Pacte avec le Panda, la mise au point du WWF!!

Je vous ai proposé un article mettant en cause le WWF, et trouvé sur sos.planète avec le film Le Pacte avec Panda, le WWF à tenu à faire une mise au point concernant les assertions contenues dans ce film. Faites vous votre opinion, vous avez les deux versions. ;)

Rectificatif quant aux faits visibles dans le film «Le pacte avec le panda» par le WWF (diffusé sur ARD le 22 juin 2011)
Le cinéaste documentaire Wilfried Huismann a réalisé un film intitulé «Le pacte avec le panda» («Der Pakt mit dem Panda» en allemand). Cette œuvre donne l’image d’une organisation de défense de l’environnement qui ne craint aucune infamie et qui n’applique pas ce qu’elle prône. Au WWF, personne ne prétend que nous n’avons que des succès à présenter. La critique constructive nous permet de progresser et d’améliorer notre travail. Il n’est toutefois pas question d’ignorer les reproches à l’emporte-pièce exprimés dans ce film. Son auteur affirme notamment que le WWF soutient le génie génétique, qu’il coopère avec des entreprises produisant de l’huile de palme tout en ravageant la nature ou qu’il aide même à déplacer les populations locales en Inde. Ces allégations sont intolérables, raison pour laquelle nous y répondons en détail. En effet, le WWF préfère continuer de travailler sur des faits démontrables.

Ce principe est également valable pour le célèbre historien Alexis Schwarzenbach, qui a publié une biographie du WWF. Il écrit: «J’ai constaté avec surprise que l’auteur du film a utilisé des résultats de mes recherches, mais qu’il s’est consciemment servi, dans d’autres parties de son œuvre, de versions obsolètes de l’histoire du WWF que mes recherches ont pourtant réfutées, présentant le WWF sous un jour peu favorable.»

La rectification des faits par le WWF

Reproche du film: le WWF soutient le génie génétique
Les faits:
La position du WWF face aux OGM est claire au niveau international: nous la rejetons. Et nous le ferons aussi longtemps qu’il n’a pas été démontré que les plantes génétiquement modifiées sont absolument sans danger pour l’environnement, la biodiversité et les hommes.

Cette position du WWF International est valable pour toutes les organisations nationales du WWF. Il existe cependant dans ces diverses organisations des collaborateurs dont l’opinion diffère de l’avis officiel du WWF. Ceci est particulièrement vrai pour les Etats où le génie génétique est fortement représenté dans l’agriculture, par exemple aux Etats-Unis et en Argentine. Pour le WWF Suisse, il est clair: nous soutenons à cent pour cent la position internationale. Pour nous, les plantes modifiées grâce au génie génétique ne sont pas une option valable.

Reproche du film: le WWF coopère avec des groupes actifs dans le génie génétique comme Monsanto.
Les faits:
Le WWF ne coopère avec aucun groupe actif dans le génie génétique, Monsanto compris. Le WWF est en revanche membre de la Table ronde pour un soja responsable (RTRS), un forum ouvert auquel tous les acteurs de la chaîne de production du soja peuvent participer, du petit agriculteur au grand groupe d’entreprises. Monsanto en fait également partie. Ce n’est pas pour autant que le WWF collabore avec Monsanto. Prétendre par ailleurs que le WWF a permis à Monsanto d’obtenir un label de développement durable est tout à fait absurde. Le WWF n’octroie pas de tel label.

Reproche du film: le WWF prétend officiellement s’opposer au génie génétique mais est membre de la RTRS, qui l’autorise expressément.
Les faits:
Le WWF Suisse s’oppose au génie génétique dans l’agriculture et recommande en principe uniquement du soja qui n’a pas été génétiquement modifié. Ceci est également valable pour le soja certifié par la RTRS. Si nous continuons de travailler avec la RTRS, c’est que nous voulons davantage de soja non modifié génétiquement et que nous voulons minimiser les dégâts causés par la culture du soja à l’environnement, notamment la destruction des forêts. S’y ajoute le fait que dans de nombreux pays, comme l’Argentine, la culture du soja comporte plus de 90% de soja transgénique. C’est une évidence que nous ne pouvons nier si nous voulons sauver la forêt.


