Au Japon, redémarrage du premier réacteur nucléaire depuis Fukushima

Tout va bien ils peuvent donc redémarrer…

La centrale de Tricastin, dans le sud de la France.

La centrale de Tricastin, dans le sud de la France.AFP/FRED DUFOUR

Un réacteur nucléaire a été autorisé à redémarrer au Japon, mercredi 17 août. C’est la première fois depuis la catastrophe de Fukushima, provoquée le 11 mars par un séisme et un tsunami géant, qu’on réactive un réacteur.

Le réacteur numéro 3 de la centrale Tomari, construite sur l’île de Hokkaido (Nord), « a été remis en exploitation commerciale à 16 heures [9 heures en France] après avoir obtenu le feu vert des autorités », a annoncé son opérateur, Hokkaido Electric Power (Hepco).

CINQUANTE-QUATRE RÉACTEURS NIPPONS SONT À L’ARRÊT

Pour sa part, la gouverneure de la préfecture de Hokkaido, Harumi Takahashi, a précisé qu’elle avait discuté avec les quatre municipalités concernées par la centrale et qu’il n’y avait « aucune objection » au redémarrage du réacteur.

Près des trois-quarts des cinquante-quatre réacteurs nippons sont actuellement à l’arrêt pour maintenance ou par mesure de sécurité. De plus en plus de Japonais se déclarent opposés à leur redémarrage, en raison des risques de séisme ou de tsunami.

VERS UN RECOURS AUX ÉNERGIES RENOUVELABLES

Le premier ministre, Naoto Kan, s’est lui-même prononcé en faveur d’un abandon progressif de l’électricité d’origine nucléaire et d’un recours aux énergies renouvelables. Le 26 août, le Japon devrait définitivement adopter une loi de promotion de l’utilisation des énergies renouvelables. Une avancée rendue possible par un accord conclu le 12 août entre le Parti démocrate du Japon, le PDJ au pouvoir, et les deux principales formations d’opposition : le Parti libéral démocrate (PLD) et le Parti Komei.

Ce texte met en place une obligation pour les grandes compagnies d’électricité d’acheter du courant produit à partir des énergies renouvelables – à commencer par le solaire et l’éolien – à un prix fixé par le ministère de l’économie. Elle serait effective pour une période donnée, qui pourrait atteindre vingt ans. Le tarif sera établi sous la supervision d’une commission indépendante et devra garantir la rentabilité de la production issue des énergies renouvelables. Devant entrer en vigueur le 1er juillet 2012, le texte autorisera les compagnies d’électricité à répercuter l’augmentation des coûts.

Seule ombre au tableau, le puissant ministère de l’économie et de l’industrie (METI) est, lui, favorable à la remise en exploitation commerciale des réacteurs ayant satisfait aux tests de sûreté imposés par le gouvernement.

Hepco maintenait le réacteur 3 en activité depuis le 7 mars, mais n’avait pas officiellement relancé les opérations commerciales en raison de la catastrophe de Fukushima. L’agence de sûreté industrielle et nucléaire, qui dépend du METI, a indiqué que les derniers tests avaient été achevés la semaine dernière.

Source: lemonde.fr