiers. Et puis fini, fermeture du site !

Sauf que je ne suis pas le seul à avoir sauvegardé son contenu, c’est si facile aujourd’hui. Et si facile aussi de le réouvrir ailleurs (ou hackeur, si vous préférez) que… réouvert il est aujourd’hui. N’en déplaise à notre Vénérable ministre.

Eh oui ! Faire la nique, cela peut aussi consister à faire un pied de nez ! Et je l’avoue, il y a des pieds et des nez que j’affectionne !

Comme le disait mon copain Blaise, si le nez de Cléopâtre eût été plus court, la face de la terre s’en fut changée.

Mais je ne sais pas si l’on a mesuré son pied. Lui répondit son pote Pascal.

Quant à Copwatch, ils nous informent que « dorénavant, lorsque l’état osera censurer ce site, tel un phénix, il renaîtra ». Et face aux méthodes et propos de notre brave ministre, c’est ce que je leur souhaite.

un article de jmplouchard sur MEDIAPART