L'augmentation des prix en 10 ans: merci l'euro?

On se doutait que l’euro était responsable de certains abus, oui les prix ont plus qu’augmenté en 10 ans, mais quand ce sont les chiffres qui parlent d’eux même, on tombe dans l’édifiant. Soyons bon seigneurs et reconnaissons tout de même que l’euro en lui-même n’est pas seul responsable de telles hausses de prix, il y a également la situation climatique et la spéculation qui jouent un grand rôle également. A quand une telle augmentation pour le salaire moyen? Par exemple une augmentation de 65% comme pour l’électricité au lieu des 21% malheureux pour cent officiels (suivant l’article)? D’ailleurs, si vous voulez suivre l’évolution du cours de l’euro par rapport au franc, il suffit de jeter un petit oeil ici.


Pas de surprise, les prix ont fortement augmenté en dix ans, et au-delà de l’inflation estimée à 19,7%. La plupart de ces prix est pourtant encadrée par l’Etat comme dans l’énergie.

Pour la majorité des consommateurs, « tout augmente ». Pour les analystes des agences économiques, ce n’est pas grave car le pouvoir d’achat progresse plus vite que les prix en France. Qui croire ? Les uns raisonnent en achetant leur baguette le matin, les autres s’appuient sur des statistiques globales. Elles révèlent que les prix entre le 1er janvier 2000 et le 1er juin 2010 ont progressé de 19,7 % alors que les revenus des ménages ont avancé de 21 %. Un Français doit travailler 21 minutes pour avaler un Big-Mac au lieu de 24 voilà 10 ans selon l’indice mondial de référence. Qui croire ?

La vérité des prix sort du ticket de caisse qui ressemble parfois à un puits sans fond. Nous avons donc passé au crible quelques produits de consommation courante et quelques factures de la vie quotidienne. Eh bien oui, presque tout a augmenté au-delà de l’inflation. Passage à l’euro ? Crise économique ? Effets d’opportunité ? Charges salariales ? Taxes ? La responsabilité est sans doute très partagée.

La baguette de pain : +30 %

Symbole français par excellence, la baguette de pain n’a pas échappé à l’inflation : en 2000, elle coûtait 4,20 F (0,64 euros), en 2010 0,83 euros, soit une augmentation de près de 20 centimes. Principalement en cause : l’envolée des cours du blé entraînant l’explosion du prix de la farine. Mais les céréaliers accusent les boulangers d’en profiter arguant que le blé compte seulement pour 5 % du prix de la baguette. Les boulangers leur rétorquent des coûts d’électricité, de carburants, de gaz ou encore de la masse salariale en constante augmentation.

La place de cinéma à plus de 10 euros

Le cinéma a toujours été un luxe et demeure de plus en plus cher : un billet de cinéma coûtait déjà 60 francs en 2000 (9,3 euros). Aujourd’hui, une toile est à plus de 10 euros (10,10 euros), soit une augmentation de 8,6%. Des tarifs hors de prix pour une famille. Pas étonnant que certains choisissent la voix illégale, en l’occurrence le téléchargement…

Le café expresso au bistrot : +25 %

Un café, « what else » ? George Clooney ne prête pas son image à n’importe quel produit : la cote de la boisson noire ne cesse de croître tout comme son prix : en 2000, un café coûtait 7,28 F (1,11 euros) alors qu’aujourd’hui un petit noir serré en salle revient à 1,38 euros en moyenne. En cause, l’envol impressionnant des prix du grain de café, des stocks de café au plus bas depuis 50 ans et une demande toujours accrue par rapport à une offre limitée.

SNCF : + 30 % en moyenne

Début décembre, le secrétaire d’Etat chargé des Transports, Thierry Mariani, annonçait la énième augmentation des tarifs SNCF au mois de janvier. Une hausse qu’il veut « raisonnable » et basée sur l’inflation pour rénover un réseau vieillissant. Sauf que pour la période 2002-2009, un rapport indique une augmentation des prix doublement supérieure à l’inflation. Résultat : en 7 ans, le prix des billets a augmenté de 26 %.

