L’été, de mars à novembre !….

Bientôt l’été, et si on faisait durer le plaisir? Merci Sylvain.

C’est possible ! En faisant comme les oiseaux migrateurs ?! En allant vivre dans un « pays chaud» ? Non, simplement en vivant dans la nature et en cultivant la terre !

Depuis l’avènement de la société moderne urbanisée où les individus sont prolétarisés, de nouvelles définitions de l’été sont apparues. Il ne s’agit plus seulement des mois les plus chauds de l’année où les jours sont les plus longs. L’été est devenu un ensemble de sensations qui existent par opposition au reste de l’année, bref UNE ESTHÉTIQUE particulière, propre à l’été.

Tentons de la décrire un peu cette esthétique.

L’été, la sensation de liberté est plus grande pour beaucoup de raisons que je ne vais pas lister ici (vous pouvez les lister pour vous-même). L’été, le soleil frappe notre peau et nos yeux pour notre plus grand plaisir. L’été, notre contact avec les éléments naturels est plus élevé : avec la terre, l’eau, les végétaux, les minéraux, le feu. L’été, nous cueillons des plantes et des fruits, nous nous intéressons au vivant beaucoup plus que le reste de l’année. L’été, nous nous reposons dans des hamacs dans des environnements bucoliques. L’été, nous marchons pieds nus. L’été, nous nous retrouvons autour d’un feu de camp avec des amis à faire griller des brochettes. L’été, c’est les « les beaux jours », nous nous sentons mieux, avec plus d’énergie et d’optimisme. L’été, nous prenons plaisir à transpirer, à être peu vêtu. Tout ça, et mille et un autres détails de cette esthétique de « l’été » vécu par l’homme occidental prolétarisé.

« L’été », ça passe vite. A peine le temps d’entrevoir la queue d’un bout du cosmos, à peine le temps de se sentir vivant, que la roue tourne, que les choses changent. Rapidement, à peine le temps de faire trois tours pieds nus dans l’herbe grasse avec les grillons, et on entend déjà au loin les pas lourds et terrifiants du Dieu de LA RENTRÉE. Pour l’homme occidental prolétarisé « l’été » est exactement comme une éjaculation : intense, prodigieux, mais trop court, à peine le temps d’y penser, pas le temps d’y penser que c’est déjà fini. Ça passe comme un rêve.

Mais pour l’homme occidental qui réalise ce que certains nomment un « retour à la terre », cette esthétique de l’été, celle qu’il a connu pendant toute son enfance, seulement du 1er juillet au 31 août, se déploie soudainement et magistralement de mars à novembre (voire décembre pour l’année 2016).
Quelle abyssale surprise ! Aussi heureuse que révoltante et rageante tant elle renseigne sur un éventuel gâchis pour soi et pour les autres.

Être actif dehors permet d’élever suffisamment sa température corporelle pour que les 7 – 17 degrés Celsius printaniers ou automnaux soient l’équivalent de 25 – 30 degrés à l’ombre l’été dans un hamac. Deuxièmement, au contact continuel de la nature, on devient sensible à des milliards de détails, et la nature de mars ou de novembre devient aussi foisonnante qu’une nature en plein mois d’août pour un estivant-prolétaire. Magique !

Alors pour tous ceux qui hésitent encore à faire le pas de ce fameux « retour à la terre », n’est-ce pas là, une des idées les plus tentantes qui soient : optez pour « l’été, de mars à novembre ! » C’est possible !

Dès le mois de mars et jusqu’en novembre, retrouvez vos amis pour des feux de camp réguliers avec musique, chants, danses, et grillades. Dès le mois de mars et jusqu’en novembre, marchez pieds-nus sur la terre ferme, et grimpez aux arbres. Dès le mois de mars et jusqu’en novembre, courrez en petite tenue dans la forêt et regardez les fleurs et les animaux. Dès le mois de mars et jusqu’en novembre, gorgez-vous de soleil chaque jour de beau temps, y compris sur la nuque, les mollets et les avants-bras. Dès le mois de mars et jusqu’en novembre, retrouvez la vie que vous viviez enfant : seulement « pendant les vacances d’été« , libéré de la prison scolaire et des injonctions permanentes, au contact approfondi avec les éléments du cosmos. Dès le mois de mars et jusqu’en novembre, faites de toutes vos journées des équivalents de vos « après-midi à la campagne chez Mamie » quand vous étiez petit. Faites que ces échantillons de vraie vie entrevus pendant l’enfance deviennent votre quotidien jusqu’à la mort.

On vous a mis en boîte ! De temps en temps — entre le 1er juillet et le 31 août —, le maître soulève un peu le couvercle quelques instants, et c’est « l’été » !!
Il faut sortir de la boîte car c’est tout le temps l’été quand on sort de la boîte !

Ces quelques semaines de rêve quand vous étiez petit… : c’était aussi quelques semaines à rêver que la vie pourrait être toujours ainsi : de branches en branches, dans la nature, au soleil… ou sous la pluie à faire des courses d’escargots ! Eh bien, la vie peut être toujours ainsi, en quittant les villes, en se déscolarisant, en faisant « un retour à la terre ». On peut découvrir cette chose incroyable : L’ÉTÉ, TOUTE L’ANNÉE ! L’été de mars à novembre !