Reproche du film: le WWF prétend officiellement s’opposer aux OGM mais des fonctionnaires d’envergure comme Jason Clay du WWF américain ou le Dr. Hector Laurence du WWF argentin sont clairement en faveur du génie génétique.
Les faits:
Ces avis sont marginaux. Au niveau international, le WWF défend une position clairement opposée au génie génétique. Le WWF est toutefois un réseau vivant au sein duquel les avis les plus variés peuvent s’exprimer, même s’ils s’écartent de la position officielle.
Hector Laurence n’a par ailleurs jamais fait partie du WWF, mais de l’association partenaire Fundación Vida Silvestre Argentina (FVSA) dont il a été membre jusqu’en 2008. Il n’existe pas de «WWF argentin» comme le prétend le film. Le WWF Suisse se distancie clairement de l’avis de ces deux personnages.

Reproche du film: en Indonésie, le WWF a convenu avec l’industrie la création de 9 millions d’hectares de plantations d’huile de palme. C’est ce qu’affirme un collaborateur du WWF face à la caméra.
Les faits:
Cette affirmation est erronée. L’Etat indonésien est seul responsable de la planification et de l’utilisation des sols au niveau légal. C’est une des raisons principales pour lesquelles il n’existe pas de contrat entre le WWF et l’industrie, contrairement à ce qu’affirme le film.

Reproche du film: est-ce vrai qu’avec le soutien du WWF, des groupes indigènes de Papouasie ont été déplacés ou le seront, comme celui du chef de clan Kasimiro?
Les faits:
Non, cette affirmation n’est pas correcte. Le chef Kasimiro Sangara présenté dans le film vit avec son peuple dans un parc national (le parc national de Wasur) en Papouasie. Depuis les années 1990, le WWF s’engage pour la protection de ce parc national et pour les droits des peuples qui y vivent. Le WWF n’accepterait jamais une exploitation industrielle dans un parc national. Au contraire, le WWF aide la population locale et la soutient dans ses efforts visant à préserver ses bases existentielles, et c’est aussi le cas du peuple du chef Kasimiro intervenant dans le film. Dans le district concerné, le WWF a par exemple contribué à cartographier des sites sacrés. Ces cartes ont été mises à la disposition du gouvernement dans le but de respecter les aspects religieux et culturels. Le WWF aide également la population locale à exploiter des sources de revenus alternatives et à trouver des débouchés pour l’écoulement de produits du commerce équitable issus de la production locale. Par ailleurs, l’interview avec le chef Kasimiro Sangara est issue d’un reportage TV qui date de 2007.

Reproche du film: le WWF accepte que dans une plantation supposée être certifiée durable il ne reste que 0,5% (dans ce cas 80 hectares) de terrain à la disposition des orangs-outans.
Les faits:
Cette affirmation n’est pas correcte. La plantation PT Rimba Hararpan Sakti montrée dans le film n’est pas encore certifiée et ne peut donc de ce fait pas être qualifiée de durable. Une surface de seulement 0,5% de forêt vierge serait parfaitement insuffisante en vue d’une certification. Il est toutefois prévu de faire certifier la plantation d’après les critères de la RSPO. Le projet prévoit une protection d’environ 4000 (et non 80!) hectares, soit environ un tiers de la superficie totale de la plantation. Ainsi, il apparaît clairement que l’affirmation selon laquelle il ne reste plus que 80 hectares de forêts sur l’ensemble de la plantation est incorrecte.

