Le plan français en cas d'accident nucléaire

Il faut avoir confiance, toute une escouade de spécialistes, analysent les tenants et aboutissants d’un accident nucléaire en France, qui avec ses 58 réacteurs mérite qu’on ne néglige pas cette menace….Il faut dire que ces messieurs n’ont retenu qu’un accident dans des circonstances favorables, temps sec, rejets à faible durée de vie etc..Mais comme l’on sait que rien ne se passe comme prévu, j’en déduis que ce sera comme d’habitude, une gestion au coup par coup, en fonction des évènements…et cela ne rassure pas du tout.

Vue d'une cheminée de la centrale nucléaire du Tricastin, à Bollène.
Vue d’une cheminée de la centrale nucléaire du Tricastin, à Bollène. Crédits photo : JEFF PACHOUD/AFP
Depuis cinq ans, l’autorité de sûreté planifie des mesures de gestion post-accidentelle en collaboration étroite avec les administrations, les élus et les ONG proches des centrales.
La période la plus dramatique d’un accident nucléaire est évidemment le moment où il se produit avec toutes ses menaces et ses inconnues, comme c’est le cas aujourd’hui à la centrale de Fukujima.

Les salariés de Tepco – la firme est responsable de ses installations – font le maximum pour limiter l’ampleur de la catastrophe. Les autorités locales et nationales, elles, ont la charge de protéger les populations. En situation d’urgence, trois mesures préventives sont appliquées: l’évacuation ou le confinement et la distribution de comprimés d’iode. Cette phase d’alerte cruciale, mais limitée dans le temps, ne constitue qu’une petite partie de l’iceberg. Dès que l’accident est maîtrisé, les autorités doivent rapidement passer à la phase post-accidentelle. La question majeure étant de savoir dans quelles conditions le retour des populations évacuées est possible.

Depuis cinq ans, 150 personnes travaillent sous la conduite de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) pour définir une doctrine sur ce point. C’est un tournant car la gestion des conséquences d’un accident nucléaire s’est trouvée longtemps occultée, aussi bien par ceux qui nient la possibilité de tout accident nucléaire que par ceux qui prétendent qu’il se traduirait par une apocalypse. Pour le Codirpa, il est important d’exposer les conséquences d’un accident et toutes les mesures qu’elles imposent dans la durée à tous les acteurs qui auraient à intervenir sur place à ce moment-là (pompiers, élus locaux, préfets, services administratifs, enseignants, ONG).

 Tchernobyl a servi d’exemple

«Pour se préparer le moins mal possible aux conséquences d’un accident, même s’il est improbable, il faut impliquer un maximum d’acteurs. Il faut une culture du risque industriel», assure Jean-Luc Godet, de l’ASN, qui préside le comité de pilotage du Codirpa *. «Il faut être humble. Il y a beaucoup de choses pour lesquelles nous n’avons pas de réponses», reconnaît de son côté André Oudiz, un ingénieur associé dès l’origine aux travaux sur le post-accident. Nombre de mesures s’inspirent de ce qui se pratique depuis vingt ans dans les zones contaminées par la catastrophe de Tchernobyl.

La synthèse des échanges menés par le Codirpa est consignée dans un guide disponible sur le site de l’Autorité de sûreté. Un scénario d’accident nucléaire d’ampleur moyenne et entraînant des rejets radioactifs de courte durée (moins de 24 heures) a été retenu pour la circonstance. Un accident qui serait intervenu au cours d’une période de temps sec, sans précipitations qui augmenteraient les dépôts de particules radioactives. Le scénario d’un accident grave sera traité plus tard.

Dans le cas de figure proposé par le Codirpa, une zone se trouvant sous le vent est contaminée par le panache radioactif. À l’intérieur de ce secteur, l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) effectue des mesures «non exhaustives» et fait tourner des modèles «permettant de calculer les doses susceptibles d’être reçues par la population au cours du mois à venir». Nombre de ces modèles – contestés par certains experts – ont été élaborés à partir des conséquences sanitaires d’Hiroshima et des essais nucléaires dans les îles Marshall.

