Le discours de Sarko, du vent tout simplement…

Hé oui, pas étonnant, mais ses déclarations ne sont pas aussi justes qu’il veut bien le faire croire! Au contraire, il arrange la réalité pour être plus crédible (s’il le peut encore…)! Un article est revenu sur l’ensemble de ses propos, et il n’y a aucune concession de faite, certains ont considéré que c’était du vent, nous avons eu plutôt un ouragan, à ce niveau là, c’est bien cela!!!

« Le premier livre blanc sur les retraites, c’est Michel Rocard en 1991… Dix-neuf ans de débats avant d’agir! »

Faux. Nicolas Sarkozy a la mémoire courte. Il oublie la réforme Balladur de 1993, qui a introduit des changements majeurs : l’indexation de la revalorisation des pensions sur l’inflation et non plus sur les salaires, le calcul des pensions sur les 25 meilleures années et non plus sur 10, et surtout l’allongement de la durée de cotisation de 37,5 ans à 40 ans. Puis après l’échec d’Alain Juppé en 1995, il y a eu la réforme Fillon de 2003, qui, grâce au soutien de la CFDT, a aligné la fonction publique sur le régime du privé: même durée de cotisation, même méthode de calcul pour la revalorisation annuelle des pensions, instauration progressive d’une surcote et d’une décote. Enfin, Nicolas Sarkozy a réformé les régimes spéciaux à son arrivée au pouvoir, en 2007.
« Voilà, on a fait cette réforme, sachez qu’en 2020, le régime des retraites sera excédentaire »

Pas sûr du tout. La loi sur les retraites qui vient d’être promulguée prévoit d’assurer le retour à l’équilibre des régimes de retraite en 2018, et de maintenir cet équilibre jusqu’à 2020. Rien n’est moins sûr. Plusieurs facteurs pèsent en effet sur cet horizon. Tout d’abord l’optimisme des hypothèses retenues: le retour à l’équilibre est en effet conditionné à un retour du chômage à 7 % en 2015 et à 4,5 % après 2020. Or la France n’a jamais connu le plein emploi. Ensuite, même avec ce scénario, le régime général serait encore en déficit de 2,4 milliards d’euros en 2020. L’équilibre serait donc atteint grâce aux régimes complémentaires du privé (Arrco-Agirc), qui est très aléatoire. Enfin, en attendant les premiers effets des mesures d’âge, les déficits du régime général vont continuer de s’accumuler, nécessitant de vider la totalité des actifs Fonds de réserve pour les retraites. Ce Fonds a été instauré pour faire face au choc démographique attendu après 2020. C’est en effet à cet horizon que les générations issues du baby boom, les « quinquas » d’aujourd’hui, prendront leur retraite.
« Expliquer qu’en mettant dehors un homme de 55 ans, on crée un emploi pour un homme de 25 ans, c’est une absurdité »

Pas complètement vrai. Nicolas Sarkozy tacle les syndicats de lycéens et d’étudiants qui, pour appeler les jeunes à se mobiliser contre la réforme des retraites, ont mis en balance l’emploi des seniors et l’emploi des jeunes. Selon eux, le maintien des seniors au travail deux ans de plus créerait un déficit d’un million d’emplois pour les jeunes. Nicolas Sarkozy n’a pas tort de réfuter cet argument. « Le marché du travail est évolutif, on ne peut l’aborder de façon malthusienne et comptable, expliquait récemment à L’Expansion.com l’économiste Yannick L’Horty. Les emplois libérés par les seniors ne correspondent pas du tout aux profils des juniors en termes de salaire, de secteurs ou de compétences. » Néanmoins, il y a des vases communicants. Et surtout, pour qu’emploi des seniors et des jeunes progresse de façon parallèle et non concurrente, il faut que la croissance soit forte. « Il existe des caissières, des serveuses, des enseignants de 60 ans qui peuvent très bien être remplacées par des jeunes. Même si un ingénieur expérimenté de 60 ans qui part à la retraite n’est pas directement remplacé par un jeune de 25 ans, il est remplacé par son adjoint de 45 ans qui lui-même libère une place pour un opérationnel de 35 ans qui peut être remplacé par un jeune de 25 ans », explique l’économiste Henri Sterdyniak. Et avec la croissance médiocre provoquée par les politiques restrictives actuelles, on ne créera pas les 2,8 millions d’emplois nécessaires. La réforme des retraites se traduira donc par le maintien d’un fort chômage des jeunes et des difficultés d’emplois pour les seniors ».
Dominique Strauss-Kahn a dit: « il faut augmenter la durée de vie au travail »

