9/11 : L’article « à ne pas publier » du Monde…

Reste t-il encore des journalistes conscients de leur métier? on pourrait le croire, et surtout le souhaiter.

Etrange découverte ce 11 septembre sur la page actualité de Google : le moteur de recherche propose un lien vers un article traitant de l’ère du soupçon inauguré par le 11 septembre 2001. Article précédé d’un intriguant « A NE PAS PUBLIER »…

Visiblement l’article de Soren Seelow ne devait pas plaire à tout le Monde. Il faut dire que le thème de l’article intitulé 11 septembre, bienvenue dans l’ère du soupçon et sous titré Certaines libertés ont aussi disparu le 11 septembre 2001 ne fait pas dans la pompe commémorative.

L’article qui a été publié en Une -en dépit de l’avertissement inclu dans son titre- dans la rubrique Société du journal en ligne passe au crible le recul systématique des libertés depuis 10 ans :
– Patriot act aux USA
– Loi antiterroriste française
– Plan Vigiepirate
– L’armée dans la ville
– Internet sous surveillande
– Loi relative à la sécurité quotidienne
– Loi sur la sécurité intérieure
– Loi relative à la lutte contre le terrorisme
– Contrôle des passager aériens (scanner corporels)
– Controle de la population par la biométrie (visa)
– Videosurveillance généralisée
– Modification de la procédure pénale (Mandat d’arrêt, garde à vue)


Enfin le journalise revient sur l’affaire des « fadettes » , c’est-à-dire la surveillance des factures détaillées qui a concerné des journalistes du Monde en pleine affaire Bettancourt, comme l’a révélé le Canard Enchainé.

On comprend que d’aucuns à la direction aient pu considérer comme inadéquate la publication, dans un journal réputé anti-complotiste, d’un tel catalogue à la Prevert.

On est en effet assez loin de l’article dans le Monde de Yves Bordenave et Caroline Monnot qui m’accusaient de paranoïa quand je traitais du durcissement des moyens de maintien de l’ordre :

http://www.agoravox.fr/tribune-libr…

Alors comment cet article de Soren Seelow, destiné manifestement à la corbeille à papier, s’est-il trouvé à la une du site du monde ?

Et par quelle étrange circonstance la mention A NE PAS PUBLIER s’est elle trouvée référencée par Google ?

De mauvais esprits diront même que derrière l’apparente tranquillité médiatique mainstream de cette commémoration bien comme il faut, il y a quelques journalistes qui n’ont pas renoncé à faire leur travail de journaliste et qui ont décidé de contourner les instructions de tante Anastasie.

Rappelons qu’en 2010 la France est tombé au 44e rang du classement général de Reporters Sans Frontières pour ce qui est de la liberté de la presse, reculant de 9 places par rapport à 2008.

Lors du 11 septembre 2001 elle occupait la 11e place.

Mais puisque l’article a été publié autant le lire :

Auteur Aldous sur Agoravox

Certaines libertés ont aussi disparu le 11 Septembre 2001

Les ruines du World Trade Center après les attentats du 11 septembre 2001 à New York.AFP/ALEX FUCHS

 

Souvenez-vous. Il fut un temps où aucun militaire ne patrouillait, Famas en bandoulière, sur le parvis de Notre-Dame de Paris, un temps où vos e-mails avaient peu de risques d’être interceptés, où votre mine déconfite sur le trajet du bureau n’était pas immortalisée chaque jour par des dizaines de caméras, une époque révolue où embarquer un flacon de shampoing à bord d’un avion était encore un geste anodin… C’était avant le 11 Septembre 2001.

Ce jour-là, lorsque les tours jumelles du World Trade Center tombent en poussière, la puissance symbolique des Etats-Unis est ébranlée, ainsi qu’une certaine idée de la liberté. Un mois plus tard,Ce jour-là, lorsque les tours jumelles du World Trade Center tombent en poussière, la puissance symbolique des Etats-Unis est ébranlée, ainsi qu’une certaine idée de la liberté. Un mois plus tard, le Patriot Act est signé par George W. Bush. Au nom de la sécurité, quelques unes des libertés fondamentales si chères aux Américains sont sacrifiées.

Au « pays de la liberté », une brèche vient de s’ouvrir. La plupart des Etats de la planète vont s’y engouffrer. En 2002, l’Union européenne emboîte le pas à l’administration Bush et produit une Décision cadre, qui incite les États membres à rapprocher leurs législations et établit des règles pour lutter contre la menace terroriste. La France, « initiée » aux attentats dès les années 80, s’était déjà engagée sur cette voie en adoptant une première loi antiterroriste en 1986. L’ère qui vient de s’ouvrir avec le 11-Septembre va accélérer cette dynamique, généralisant les mesures d’exception qui transformeront le paysage urbain et le code pénal.
La France, « initiée » aux attentats dès les années 80, s’était déjà engagée sur cette voie en adoptant une première loi antiterroriste en 1986. L’ère qui vient de s’ouvrir avec le 11-Septembre va accélérer cette dynamique, généralisant les mesures d’exception qui transformeront le paysage urbain et le code pénal.

« La guerre contre le terrorisme est une guerre à durée indéterminée contre un ennemi inconnu. Elle a permi d’introduire des lois d’exception dans le droit commun avec l’assentiment de la population, souligne Dan van Raemdonck, vice-président de la FIDH. On a banalisé la notion de contrôle. Les gens ont fini par accepter d’être tracés, contrôlés, sous prétexte qu’ils n’ont rien à cacher. On est entré dans l’ère du soupçon ».

Petit tour d’horizon, non exhaustif, de quelques mesures « temporaires » qui ont durablement transformé votre quotidien :

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