Gazole : + 30 %

Selon l’Insee, le litre de gazole a augmenté d’environ 30% en dix ans. Depuis 15 ans, le prix des carburants a progressé en moyenne beaucoup plus vite (+ 3,7 % par an) que l’inflation (+ 1,8 %). Le prix du gazole, bien que toujours plus avantageux, a plus augmenté (de + 4,6 % par an en moyenne) que celui de l’essence et du super (+ 3,2 % par an)

Electricité: +55 %, gaz: +65 %

L’année 2010 aura été l’année des hausses record pour l’électricité et le gaz : l’augmentation des prix de l’électricité a atteint près de 7% sur les six derniers mois : historique. Augmentation de 12 à 85 euros sur une facture de gaz en avril dernier… Surréaliste ! La concurrence était censée provoquer la baisse des prix. C’est l’inverse qui se produit.

Les cigarettes : +76 %

Près de 76 % d’augmentation en dix ans ! Pour le porte-monnaie, il ne fait pas bon être fumeur. Et les hausses ne cessent d’être annoncées, encore en novembre dernier (+6 %). 3,35 euros en 2000, près de 6 euros en 2010. La politique de santé est certes essentielle pour prévenir les cancers (les lieux publics ont été interdits de fumer en 2006) mais l’Etat continue de s’enrichir sur le dos des fumeurs sachant que ce sont les plus pauvres une nouvelle fois les plus touchés puisque ce sont eux qui fument le plus.

Viande : +30 %

Un kilo de steack haché coutait environ 6,90 euros en 2000, aujourd’hui il est à 9,69euros. Une entrecôte 14,41 euros en 2000 coûte désormais 20,22 euros. La viande est devenue un produit alimentaire de luxe que ne peuvent plus se permettre d’acheter nombre de familles. En novembre dernier, quelques abattoirs ont organisé des blocus : depuis une quinzaine d’années, les prix sont restés stables pour les éleveurs, alors qu’ils ont augmenté de 40% pour les consommateurs.

Le Smic : +38,2 %

Le SMIC horaire brut sur la période 2000-2010 est chaque année systématiquement réévalué : il est passé de 6,67 euros en 2000 à 8,87 euros en 2010. Le salaire horaire moyen (16,99 euros, données 2008), dont le calcul est très compliqué, a moins vite progressé que le SMIC sur cette période. Le gain de temps pour s’acheter un produit – et l’évolution du pouvoir d’achat – n’est donc pas aussi positive pour le non-smicard.

Big Mac: 21 minutes de travail au lieu de 24

L’hebdomadaire The Economist a inventé l’indice Big Mac pour comparer le coût de la vie dans les différents pays. Le principe repose sur un calcul du nombre d’heures de travail rapporté au prix pratiqué dans le pays. En France, le Big Mac en janvier 2010 est estimé à un prix moyen de 3,10 euros ce qui en 10 ans correspond à une hausse de 17% inférieure à l’inflation. Du coup, pour se payer un Big mac, un Français doit travailler 21 minutes au lieu de 24 en 1999.

Les records:

Le Nutella

Incroyable : la célèbre pâte à tartiner, très prisée des jeunes, est l’un des rares produits alimentaires à frôler les 100 % de hausse.

L’imprimante laser

C’est le produit qui a le plus baissé ; en euros constants une imprimante laser de 2010 coûte 25 % moins cher qu’un modèle identique en 2000. Sauf qu’on ne trouve plus le modèle identique.

33 900 euros par mois

Le revenu mensuel des 3 % de Français les plus aisés a progressé de 65 % soit davantage que celui des smicards et surtout celui du Français moyen (21 %). selon l’Insee.

Source: leprogres.fr

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