Reproche du film: le WWF coopère avec des entreprises productrices d’huile de palme telles que Wilmar.
Les faits:
Le WWF n’a jamais été lié par contrat à Wilmar et n’a en particulier jamais accepté de fonds de cette entreprise. Il y a quelques années, le WWF a en revanche formé gratuitement des collaborateurs de certaines sociétés productrices d’huile de palme dans la gestion de régions à «High Conservation Value», sur la base d’un «Memorandum of Understanding». Cette formation avait pour but d’analyser et d’identifier les zones forestières précieuses dans le but d’empêcher la déforestation. Le WWF Indonésie assure n’avoir reçu aucun versement de Wilmar ou d’autres entreprises pour cette prestation de conseil. Wilmar est membre de la RSPO depuis 2005 et a entre-temps fait certifier quelques-unes de ses plantations.
Le WWF sait que la situation est préoccupante dans certaines des plantations de Wilmar, en particulier dans celles qui ne sont pas encore certifiées. Le WWF a souvent critiqué Wilmar publiquement pour cette raison. La collaboratrice indonésienne du WWF Amalia Pramesvari n’est en aucun cas explicitement responsable de la collaboration avec Wilmar, contrairement à ce que le film prétend.

Reproche du film: le WWF recommande le défrichage de forêts «de moindre valeur».
Les faits:
Cette affirmation est fausse. Le WWF ne connaît pas la catégorie de «forêt de moindre valeur». Dans le cas où l’Etat ou des particuliers (et non le WWF!) planifient des plantations dans une région et que ces projets ne peuvent plus être empêchés, le WWF exige que les forêts primaires et secondaires méritant une protection absolue et caractérisées par une biodiversité importante soient épargnées et que les plantations soient déplacées sur des terrains en friche («degraded land»). La condition essentielle à la création de nouvelles plantations est l’examen de leur impact sur l’environnement et la société. Le WWF soutient cette procédure visant à protéger les forêts et à ne pas les livrer à la déforestation.

Reproche du film: le WWF a conclu des contrats de partenariat avec des entreprises productrices d’huile de palme et accepte de l’argent de leur part bien que cette industrie soit responsable de la destruction des forêts et des monocultures.
Les faits:
Le WWF n’accepte pas d’argent des entreprises produisant de l’huile de palme. Il est en revanche correct que le WWF a créé la Roundtable on Sustainable Palm Oil (RSPO) en 2004 avec des entreprises du secteur de l’huile de palme, des entreprises de l’industrie alimentaire et des banques, dans le but de rendre la production d’huile de palme plus durable. Le WWF siège à cette table ronde avec vingt autres ONG (parmi lesquelles Oxfam et Solidaridad). En tant que système volontaire, la RSPO fait partie de la solution mais ne résout pas tous les problèmes. Seule, elle n’est pas en mesure d’arrêter la déforestation dans les tropiques. Elle doit en revanche absolument être soutenue par les bonnes législations, les concepts d’utilisation des sols et la définition de zones à protéger.

La RSPO défend les critères suivants:
– La transformation de forêts primaires et d’habitats dignes d’être protégés (appelés High Conservation Value Areas ou HCV) en plantations est interdite. L’année de référence dans ce contexte est 2005. Les plantations créées sur des zones de forêts primaires ne peuvent en aucun cas obtenir le sigle de la RSPO.
– Les plantations créées sur territoire indigène sans l’accord de la population locale sont interdites.
– Le travail des enfants est interdit.
– Le respect des collaborateurs et une rémunération adéquate sont obligatoires.
– L’observation des droits d’utilisation du sol est un devoir.
– Seuls des pesticides définis, autorisés dans l’UE, peuvent être utilisés et de manière strictement limitée.
– Si des espèces menacées et des High Conservation Value Areas susceptibles d’être touchées par des plantations ou des moulins à huile sont identifiées, elles doivent être préservées.
– L’affiliation à la RSPO ne suffit pas à démontrer le caractère durable d’une entreprise. Pour que le caractère durable d’une entreprise soit démontré, celle-ci doit produire ou vendre de l’huile de palme certifiée.

Reproche du film: le WWF n’est pas opposé aux monocultures. Dans le cas contraire, il ne soutiendrait pas la RTRS et la RSPO. Le développement durable n’intéresse pas le WWF.
Les faits:
Cette affirmation est fausse. Le WWF s’engage pour que les intérêts agricoles et la sécurité alimentaire soient en harmonie avec la diversité biologique, la fertilité du sol, le stockage du carbone et la protection des eaux.
Dans de nombreux pays d’Amérique du Sud et en Asie, l’agriculture se pratique sur de très grandes surfaces. Plus une monoculture est étendue et plus il est difficile d’y préserver la biodiversité. Ici, les tables rondes sont un instrument pour promouvoir la protection de l’environnement et de la nature avec la collaboration de l’économie privée.