Parfois les choses se présentent bien même dès le mois de février et ça tire jusqu’en décembre (mois où l’on plante des arbres)… Faisant apparaître : un seul mois, — janvier — pour légitimement (dans le cas présent) se retirer, jeûner, attendre, se protéger, se réchauffer, se calfeutrer, hiberner… Et un seul mois comme ça, devient tout aussi merveilleux que tout le reste de l’année.

Sylvain Rochex — le 30 mars 2017 — l’été est déjà bien là.
C’est tout pour aujourd’hui, je file au jardin.

www.descolarisation.org

9 commentaires

  • criminalita

    Attention !!! L’été TIQUES
    Quand je lis se promener pieds nus et en petite tenue dans la forêt, alors là ce n’est plus permis. Maladie de lime et toutes sortes de réactions allergiques vous guettent.
    Ha, ha l’esthétique de l’été avec ce climat qui n’en fait qu’à sa tête, vivons toute l’année comme si c’était l’été.

  • Nombre de malades par piqures de tiques en 2016?
    Nombre de morts par piqures d’insectes et de vipères en 2016?
    nombre de morts et de malades par accident de voitures en 2016?
    nombres de malades et de morts par la pollution en 2016?

    • MOUTON GRAIN MOUTON GRAIN

      http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_good.gif Je rajouterais : quid du nombre de dépressions, du nombre de burn-out et de suicides dans la vie des prolétarisés, sans parler des maladies psychosomatiques, d’une pauvreté (monétaire et intellectuelle) grandissante due à la précarité d’un système sociétal malsain sur lequel les populations s’appuient en s’acharnant à perdre leur vie à la gagner …

      Volti, simplement merci d’avoir partagé ce texte.

      M.G.

      • gnafron

         » d’une pauvreté (monétaire et intellectuelle) grandissante due à la précarité d’un système sociétal malsain sur lequel les populations s’appuient en s’acharnant à perdre leur vie à la gagner … »

        c’est sûr qu’avec des phrases aussi lourdes, t’es pas près de courir pieds nus dans l’herbe …http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_yahoo.gif

        • MOUTON GRAIN MOUTON GRAIN

          Ne t’en déplaise, le poids des mots ne m’a jamais empêché de courir les pieds nus dans l’herbe – sans la fumer http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_smile.gif – ni de cultiver mon bonheur au cœur de la nature. Si ma phrase te semble lourde dans sa construction, elle n’en est pas moins lourde de sens …

          http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_wink.gif M.G.

  • Libertaire22170

    Ah ah ça tombe bien, vu que je suis très peu prolétarisé, continuellement au chômage, je vais tester. Mais bon en hiver je mettrai quand même des chaussures :)

  • Graine de piaf

    Je suis de ton avis MG, et je dis aussi merci à Volti.

    quant à courir dans l’herbe et presque à poil dans la forêt, il me faudra attendre encore jusqu’en Juin, car la forêt et l’herbe des champs, en montagne à 1100 m (hé oui, je retourne chez moi pour cela) glagla ! il gèle encore la nuit et la température diurne n’est guère engageante, la parka est de rigueur sauf à midi en plein soleil. Mais s’aérer les poumons et l’esprit c’est super quelque soit la température.
    Où je suis maintenant il n’y a ni bois ni champs, juste des vignes, des oliveraies, et quand même des collines où je peux gambader et transpirer après de bonnes montées, bonnes pour entretenir mon petit cœur aussi, et il y fait très chaud déjà.
    Cette fin de semaine s’annonce pluvieuse, j’espère que non, mais comme je viens de faire plein de jolies plantations sur ma petite terrasse, environ 19/20 m2, de plain pied, cela m’évitera la corvée des arrosoirs d’eau ! http://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_yahoo.gif

  • senzu

    Y’a pas une psychose qui est en train d’arriver autour de la maladie de Lyme ?

    Toute ma compassion sincère pour ceux qui en souffrent, mais je refuse d’accepter le raccourci : lyme = tique = forêt et donc fini la forêt.

    L’autre fois, sur les baies, y’a eu aussi les sorties sur les peurs et les maladies…

    Y’a tout de même le sujet des défenses immunitaires et de la vigueur des organismes.
    A vivre dans la nature, y’a + de tout, donc, oui, y compris + de bactéries, de virus, et tutti (des araignées et des serpents aussi !!), mais on est aussi plus vigoureux et avec de meilleures défense immunitaires que dans les autres modes de vie.

    N.B : en plus selon mes sources, pour Lyme, il faut vraiment voir du côté des défenses immunitaires classiques.

    Sylvain

  • Graine de piaf

    @ Senzu, tu as raison, j’ai été mordue plus d’une fois par des tiques, dont une assez sérieusement, après encore une fois, mais le médecin m’a fait remarquer que toutes ces morsures – car une tique ne pique pas elle mord – m’ont immunisée. mais même sans cela, on peut toujours faire attention quand on se balade dans les hautes herbes, ce n’est pas ce qui m’empêcherait de sortir. Maintenant les gens on peur de tout, même de leur ombre c’est pour cela que les assurances se multiplient et se font de l’or en barre sur le dos des affolés !
    Pour être sérieuse, un bon système immunitaire est la clef contre toutes sortes d’accidents et d’incidents qui arrivent dans une vie. Et ça, cela nous regarde en premier chef. C’est à nous de le forger ou de le négliger, au choix !

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