À partir de là, trois zones sont définies. La zone d’éloignement la plus proche du site est accessible aux seuls intervenants possédant une autorisation. Les habitants qui veulent y rester, le peuvent «à moins que les doses radioactives sur leur lieu de résidence soient telles qu’elles interdisent tout séjour prolongé dans la zone», note le guide. La zone dite de protection des populations est celle où le plus d’actions sont conduites dans le but de réduire les doses des habitants. Très rapidement, par exemple, les pompiers doivent asperger les toitures et les façades avec des lances à incendie ou des Karcher afin de décrocher les particules radioactives qui s’y sont fixées. Sinon, après cinq jours, celles-ci y adhèrent et peuvent irradier l’intérieur des maisons à des niveaux très faibles. Les balayeuses de rue doivent aspirer les particules au sol afin qu’elles ne soient pas remises en suspension lors du passage des voitures. Pour la même raison, dans les premiers jours, les personnes doivent retirer leurs chaussures avant d’entrer dans les habitations.

 Contamination des végétaux

Les balades en forêt et parcs publics seraient aussi proscrites dans cette zone, car les feuilles d’arbres captent des particules qui peuvent être remises en suspension par les vents et tomber au sol à l’automne. Les champignons ainsi que le gibier seraient interdits à la consommation. Si des vignobles se trouvaient dans cette zone, il faudrait arrêter de commercialiser du vin. Les produits agricoles locaux, les légumes feuilles en premier lieu et légumes racines plus tard ne devraient plus être consommés et seraient traités comme des déchets, la contamination se faisant par l’ingestion. Les animaux pourrait être euthanasiés. Les mesures seraient modulées en fonction de l’évolution de la contamination de l’environnement et de la population. Dans la troisième zone dite de surveillance renforcée, les contrôles sont moins sévères et ce sont plutôt des mesures de restriction qui seraient mises en place.

(*) Comité directeur pour la gestion de la phase post-accidentelle d’un accident nucléaire.

LIRE AUSSI :

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source le figaro

8 commentaires

  • mickye

    Je cite :
    « Un scénario d’accident nucléaire d’ampleur moyenne et entraînant des rejets radioactifs de courte durée (moins de 24 heures) a été retenu pour la circonstance »

    Et en cas d’accident majeur ????

    Ce sera comme à Fukushima ?

  • C’est ce que j’en déduis aussi ;) toujours prévoir le minimum, et si c’est le maximum on improvise …Au niveau communication et anticipation, rien de rassurant!!

  • QUELQUES ACTUALITES :
    **24 Avril 2011 – (JAPON)
    Radiations : Évacuation du bétail en planification par le Ministère de l’Agriculture, un casse-tête à cause des réticences au Niveau National pour l’Accueil.
    Ministère de l’Agriculture, sur ordre du Gouvernement est chargé du déplacement du bétail des zones d’évacuation, ce transfert devrait se réaliser en étroite collaboration avec les Autorités locales.
    Selon le ministère, dans les villages de la zone de Katsurao à Fukushima soumise à évacuation, ainsi que ceux de Namie ville et villages et Lidate, il y aurait environ « 20.000 têtes de bétail ».
    Sondé, la zone de la Préfecture de Fukushima, non-soumise à évacuation ne peut accepter aucun de ces bovins, reste l’Appel à la Nation, mais jusqu’ici, seul un total de trois fermes dans les Préfectures des Shioya ville, de Tochigi et Nikko, ont exprimé leurs intention de prendre un maximum de 150 têtes bovins de boucherie et veaux.
    Les Autorités qui se préparent à la Nouvelle extension à 30 km de l’évacuation d’Urgence dans la région ne peuvent pas prendre soin du bétail, il est d’abord prévu de donner la priorité aux personnes qui doivent être évacuées.
    Les bovins qui seront déplacés devront subir des tests de mesures de rayonnement et suivant des Plans de valeurs de références à ne pas dépasser, ils seront lavés et réexaminés afin de déterminer si des substances radioactives (ndlr : particules) ne sont pas attachées à leurs corps, ensuite si le niveau de radiation tombe en-dessous de la valeur de référence, ils pourront être acceptés dans le transport d’évacuation.
    En principe, il est prévu dans la planification que les fermiers doivent accompagner les déplacements de leur bétail, pour ceux qui ne pourront le faire, il est envisagé l’abattage.
    Il sera tenu un registre pour chaque tête de bétail avec les doses de rayonnement et les mouvements, néanmoins avant tous les enregistrements, les éleveurs doivent fournir le registre sanitaire de leur bétail.