Pas vrai, du moins dans ces termes. Nicolas Sarkozy n’a pas été avare en compliments pour Dominique Strauss-Kahn, « un homme pour qui j’ai beaucoup de considération ». Un hommage qui lui permet de vanter sa propre ouverture d’esprit – « Je vous rappelle qu’il était mon candidat au FMI » -, mais aussi d’annexer dans son camp un présidentiable potentiel du PS sur le dossier des retraites. Ainsi, il n’hésite pas à faire dire à DSK qu’ « il faut augmenter la durée de vie au travail » alors que ce dernier n’a jamais employé ces mots. Il assimile des morceaux choisis d’un rapport du FMI avec la parole de Dominique Strauss-Khan. Si celui-ci a déjà dit qu’il n’avait pas de « ‘dogme » sur la retraite à 60 ans, il n’a jamais formulé précisément sa position. Mais, réagissant récemment à ce fameux rapport sur France Inter, il a indiqué : « Si je me souviens bien, ce rapport disait que sans doute l’allongement de la durée de cotisation était nécessaire parce que l’allongement de la durée de la vie est là. Mais il disait aussi que selon les pays, il fallait financer cela de façon différente ». Et d’ajouter : « Si je me souviens bien, il disait que la France, dans laquelle le travail est déjà très fortement taxé, devrait surtout financer par des ressources venant des revenus du capital ». Avant de regretter que ce point ait été « moins cité dans le débat français ».

La France sort de la crise « mieux que les autres, et avant les autres »

C’est faux. L’Allemagne, par exemple, fait beaucoup mieux que la France. La croissance est prévue à 3,4% en 2010, alors que la France ne fera pas mieux que 1,6%. Et outre-Rhin, le chômage est à 7,6% de la population active, contre 9,6% en France. Nicolas Sarkozy, qui n’est pas à une contradiction près, l’a d’ailleurs admis en assurant que l’Allemagne était « le meilleur exemple économique d’Europe » pour justifier la convergence des fiscalités des deux pays.
« La réforme permettrait d’harmoniser la fiscalité française et la fiscalité allemande, parce que je ne veux plus de délocalisation, parce que je souhaite qu’on garde des industries en France »

Le raisonnement est faux. Si les PME allemandes sont plus compétitives que les françaises, c’est parce que leur taille est plus importante, qu’elles exportent plus, qu’elles sont souvent plus performantes, et qu’elles sont les championnes du dépôt de brevet. Cela n’a rien à voir avec la fiscalité, même si elles payent moins de charges sociales. Surtout, harmoniser la fiscalité entre les deux pays n’éviterait pas les délocalisations. Les entreprises françaises ne se délocalisent pas en Allemagne. Pour justifier la suppression de l’ISF et du bouclier fiscal, Nicolas Sarkozy aurait pu trouver mieux que les entreprises, qui, par définition, ne sont pas concernées par la fiscalité des particuliers.
« Le chômage reculera l’année prochaine, l’économie est en train de repartir, on peut s’en sortir »