Reproche du film: le WWF accepte la déforestation de surfaces importantes de la savane de Gran Chaco, jugée de moindre valeur, pour doubler la production de soja au cours des années à venir.
Les faits:
Cette affirmation est fausse. Le WWF s’engage de manière intense avec ses organisations partenaires, pour la préservation de l’importante forêt sèche de Grand Chaco par la mise en place de plans détaillés d’utilisation des sols et de zones à protéger. Dans le cas où l’Etat ou des particuliers (et non le WWF!) planifient des plantations dans une région et que ces projets ne peuvent plus être empêchés, le WWF exige que les forêts primaires et secondaires méritant une protection absolue et caractérisées par une biodiversité importante soient épargnées et que les plantations soient déplacées sur des terrains en friche («degraded land»). Il existe pour la labellisation de forêts «dignes de protection» une procédure (High Conservation Forest Value Assessment) reconnue, utilisée également par d’autres organismes de certification (Forest Stewardship Council), alors que le reportage insinue le contraire.

Reproche du film: le WWF coopère avec les grands groupes industriels nuisant à l’environnement.
Les faits:
Les entreprises dominent les affaires. Sans leur implication, nous n’atteindrons jamais notre objectif qui est de préserver les habitats menacés, tant pour l’homme que pour la nature. C’est la raison pour laquelle nous essayons d’influencer positivement les entreprises par des discussions et des partenariats. Qualifier cette méthode de «greenwashing» est parfaitement absurde.

Reproche du film: le WWF procède au greenwashing pour gagner de l’argent.
Les faits:
Le WWF ne s’achète pas. Les entreprises faisant souvent partie du problème, nous négocions avec elles afin que la nature en profite le plus possible. Dans ce domaine, nos limites sont claires. Lorsque nous collaborons avec des entreprises sur différents projets, cela ne signifie pas que nous sommes d’accord sur tous les points. Le WWF ne coopère pas avec des entreprises qui ne sont pas disposées à accepter nos standards en matière de protection de l’environnement et de développement durable. Nous critiquons également nos partenaires, aussi publiquement, lorsque cela s’avère nécessaire. Le panda ne porte pas de muselière.

Reproche du film: le WWF dilapide l’argent issu des dons.
Les faits:
Les fonds issus des dons ne sont pas dilapidés par le WWF puisqu’ils sont investis de manière très efficace dans les projets en cours. C’est aussi ce que confirment les vérifications annuelles effectuées par des organismes indépendants auxquelles nous nous soumettons en tant qu’organisation d’intérêt général. Le WWF Suisse est certifié par la Zewo.

Reproche du film: le WWF piétine les droits des indigènes. Il laisse par exemple déplacer les Adivasi en Inde et porte une part de responsabilité dans le fait que les agriculteurs des forêts d’Indonésie aient été privés de leurs droits.
Les faits:
L’allégation selon laquelle le WWF concède à des violations des droits de l’homme pour sauver des forêts ou des animaux menacés est cynique et erronée. Le directeur du WWF en Inde, Ravi Singh, affirme ainsi que «le déplacement forcé des communautés villageoises pour la protection du tigre en Inde n’est tout simplement pas autorisé. Le WWF ne soutiendrait par ailleurs jamais pareille mesure.»

Le WWF est consterné par les affirmations selon lesquelles il aurait participé au déplacement d’un million d’Adivasis. Le WWF ne participe pas aux déplacements forcés. Il s’engage en de nombreux endroits pour que de telles mesures soient justement évitées.