    ** 24 Avril 2011 – (JAPON)
    Baisse significative de la température dans la piscine du réacteur N°4. TEPCO vient d’annoncer que l’injection de (140 m³) d’eau douce par une pompe d’un camion à béton dans la piscine de stockage du combustible usé, située dans la partie supérieure du réacteur de l’Unité 4, a fait baisser la température de 83 degrés à 66 degrés.
    La montée de l’eau a été de 4 mètres en-dessus de l’extrémité supérieure des barres de combustible.
    La piscine dispose d’une grande quantité de combustibles neufs et usagés dont certains sont soupçonnés d’avoir été endommagés.
    TEPCO avait été très préoccupée par une éventuelle EXPLOSION d’hydrogène avec l’injection de l’eau, mais tout s’est passé comme prévu SAUF, qu’il y a des problèmes d’étanchéité des parois qui vont nécessiter des Travaux en URGENCES.
    TEPCO qui a également accumulé, juste à côté, dans le bâtiment de la turbine du réacteur n°4 des réservoirs de stockage d’eau fortement contaminée, ce qui génère une très importante concentration de matières radioactives à l’intérieur, vient d’annoncer son intention de les déplacer à l’EXTERIEUR et de diviser en trois les cuves, en fonction des Niveaux de la valeur de la contamination.
    En ce qui concerne les transports des EAUX de faible contamination le « Mega-Float » sera, en principe, opérationnel début JUIN.
    Pour les concentrations élevées, il est prévu qu’un réservoir de stockage temporaire de 10’000 tonnes sera fourni en JUILLET sur le Site pour lequel il sera nécessaire de nettoyer et de créer un Espace d’Accueil.
    A ce jour, de nombreux débris sont éparpillés dans le bâtiment du réacteur de l’Unité n°4, il est prévu la continuation de leurs évacuations avec du matériel lourd commandé à distance.
    C’est dans les décombres de l’Unité n°3, qui devront aussi être éliminés, que les Mesures des valeurs d’irradiation sont les plus élevées avec des doses de 900 mSv par Heure.

    ** 23 Avril 2011 – (JAPON)
    Plus de 30 travailleurs ont dépassé la dose d’irradiation de 100 mSv.
    Les travaux d’acheminement de l’eau très fortement contaminée accumulée dans les bâtiments du réacteur n°2 vers les Unités de stockage provoquent de fortes contaminations des travailleurs.
    A ce jour, soit samedi 10 ‘000 tonnes (ndlr soit 10’000 m³) ont été transférées. Mais il a été constaté qu’un travailleur a augmenté sa dose d’irradiation de 100 mSv en une seule intervention d’Urgence.
    Ces transferts d’eau contaminée nécessitent un travail prolongé, ce qui augmente fortement les doses pour les travailleurs car l’eau a une concentration élevée de contaminants mesurés à 25.000 mSv.
    TEPCO s’est engagé à ne pas appliquer à ses travailleurs la Nouvelle Réglementation maximum du seuil critique de 250 mSv, mais au maximum la dose d’irradiation totale de 200 mSv.
    En fonction de ces constatations extrêmes et de la Réglementation, il sera donc nécessaire de prévoir un important contingentement de travailleurs sur le Site de la Centrale Nucléaire de Fukushima Daiichi.
    TEPCO compte purifier et réutiliser ultérieurement cette eau fortement radioactive pour le refroidissement du réacteur, le début de cette opération est envisagée en JUIN.