Sans doute vrai. En janvier dernier, Nicolas Sarkozy avait assuré aux Français qu’ils verraient le chômage reculer « dans les semaines et les mois à venir ». Résultat, le nombre d’inscrits à Pôle emploi n’a cessé de faire le yo-yo à la baisse et à la hausse depuis, mais toujours de façon marginale. N’empêche, la tendance est réelle : le taux de chômage au sens du BIT s’est légèrement replié au deuxième trimestre, à 9,7% de la population active et devrait atteindre 9,6% fin 2010. Donc le chômage recule déjà. Et l’économie recommence à créer des emplois. La question de l’emploi est pour autant loin d’être résolue. L’emploi global reste en effet largement en dessous de son niveau d’avant crise. Le déficit s’élève encore à environ 300 000 postes. Et entre temps, la population active augmente. Le rattrapage va être long.
« Il n’y aura pas d’augmentation d’impôts, il y aura des réductions de dépenses »

Difficile à croire. Depuis le début de la crise, Nicolas Sarkozy joue sur les mots et quand il dit que la rigueur n’est pas synonyme de hausse d’impôts, il veut dire qu’il n’augmente pas la TVA, ou l’impôt sur les sociétés, ou l’impôts sur le revenu. Mais pour atteindre ses objectifs en matière de déficit, qui doit passer de 8% du PIB en 2010 à 3% en 2012, la seule baisse des dépenses sera insuffisante. Il y a d’ailleurs bel et bien déjà eu des augmentations d’impôts, notamment via le rabotage des niches fiscales et sociales, censé rapporter 10 milliards d’euros par an. Une hausse de la CRDS fait aussi partie des pistes… pour l’après 2012.
« On ne peut plus rester dans cette pagaille monétaire qui est extraordinaire. Il faut un nouveau système monétaire international »

So what? Réformer le système monétaire pour éviter que les Etats ne sombrent dans la « guerre des monnaies », c’est effectivement l’ambition française pour la présidence du G20. Sauf qu’on attend toujours pour connaître les mesures concrètes que Nicolas Sarkozy compte promouvoir pour y arriver. Il a un moment évoqué la possibilité d’étendre l’usage international des droits de tirage spéciaux, l’unité de compte du FMI, pour remplacer le dollar comme principale monnaie de réserve. Mais ce système, qui serait une véritable usine à gaz, n’a quasiment aucune chance d’être adopté.
Affaire Bettencourt : « L’essentiel de son argent, c’est qu’elle a les actions de l’Oréal et comme elle n’est pas mandataire social, ça revenait à lui faire payer un impôt sur une société qui lui appartient, et si elle ne lui appartient plus, elle part en Suisse »

Faux, faux et encore faux. Comme l’indique le dernier rapport annuel de L’Oréal, Liliane Bettencourt est bien mandataire sociale de L’Oréal jusqu’en 2013, ce qui exonère partiellement d’ISF ses 186 millions d’actions L’Oréal. Quant à l’avenir de l’entreprise en France, Nicolas Sarkozy fait sans doute référence à la rumeur selon laquelle Nestlé, deuxième actionnaire du groupe, serait intéressé par le rachat de L’Oréal. Mais pour ce faire, il faudrait que Liliane Bettencourt soit obligée de céder ses actions à sa fille, dans le cas par exemple où elle serait déclarée irresponsable par la justice, que sa fille, Françoise, veuille vendre ses parts à Nestlé, ce qu’elle a toujours nié, et qu’enfin Nestlé, qui s’est lancé dans une stratégie de recentrage sur son activité, soit intéressé. Cela fait beaucoup de si…
« Si la situation ne devait pas s’améliorer, cela posera inéluctablement le problème de la pérennité des entreprises françaises en Birmanie »

Ces menaces à peine voilées de boycott ont un goût de « deux poids, deux mesures » alors même que la France n’a pas abordé, lors de la visite du président chinois, le cas de Liu Xiaobo, le Prix Nobel emprisonné. D’autant que la Fracne n’a aucun moyen de pression sur les entreprises privées. Total est très présent en Birmanie, et cela fait maintenant plusieurs années qu’il est accusé de complicité avec la junte birmane. Cela n’a pas gêné Nicolas Sarkozy jusqu’à présent. Quoi qu’il en soit, ce n’est pas le départ de la France qui devrait faire trembler la Birmanie. La Chine reste en effet le premier investisseur du pays.

Article issu du site lexpansion.com