Le WWF travaille avec les peuples indigènes et leurs organisations, que ce soit dans la gestion des zones protégées, dans l’exploitation durable des ressources naturelles et dans la représentation des intérêts politiques lorsqu’ils partagent des préoccupations communes. Le soutien apporté aux communautés indigènes et locales dans le cadre des projets de protection de la nature du WWF vise à renforcer leur détermination et leur compétence à agir. Dans ce contexte, le WWF joue également un rôle de médiateur entre ces communautés et les acteurs étatiques, afin que leurs droits traditionnels et leurs exigences soient entendus des administrations et du monde politique. D’autres projets visent à améliorer directement les conditions de vie des communautés indigènes et locales, par exemple par le développement de l’écotourisme, l’élevage de poissons ou les améliorations apportées à l’agriculture.

Reproche du film: le WWF contribue à la destruction des forêts de Bornéo.
Les faits:
Cette affirmation est fausse. Le WWF s’engage depuis des années pour la préservation des forêts à Bornéo et a contribué de manière notable, dans le cadre de son initiative Heart of Borneo, à les protéger à large échelle grâce à la planification de l’utilisation des sols, à la certification FSC, à l’exploitation durable des forêts et à la définition de zones protégées. Depuis six ans, nous finançons la protection et le développement du parc national de Betung Kerihun. Il s’agit du deuxième plus grand de son genre sur l’île de Bornéo et il représente un habitat essentiel pour les orangs-outans. Le WWF finance ici des patrouilles pour empêcher le braconnage des grands singes et d’autres espèces animales.

Le WWF effectue par ailleurs des efforts de reforestation entre les parcs nationaux de Betung Kerihun et de Danau Sentarum pour que les populations d’orangs-outans jusqu’alors séparées puissent à nouveau se retrouver. Dans le parc national de Sebangau, le WWF réhabilite d’importantes surfaces de forêts de marais et de tourbières dans lesquelles vit l’une des plus grandes populations d’orangs-outans au monde. La surface du parc national de Bornéo pour la protection duquel le WWF s’engage activement sur place est de plus de trois millions d’hectares.

Reproche du film: le WWF utilise des pièges photographiques pour les tigres pour se faire de la publicité.
Les faits:
Le WWF utilise des pièges photographiques et vidéo à des fins scientifiques, pour attester des lieux où est présent le tigre et de l’ampleur de sa population. Ce procédé sert également de base à la définition de nouvelles zones de protection pour le tigre. Les pièges photographiques (et vidéo) ne sont pas seulement utilisés dans le cas du tigre, mais pour de nombreuses autres espèces animales comme les rhinocéros, les lynx ou les pandas. D’autres organisations de défense de l’environnement utilisent également cette technique pour recenser les animaux, déterminer leurs itinéraires de migration ou leurs habitudes, particulièrement dans les régions difficilement accessibles.

Reproche du film: le WWF soutient l’écotourisme nuisible, source de revenus importants pour la protection des tigres mais qui dérange ces animaux et détruit les forêts.
Les faits:
Le WWF ne perçoit aucun versement de la part des touristes dans le cadre des projets de protection des tigres. L’écotourisme génère une source de revenus alternative importante pour la population régionale et permet de préserver la forêt. Le WWF s’engage p. ex. dans le parc de Kanhar pour des zones strictement protégées et interdites d’accès, pour limiter le nombre de jeeps et de touristes circulant par jour dans le parc, ainsi que pour le rétro-paiement d’une partie des fonds dans la protection du tigre sur place. Dans la réserve de Kanhar, les activités touristiques sont limitées à une surface qui représente 25% de la superficie totale de la réserve. Les effectifs de tigres y sont stables et la forêt préservée, comme le montrent les images.

Reproche du film: le WWF aurait participé au déplacement d’un million d’Adivasi dans la réserve des tigres.
Les faits:
Le déplacement des Adivasi dans la réserve de Kanhar a eu lieu dans les années 1973 et 1974 sans aucune participation du WWF. Ce déplacement concernait 650 familles issues de 25 villages et a été effectué par les autorités indiennes. A l’époque, cela correspondait aux normes légales en vigueur, mais il serait impossible de procéder ainsi aujourd’hui. Les déplacements actuels doivent suivre les conditions sévères du Wildlife Protection Act et les déplacements imposés sont interdits en Inde depuis des années. Le WWF ne soutiendrait jamais pareille mesure.