  • Savez-vous que le 27/03/2011,
    Monsieur BARROSO a signé une Ordonnance sur de Nouvelles Normes d’irradiation en EUROPE (alimentaires ou autres),
    qui seraient jusqu’à 2’000 fois plus Importantes qu’elles ne l’étaient AVANT le 27/03/2011 ?..

    http://www.cartoradiations.fr/

  • un plan en cas d’accident courir plus vite que les radiations ??? la meilleure solution pour ne pas avoir de risque c’est de sortir du nucléaire !!!!

    mon blog : http://lejournallibre.wordpress.com/

  • Commentaire Par Z…. 22 Avril 2011.
    Le JAPON doit évacuer 40 millions de personnes.
    Le JAPON a demandé si l’ALLEMAGNE pouvait accueillir 2 millions de personnes. La situation est catastrophique.
    Le Gouvernement Japonais cache la Vérité pour éviter la panique et la révolte.
    Futures annonces ?….
    —————————————-
    Ils sont à 130 Millions d’habitants environ.
    La RUSSIE avait proposé qu’ils viennent chez eux (leur attribuant un bout de terre en SIBERIE) car ils sont un Peuple intelligent et travailleur ! …Comme leur sol Japonais se liquéfie, de surcroît….

    *** RADIATIONS : VOICI le prochain matériel dont il faudra s’équiper : http://www.comelec.fr/chercher.asp?…

    http://www.criirad.org/laboratoire/
    Compteurs Geigers RADEX RD 1503
    14 avril 2011 : Compte tenu de la forte demande de Radex, la CRIIRAD est en rupture de stocks et enregistre des délais de plusieurs semaines, voire plusieurs mois, pour honorer les commandes en cours.
    – Commandes passées AVANT le 14 Avril 2011 :
    Pour des raisons indépendantes de notre volonté (allongement des délais de fabrication), les appareils ne pourront être livrés dans les temps annoncés au moment de la commande.
    En fonction de la date d’arrivée de la commande, les livraisons devraient avoir lieu à partir de mi-juin pour les premiers appareils, mais se prolonger jusqu’à fin août, voire au-delà pour les derniers.
    Les chèques relatifs aux commandes n’ont, toutefois, pas été encaissés.
    Il est possible d’annuler votre commande en adressant un courriel à radex@criirad.org .
    Si vous souhaitez maintenir votre commande, vous pouvez également nous contacter afin de connaître le nouveau délai de livraison.
    Tous les clients, en attente, seront prévenus, dès que possible, de cette situation.

    – Commandes passées à partir du 14 avril 2011 :
    Les Nouvelles commandes ne pourront être satisfaites dans le meilleur des cas qu’après le 15 Septembre 2011.
    Par ailleurs, notre Distributeur (Société Nano Sense) met actuellement en place un réseau spécifique de vente au JAPON.
    Ce réseau n’est pas encore opérationnel :
    pour plus d’éléments, vous pouvez contacter Nano Sense à infos@nano-sense.com .
    Bon de commande :
    Bulletin à imprimer et à renvoyer, accompagné de votre règlement.
    Tarif en vigueur jusqu’au 30/06/2011 :
    Radex RD 1503 (livré avec Note, Manuel d’utilisation et D.V.D.)
    Prix unitaire : 228.– euros T.T.C.
    + Frais de port : 10.– euros T.T.C. pour un appareil (Colissimo recommandé en FRANCE Métropolitaine) ;
    (pour plusieurs compteurs ou hors FRANCE Métropolitaine, nous consulter pour les Frais d’Envoi) .
    …. en connaissance, un avant-goût de ce qui nous attend !

  • Lundi 25/04/2011, Actualités, Japon, Fukushima, Centrale Nucléaire,
    TEPCO veut remettre en service un ancien Réacteur.
    Lundi, 25 Avril 2011 par Irmine Blanc du Monde.
    TEPCO veut remettre en service un ancien Réacteur – Reuters –

    L’opérateur de la Centrale Nucléaire accidentée de Fukushima-Daiichi doit prendre de Nouvelles Mesures de Sécurité avant de remettre en service le Réacteur d’une autre Centrale, à l’arrêt depuis des années, a déclaré vendredi le Ministre du Commerce Japonais. L’endommagement de la Centrale de Fukushima provoqué par le séisme et le tsunami du 11 mars 2011 fait craindre à Tokyo Electric (9501.T: Cotation) (TEPCO) de ne pas pouvoir suffisamment approvisionner TOKYO et les régions alentours en énergie, notamment pour faire face aux pics de consommation estivaux…

    LIRE la Suite de l’article sur http://www.reuters.com

  • Espérons qu’il n’est pas trop rouillé leur vieux réacteur…… :(