La tempête Emily s’apprête à frapper Haïti et la République dominicaine

Ca n’arrête pas, encore les populations qui vont pâtir des éléments déchainés.

Sur la côte du Malecon, à Saint-Domingue, avant le passage de la tempête Emily.AFP/ERIKA SANTELICES

 

La tempête tropicale Emily, accompagnée de fortes pluies, était attendue mercredi 3 août au soir en République dominicaine et en Haïti, où les autorités se préparaient à évacuer des dizaines de milliers de personnes vivant sous des tentes depuis le séisme de janvier 2010. En Haïti, le Centre des opérations d’urgence national a dit se tenir prêt à venir en aide, le cas échéant, à environ 300 000 personnes, et plus de 1 200 abris ont été rendus disponibles pour accueillir les déplacés.

Les autorités craignent que des inondations intempestives créent des ravages dans les camps de fortune installés à Port-au-Prince depuis le séisme, où vivent des milliers de familles dans des conditions précaires. Si la tempête se déchaîne sur la capitale haïtienne, les services d’urgence pourraient rapidement se retrouver débordés.

« Il n’y a de la place que pour 30 000 personnes » à Port-au-Prince et dans ses environs, « c’est largement insuffisant », a expliqué une personne proche de la protection civile, s’exprimant sous couvert d’anonymat. Selon cette source, des écoles, des églises et d’autres bâtiments publics ont été réquisitionnés, mais manquent la plupart du temps d’installations sanitaires.

INQUIÉTUDE EN HAÏTI

« Plusieurs camps à risques nécessiteront une évacuation », mais celle-ci ne sera décidée qu’au dernier moment, c’est-à-dire quand la tempête arrivera, pour pouvoir être organisée en fonction de sa gravité, a ajouté cette source. Autre motif d’inquiétude : des inondations pourraient entraîner une flambée de l’épidémie de choléra, qui a fait 5 821 morts depuis son apparition en octobre dernier, l’eau étant un des principaux vecteurs de la maladie. Une équipe de médecins cubains se tenait prête à intervenir si nécessaire.

A 18 heures (heure française), Emily se trouvait à 190 km au sud-sud-ouest de Saint-Domingue et progressait vers l’ouest à la vitesse de 22 km/h, avec des vents soufflant à 85 km/h, a indiqué le Centre national des ouragans américain (NHC), basé à Miami. A cette allure, la tempête devait toucher l’île d’Hispaniola, que se partagent Haïti et la République dominicaine, vers la « fin de journée », avant de poursuivre son chemin vers les Bahamas et les îles Turks-et-Caïcos, jeudi, selon le NHC.

Vue satellitaire de la tempête Emily, le 3 août.AFP/HO

Emily pourrait provoquer de 15 à 30 cm de précipitations, des inondations et des coulées de boue dangereuses en Haïti et République dominicaine, ont prévenu les experts américains. Les autorités haïtiennes ont décrété mardi matin l’alerte rouge sur l’ensemble du territoire et appelé les habitants à quitter les zones à risque.

LA RÉPUBLIQUE DOMINICAINE EN ALERTE MAXIMALE

Le Centre national de météorologie et le service maritime et de navigation d’Haïti ont interdit la navigation le long de toute la côte sud du pays. « Tous les départements d’Haïti sont concernés par la tempête tropicale Emily », a indiqué le directeur du centre, Ronald Semelfort.

La République dominicaine de son côté a été placée en alerte cyclonique maximale (alerte rouge) mardi dans six provinces et en état de vigilance préventive dans sept autres régions. Les autorités dominicaines ont également suspendu les activités de loisirs sur toutes les côtes et rivières du pays.

Source le Monde

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