Reproche du film: le projet du WWF en faveur du tigre est un échec.
Les faits:
«Le» projet du WWF pour le tigre n’existe pas. Le WWF mène plusieurs projets en faveur de cet animal et ce sont des réussites. Sur le plan international, nous nous concentrons sur 12 habitats prioritaires pour le tigre, de la Russie à l’Indonésie en passant par l’Inde, la Chine et le Vietnam. En tout, le WWF est actif dans 10 des 12 pays de dissémination du tigre. Dans la plupart de ces pays, il entretient de bons contacts avec les décideurs du monde politique, mais aussi avec les projets de protection du tigre sur place.

Lors du sommet consacré au tigre à Saint-Pétersbourg en novembre 2010, les présidents et les ministres de tous les Etats où vivent des tigres ont décidé de doubler leur nombre (qui est actuellement de 3200 tigres) d’ici 2022. Un plan d’action pour le sauvetage du tigre doit garantir cet effort. Le WWF fut et est l’un des partenaires décisifs dans la réalisation de cet objectif ambitieux. Rien qu’en Inde, 39 réserves ont été établies pour les tigres et jusqu’à huit réserves se trouvent actuellement à des stades divers de création.

Le braconnage est la deuxième cause de la diminution mondiale des populations de tigres, raison pour laquelle nous soutenons avec succès de nombreux pays dans la mise sur pied d’unités de lutte contre ce fléau. Avec des partenaires comme TRAFFIC et Interpol, nous luttons par ailleurs contre la contrebande de produits issus du tigre.

Reproche du film: «l’opération tigre» du WWF est un échec.
Les faits:
En 1972, le WWF est parvenu pour la première fois à mettre la protection du tigre à l’agenda international avec sa campagne internationale «Operation Tiger». L’un de ses premiers succès a été, avec l’Etat indien et la présidente de l’époque Indira Gandhi, de réaliser ce qui était jusqu’alors considéré comme impossible: un plan de protection national du tigre comptant 15 nouvelles zones de protection.
On estimait alors qu’il n’y avait plus que 2500 tigres sauvages en Inde. Aujourd’hui, les recensements les plus récents estiment leur population à 1700. S’agit-il d’un échec? Non. Car sans les efforts de protections initiés dans les années 1970, la situation du tigre serait bien pire actuellement, et particulièrement en Inde. La transformation de l’Inde, ancien pays en voie de développement devenu pays émergent, l’énorme pression de la population et l’explosion de la demande de produits illégaux issus du tigre ont augmenté les menaces pour le tigre sur le sous-continent. Raison pour laquelle la protection du tigre en Inde est plus importante que jamais.

Reproche du film: comment faut-il juger le rôle du prince Bernhard, du prince Philippe et du «Club de 1001»?
Les faits:
Le WWF fait preuve d’autocritique face à son propre passé. Il a accordé à l’historien Alexis Schwarzenbach un libre accès à ses archives afin d’assurer une restitution transparente de son histoire. Les résultats sont résumés dans l’ouvrage «WWF- 50 ans au service de la nature».
Le rôle du Prince Bernhard, du Prince Philipp et du Club des 1001 y est suffisamment thématisé. Dans sa première prise de position vis-à-vis du film, Alexis Schwarzenbach affirme: «J’ai constaté avec surprise que l’auteur du film a utilisé des résultats de mes recherches, mais qu’il s’est consciemment servi, dans d’autres parties de son œuvre, de version obsolètes de l’histoire du WWF que mes recherches ont pourtant réfutées, présentant le WWF sous un jour peu favorable.»


Reproche du film: le WWF a-t-il déposé une plainte à l’encontre d’ARD ou du réalisateur Huismann?
Les faits:
Le WWF n’a rien fait de tel. Il a attiré l’attention d’ARD sur les allégations exprimées dans l’annonce du programme et a demandé un correctif. ARD a accepté ce souhait pour tous les points mis en cause. Le WWF n’est pas intéressé à censurer les journalistes critiques ou à les intimider par des menaces d’action en justice. Nous sommes par contre intéressés à corriger les affirmations erronées.

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